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dimanche 1 novembre 2015

Туманность Андромеды (La Nébuleuse d'Andromède) de Yevgeni Sherstobitov 1967



Faisant route à des milliards de kilomètres de la Terre vers des espaces encore inexplorés, le vaisseau Tantra croise la route d'une étoile de fer et se retrouve piégé par sa force de gravitation. Le commandant du vaisseau Erg Noor prend alors la terrible décision d'atterrir sur l'une des deux planètes qui gravitent autour de cette étoile après avoir découvert la présence d'une étrange soucoupe écrasée à sa surface. Bien décidé à découvrir ce qui se cache à l'intérieur du vaisseau échoué, le commandant et son équipage quittent le leur et s'y dirigent à pieds jusqu'à ce que l'un d'entre eux soit attiré vers un gouffre puis dévoré par une entité qui ne laisse de lui que ses vêtements. Condamnés à errer aux alentours de l'étoile de fer durant l'attente des secours estimée à une vingtaine d'années, le commandant et son équipage deviennent les uns après les autres les proies de créatures invisibles que seule la lumière de la Tantra est capable d'éloigner. Quand au vaisseau échoué sur la planète, ce qu'il avaient d'abord pris pour celui d’extraterrestres se révèle être en réalité la navette d'une expédition qui n'avait jamais plus fait parler d'elle...

Tourné en 1967 à Sotchi en Russie, Туманность Андромеды (La Nébuleuse d'Andromède en français) est un film soviétique réalisé par le cinéaste Yevgeni Sherstobitov. L’œuvre s'ouvre sur de festivités sportives comparables à nos Jeux Olympiques. On y croise l'un des plus importants personnages en la personne de Dar Veter (Sergueï Stoliarov), le Directeur des stations externes du Grand Anneau. Ce dernier est un système permettant aux civilisations de la galaxie de communiquer entre elles. Si l'intrigue n'est au départ pas très claire à suivre entre les liaisons un peu brouillonne qui font se succéder les scènes à bord de la Tantra et celle tournées sur la planète mère de l'équipage du commandant Erg Noor, le fil de l'histoire prend des formes communes à bons nombre de films de science-fiction de l'époque.

Outre la visite d'une planète relativement hostile, et pas seulement en raison de la présence de créatures dévoreuses de chair humaine mais aussi à cause d'une atmosphère irrespirable, on a droit à la visite d'un vaisseau qui va se révéler être humain. L'ambiance du film est on ne peut plus glaciale. Les dialogues en langue russe et post-synchronisés sont lus d'une voix froide, presque mécanique qui reflète bien la rigidité et la rigueur (la rudesses?) de l'univers soviétique de l'époque. La planète foulée par l'équipage du commandant Erg Noor (Nikolai Kryukov) est sombre, inamicale, noyée par une brume. Des éléments qui se déchaînent aussi bien que dans le futur classique de Ridley Scott, Alien, le Huitième Passager.

Туманность Андромеды devait à l'origine être le premier d'une série de films mais les suivant ne furent jamais tournés. Et c'est bien dommage car le film inspiré du roman de l'écrivain Ivan Efremov est particulièrement réussie. On pourra malgré tout revenir sur certains décors, surtout sur ceux de la planète-mère et les costumes de ceux qui y vivent et qui donnent la désagréable impression de se retrouver non pas devant un film de science-fiction mais plutôt devant un peplum. A part ça, Туманность Андромеды est une belle expérience...


vendredi 30 octobre 2015

Планета бурь (Planieta Bour) de Pavel Klushantsev (1961)



Trois fusées d'origine russe quittent la planète Terre pour se rendre sur Venus. Mais aux abords de cette dernière, l'une d'entre elles explose. Une seconde demeure en orbite autour de la planète et la dernière atterrit sur le sol de Vénus. En sortent alors cinq astronautes qui vont évaluer une éventuelle présence de vie. Deux équipes sont ainsi formée. D'un coté, trois d'entre eux. De l'autre, les deux derniers, accompagné d'un robot prénommé John. Au dessus de leur tête, en orbite autour de Vénus, Masha, unique occupante de la seconde fusée. Contre toute attente, les cinq astronautes vont croiser une foule de créatures et vont devoir braver les dangers présents sur la planète...

Deux ans avant que le cinéaste britannique Stanley Kubrick ne sublime la science-fiction avec son chef-d’œuvre 2001, L'Odyssée de l'Espace, et bien avant que l'URSS ne se sépare en quinze états indépendants, la Russie offrit au monde quelques pépites qu'il est désormais essentiel de livrer au grand jour. Planeta Bur (ou La Planète des Tempêtes en français) fait partie de ces petits joyaux qui, aujourd'hui encore, font leur petit effet.

Contrairement à ce à quoi nous aurions pu nous attendre, le film de Pavel Klushantsev n'a pas la rigueur scientifique espérée. Peut-être faudra-t-il attendre justement l'arrivée du film de Kubrick pour voir la Russie pondre des œuvres d'une justesse scientifique appropriée ? Toujours est-il que son film est un excellent divertissement. Alors oui, beaucoup d'éléments révèlent le peu d'informations tenues à jour par le cinéaste et celui qui se cache derrière le scénario, mais quand bien même nous aurions aimé avoir une vision épurée de la surface mystérieuse de cette planète qui dans l'ordre d'éloignement du Soleil est la seconde, le spectacle demeure de bonne qualité. La rigueur est toute contenue dans la première partie, celle située à l'intérieur même du vaisseau qui finira par atterrir sur la planète. Après cela, tout ou presque est farfelu.

Car les cinq astronautes vont découvrir un paysage qui n'a rien de commun avec les informations que l'on a de Vénus. Tout d'abord, la distance entre le Soleil et cette dernière est telle que la chaleur rend impossible la présence d'eau à l'état liquide. D'où l'étonnement de voir autant d'eau sur la planète. Pas seulement de petit cours, de minuscules flaques, mais aussi d'immenses lacs et peut-être même des océans. Si à certains moments, et ce, lors du séisme qui va obliger les astronautes à faire chemin arrière, on découvre un ciel orangé que l'on imagine plus proche de la réalité, on a souvent, et très logiquement, l'impression d'être sur Terre. Les effets-spéciaux sont relativement minimalistes et le film joue la fibre de l'entraide et du courage plus que de la fibre patriotique. Celle que les blockbusters tout droits venus des États-Unis ont l'habitude d'exhiber à longueur de plans à travers dialogues et drapeaux américains.

Autre invraisemblance : à un moment donné, et alors que les deux astronautes accompagnés du robot John tombent malades, l'un d'eux se retrouve le casque ouvert afin de prendre un antidote au mal qui le ronge. Idée farfelu là aussi lorsque l'on considère qu'il manque sur la planète un élément essentiel à l'homme pour vivre : l'oxygène. Mais ce qui paraît peut-être encore plus absurde que ces plantes-serpents qui pullulent sur Vénus, ce sont sans doute ces poissons dont le film a bien du mal à cacher les origines : un aquarium derrière lequel les acteurs se meuvent. Quand à la présence de dinosaures, elle est expliquée et justifiée en détail par les astronautes eux-mêmes.
Pourtant, non Planeta Bur n'est pas un mauvais film. Mais tout aspect scientifique crédible étant relégué au second plan, quitte à jeter aux ordures toute vérité, ceux qui n'en attendait pas autre chose qu'un divertissement plus proche du Voyage au Centre de la Terre de Henry Levin que du futur 2001 de Stanley Kubrick seront sans doute conquis...
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