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mercredi 11 mars 2026

Bone Lake de Mercedes Bryce Morgan (2024) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Sage (Maddie Hasson) et Diego (Marco Pigossi) partent en week-end rejoindre une somptueuse demeure isolée et bordée par un lac. En ménage depuis plusieurs années, ils ont la mauvaise surprise de constater qu'un autre couple a réservé lui aussi la même propriété. Choisissant de faire contre mauvaise fortune bon cœur, ils acceptent de partager la maison avec Cin (Andra Nechita) et Will (Alex Roe). Mais alors que les premières heure de la journée se déroulent sans réelles difficultés, au fil du temps qui passe, ces derniers se montrent curieux vis à vis de Sage et de Diego. Voire invasifs et même toxiques. À ce titre, la réalisatrice, scénariste, productrice, directrice de la photographie Mercedes Bryce Morgan a bien du mal à conserver le mystère entourant les personnages de Cin et Will. Deux individus diamétralement opposés à ceux qui vont devoir subir questions et rapprochements physiques dont ils se seraient bien passés... Alors que Diego a l'intention de profiter du week-end pour demander Sage en mariage, un fait relativement courant dans ce genre de production, il est clair que sa compagne n'est pas vraiment prête à se faire passer la bague au doigt. Caricatural jusque dans ses derniers retranchements, Bone Lake se veut un mélange entre film d'horreur, thriller et érotisme. Un jeu auquel se prêtent volontiers les quatre interprètes même si en matière des uns et des autres des genres que la cinéaste s'emploie à injecter au scénario de Joshua Friedlander, l'effet est souvent plus amusant que véritablement angoissant. Relativisant le concept d'érotisme dans une œuvre qui n'en conserve du principe que quelques bribes, les acteurs se montrent par contre relativement timide en terme de nudité. Pas une fesse ni même le moindre téton ou presque ne déborde du cadre. Le sexe n'est ici qu'une question de point de vue servant à tester la fidélité d'un couple confronté à deux individus qui s'aiment d'un amour franc mais aussi déviant comme le démontrera la suite des événements. Rien de véritablement révélateur ici puisque contenu dans un certain nombre de twists dont la plupart se dévoilent bien en amont de leur exposition à l'écran, les effets de surprises tant recherchés par Mercedes Bryce Morgan tombent à l'eau. Mais pas dans celle de ce lac qui malheureusement se veut être un objet de suspens alors même que des plans arrivant bien trop tôt dans l'histoire ne font que confirmer que la cinéaste n'a fait que s'emmêler les pinceaux, trop empressée à dévoiler le contexte réel dans lequel baigne chacun des protagonistes...


Quatre longs-métrages, quelques téléfilms et des épisodes de séries télévisées au compteur n'ont semble-t-il pas entraîné Mercedes Bryce Morgan à perfectionner son art de la mise en scène. Ou bien même celui de la direction d'acteurs. Car si l'on devine un certain potentiel chez ses interprètes, dirigés à la truelle, ils ont l'air tous les quatre de sortir tout juste de leurs études de théâtre, projetés au cœur d'une œuvre qui sur le papier était pourtant prometteuse. Cependant, rien ne va. Réalisation bancale, rythme lymphatique, scénario et mise en scène débilitants. Chaque séquence est prévisible, Mercedes Bryce Morgan prenant en outre le spectateur par la main lorsque le couple Sale/Diego évoque l'hypothétique présence de caméras de surveillance... On se dit, alors, que non, la réalisatrice ne va tout de même pas oser... Qu'elle a bien dû trouver une alternative expliquant certains faits relatés par Will ou Cin et que Sale et Diego devraient être logiquement les seuls à connaître. Mais non, une fois de plus, Mercedes Bryce Morgan tombe dans le panneau et n'offre jamais au spectateur le sentiment d'être surpris par un twist qu'il n'avait pas vu venir. Ah si ! Quand même. Vers la fin. Un événement qui pour le coup pourra surprendre le public ! L'intérêt de ce genre de production étant habituellement de générer un sentiment de malaise face au comportement d'individus psychologiquement instables mettant en péril l'existence d'un autre couple, l'efficacité d'un tel concept vu, revu, rabâché maintes fois peut fonctionner peu ou prou sur certains spectateurs mais certainement pas sur ceux qui sont rompus à ce genre d'exercice... dont on devine en outre la conclusion... plutôt sanglante il est vrai. Au final, Bone Lake ment sur la marchandise. Pas ou peu de sexe, des effusions de sang retranchées vers la fin du récit et un script intéressant mais abordé de manière bancale...

 

vendredi 1 octobre 2021

Malignant de James Wan (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Quand tu cherches la lumière et que pendant plus d'une heure tu as droit à d'épais nuages... qu'une éclaircie s'affiche pour laisser passer quelques rayons vingt ou trente minutes durant... et qu'à l'issue d'une longue attente la chaleur du soleil caresse enfin ton visage... voilà en quelques mots à quoi ressemble Malignant, le dernier rejeton d'une lignée de longs-métrages d'épouvante signés de James Wan, l'homme derrière lequel se cachent Saw, The Conjuring ou encore Insidious. Les hostilités démarrent sous la forme d'un pré-générique digne d'une série Z. Puis lorsque le dit générique déroule ses informations, on a droit là à ces éternelles redites constituées d'images d'archives glauques et détail cradingues. En l'espace de quelques dizaines de secondes, le réalisateur sème des indices dont on ne connaîtra l'ampleur qu'une toute petite demi-heure avant la fin. James Wan y concentre une grande partie de l'univers qu'il a façonné en un peu plus d'une quinzaine d'années pour la régurgiter de manière parfois maladroite. Comme si le réalisateur, scénariste et producteur avait sciemment choisi de saborder sa carrière. Du moins est-ce l'impression qui plane durant une bonne partie de la projection. Entre chasse au fantôme, possession diabolique, body horror à la David Cronenberg, hypnothérapie, enquête policière, W.IP (Women in Prison, pour les ignorants!!!) et, il fallait oser, Moonwalk sur fond de carnage gore, l'amateur de sensations fortes peut y faire son marché...


Perdant ses spectateurs durant une bonne moitié du long-métrage, révélateur des enjeux durant les vingt minutes suivantes et relâchant totalement la pression lors d'une séquence hautement jouissive se déroulant dans une cellule à l'intérieur de laquelle vient d'être enfermée notre héroïne Madison Mitchell (l'actrice britannique Annabelle Wallis) et lors de laquelle elle aura fort à faire avec des rebuts féminins de notre société, Malignant laisse un goût étrange d'inachevé. Comme un sympathique concept salopé au moment de le mettre en forme. Déjà, je ne sais pas ce qu'en penseront les autres, mais Annabelle Wallis me semble inapte à rendre crédible son personnage. Ses hurlements répétés tapent sur le système et sonnent faux. Entre sons typiquement eighties et metal industriel, le compositeur américain Joseph Bishara se prend parfois pour le Trent Reznor de Nine Inch nails. Malignant est une compilation de tout ce qui a déjà été fait et refait au cinéma en matière de cinéma d'épouvante et plus précisément en terme de Jump Scares, d'esprits frappeurs, d'ecostoplasmes, de goule courant au plafond et marchant sur les murs et tout autres manifestations paranormales belliqueuses. Sauf que le film est plus malin que l'on ne croit car si tout semble être déjà écrit dès les premières minutes, James Wan a de la ressource. Une imagination qui ne s'arrête fort heureusement pas aux portes de l'imaginaire qu'il développa notamment avec la franchise The Conjuring.


[attention spoiler !!!] : Car ici, il est en fait question de cancer, de tératome (je vous conseille de faire quelques recherches sur ce sujet aussi passionnant qu'étonnant mais il est vrai, peu ragoutant !) et plus dingue encore, de jumeaux parasites ! Bref, de rendre concret et ''réaliste'' ce qui jusqu'à maintenant provenait d'un imaginaire farfelu [FIN DU spoiler !!!]. si celles et ceux qui aiment rester dans leur zone de confort risquent de demeurer circonspects devant la tournure que vont prendre les événements, les fans de mangas live prendront quant à eux leur pied. James Wan, c'est en fin de programme la rencontre entre le japonais Noboru Igushi de Dead Sushi, Robo-Geisha ou Mutant Girl Squad avec le Robert Rodriguez d'Une nuit en enfer. On regretterait presque que le réalisateur de Malignant n'ait pas directement tourné son sujet vers cette approche à l'origine typiquement asiatique et que le monde du cinéma s'arrache désormais depuis quelques années. Pour finir, inutile de préciser (mais faisons le tout de même) que la formidable chorégraphie effectuée lors des vingt dernières minutes par l'héroïne ne sont pas l’œuvre d'Annabelle Wallis mais de la contorsionniste ukrainienne Marina Mazepa, rare exploit d'un long-métrage qui bénéficie tout de même d'une excellente photographie (mais parfois trop sombre) et de cadrages dont seul James Wan semble avoir le secret...

 

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