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lundi 25 décembre 2017

A Nightmare On Elm Street 3 : Dream Warriors de Chuck Russel (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆



C'est fou comme avec le temps l'intérêt pour une œuvre peut se déliter. A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors fait partie de ces longs-métrages découverts au cinéma lors de leur sortie. Je pénétrais l'univers du mythique Freddy Krueger pour la première fois. Je ne connaissais pas l’œuvre originale, n'avais pas vu le second chapitre et demeurait donc fort intrigué. A la sortie d'un cinéma quelconque de la capitale, en ce mois de juin 1987, j'étais assez satisfait de mon expérience. Un croquemitaine charismatique, une idée originale, des scènes étonnantes et des effets-spéciaux remarquablement accomplis par Kevin Yagher et une équipe constituée d'une dizaine de personnes. De quoi se réjouir d'un cinéma fantastique en pleine forme qui en cette année 1987 vit la sortie de Robocop de Paul Verhoeven, Prince des Ténèbres de John Carpenter, ou encore Hellraiser, le Pacte de Clive Barker. Freddy Krueger devient ici sous la houlette du spécialiste des effets-spéciaux de maquillage un énorme serpent avalant l'une de ses pauvres victimes adolescentes (Patricia Arquette qui débutait pratiquement sa carrière d'actrice), un marionnettiste grand comme un immeuble, puis un poste de télévision, ou encore une infirmière sexy. L'un des effets-spéciaux les plus étonnant demeurant l'abdomen du croquemitaine exhibant l'âme de ses précédentes victimes. Quant à la pauvre Heather Langenkamp, ATTENTION SPOILER, elle demeurera dans ce troisième opus de la saga comme la dernière victime du tueur au visage brûlé et au gant armé de lames effilées.

Malheureusement, malgré ces quelques scènes particulièrement réussies, du moins pour l'époque et qui n'ont pas trop à rougir de nos jours face aux progrès qui ont été effectués depuis en matière d'effets-spéciaux, A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors m'est apparu d'un ennui profond. En tout cas, bien moins passionnant qu'à l'époque de sa sortie. Mais tout s'explique de manière fort aisée. Comme dit plus haut, je n'avais pas encore découvert l'original. Une erreur très vite réparée, pour un résultat effarant. Surtout pour cette seconde séquelle qui depuis ne me concerne plus vraiment. Car le personnage central du récit original (créé par le cinéaste Wes Craven à partir d'un curieux fait divers concernant un adolescent insomniaque mort de s'être volontairement empêché de dormir par crainte de mourir durant son sommeil), le producteur, réalisateur et scénariste Chuck Russell (auquel on doit notamment le fameux remake du Blob en 1988, son second long-métrage après celui-ci, donc) en a fait un bouffon. Plus amusant que réellement terrifiant. Une donnée d'ailleurs totalement absente, ce qui, pour un film mêlant l'horreur et le fantastique est suffisamment navrant pour être notifié.

Freddy Krueger est devenu l'amuseur public. Celui qui provoque l'hilarité au sein d'un public adolescent conquis par ce père fouettard horriblement défiguré dont on avait peine à croire que sous son maquillage se planquait l'interprète de l'adorable extraterrestre Willy de la série originale V. Ce troisième volet ressemble à une fête foraine dont l'intrigue se situe presque exclusivement dans l'aile d'un hôpital psychiatrique réservé aux adolescents suicidaires et victimes de troubles du sommeil. Rétrospectivement, on peut comprendre que Wes Craven n'ait pas voulu que son bébé fasse des petits. Malheureusement, malgré l'échec du second volet, la New Line en décida autrement. Outre différents prix de part le monde, A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors a obtenu le prix (mérité) des effets-spéciaux au festival du Rex en 1987. Outre Heather Langenkamp qui reprend son rôle de Nancy Thompson après avoir disparu lors du second volet et Robert Englund qui continue à interpréter Freddy Krueger, nous découvrîmes Patricia Arquette (qui depuis à joué pour Tony Scott, Tim Burton, David Lynch, Ole Bornedal ou encore Martin Scorsese), Craig Wasson (Body Double de Brian de Palma), ou l'excellent Laurence Fishburne que l'on a pu notamment revoir plus tard dans Double Détente de Walter Hill, The King of New York d'Abel Ferrara, ou encore Matrix des frères (sœurs?) Wachowski. Quant à l'acteur John Saxon, tout comme Heather Langenkamp il réapparait dans ce troisième volet dans le rôle du lieutenant Donald Thompson qui n'est autre que le père de l'héroïne Nancy Thompson.

Un volet qui a bien (mal) vieilli donc mais que je conseillerais tout de même à celles et ceux qui ne l'ont toujours pas vu. A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors éveillera peut-être alors la curiosité des fans de cinéma fantastique ne connaissant pas encore le célèbre croquemitaine...

samedi 2 août 2014

The Blob: La Trilogie Gluante...

Danger Planétaire
de Irvin S. Yeaworth Jr. (1958)


Steve et sa fiancée Anne sont témoins de la chute d'une météorite dans les environs du lieu où il ont l'habitude de se retrouver. Il ne sont pas les seuls. Un vieil homme habitant une petite cabane avec son chien part à la recherche de l'étrange sphère tombée du ciel et remarque un petit cratère près de sa demeure. Alors qu'il touche la surface de la minuscule météorite avec un bâton, celle-ci s'ouvre comme la coquille d'un œuf et libère une étrange masse gélatineuse qui s'enroule autour du morceau de bois que tient le vieil homme. Alors qu'il tente de s'en débarrasser, la « créature » aute sur la main du vieil homme et commence à digérer ses tissus.

Steve et Anne, après des recherches infructueuses, décident d'abandonner et de retourner en ville à bord de leur voiture lorsqu'ils tombent nez à nez sur le vieil homme qu'ils évitent de justesse. Prenant en charge le blessé qui souffre atrocement, les amoureux foncent jusqu'au cabinet du docteur T. Hallen. Alors que celui-ci fait une piqûre au vieil homme afin de soulager la douleur, il contacte au téléphone une infirmière et lui demande de venir l'aider à opérer le patient. Durant ce temps, Steve et Anne filent prévenir la police du danger qu'encourt la ville, mai, malgré leurs suppliques, le lieutenant Dave et le sergent Jim Bert ne semblent pas encore prêts à croire les propos que tiennent les deux adolescents...

Irvin S. Yeaworth Jr. à la réalisation et Steve MacQueen dans le rôle principal. San doute la seule implication du célèbre acteur dans un film fantastique, surtout connu pour avoir joué dans des films de guerre (La Grande Évasion), dans des westerns (Les Sept Mercenaires) ou en ayant participé à l'un des plus grands films catastrophe de tous les temps (La Tour Infernale). Bien moins connu que les classiques Le Village des Damnés ou La Chose d'un Autre Monde, Danger Planétaire est aussi bien moins réussi. Tout au plus une bluette naïve où ne surnage rien de vraiment marquant. En fait, le spectateur n'a pas grand chose à se mettre sous la dent. En terme d'horreur, Danger Planétaire est plutôt avare. On pouvait présager du meilleur avec cette première agression dont est victime le vieil homme. Mais par la suite, le blob est exposé comme une gluante et ventripotente limace traversant des décors (maquettes) assez mal fichus, même pour l'époque. On se fiche de l'idylle de Steve et Anne, comme de leurs camarades et du sort de ceux qui passent dans l'estomac visqueux de la créature venue de l'espace. Tout juste exprimons nous cet habituel rejet face à ce sergent trop « stupide » (pour ne pas dire trop con) pour accepter la réalité des faits.

Danger Planétaire est donc un tout petit film mêlant fantastique, horreur et science-fiction mais qui ne parvient jamais à rendre hommage à l'un de ces trois genres...


Attention au Blob
de Larry Hagman (1972)



Quatorze années après la première apparition du blob au cinéma, c'est le très méchant J.R. Ewing de la célèbre série télévisée Dallas qui réalise la suite des aventures de cette très curieuse créature que l'espèce humaine n'a pas trouvé mieux que de la geler pour la maîtriser. Après l'avoir envoyée au pôle Nord afin de s'assurer qu'elle resterait dans cet état de congélation, voilà que notre vilaine bêbête réapparaît à l'intérieur d'un cylindre découvert par un employé de travaux d'excavation. La bestiole a largement eut le temps de faire une cure d'amaigrissement puisque d'une circonférence de la taille d'un bus, voilà qu'elle contient dans un « thermos » aux dimensions d'une bouteille d'eau d'un litre, pas plus.

D'ailleurs, la créature n'est pas la seule à s'être mise au régime. Le scénario déjà presque inexistant de Danger Planétaire a fondu et frise cette fois-ci l'anorexie. Et pour combler au manque d'idées (quand on pense que quatre scénaristes ont participé à l'écriture de l'histoire, ça laisse perplexe), Larry Hagman tente d'apporter une bonne dose de vitamines sous forme de gags en tous genres. Sauf que le médicament prescrit est périmé de longue date. En effet, aucune des situations qui se veulent humoristiques ne fait mouche. C'est un vrai désastre. Un raz de marée qui ferait pâlir de jalousie les concepteurs de blagues Carembar.

C'est grotesque, surréaliste, et c'est long, long, long... Autant il est plaisant de voir certains nanars qui, malgré leurs très nombreux défauts attirent l'attention par on ne sait quel miracle. Autant l'on a l'impression ici que Larry Hagman déteste le sujet abordé et qu'il a décidé de le saborder. Et il y réussit sans mal. Lui et les interprètes d'ailleurs, dont on ne sait pas s'ils ont volontairement joué leur rôle d'aussi mauvaise façon ou si, une fois encore, c'est le réalisateur qui a voulu imprimer un style de jeu épouvantable pour ruiner son affaire.

N'oublions pas de parler des effets-spéciaux qui à eux seuls (ne) méritent (pas) que l'on se penche un peu sur eux. Alors qu'Attention Au Blob a été réalisé quatorze ans après Danger Planétaire, les effets-spéciaux sont bien moins réussis, pour ne pas dire totalement ratés.
Bref, de ce film qui a toutes les allures d'un mauvais téléfilm produit par la chaîne Sci-Fi, rien de bon n'est à retenir. C'est d'autant plu dommage qu'étrangement, les vingt dernières minutes semblent avoir été traités avec beaucoup plus de respect que tout ce qui les a précédées. Comme i Larry Hagman s'était enfin réveillé et avait été saisi d'une envie de bien faire, malheureusement trop tardive et mal abordée pour un artiste qui aurait dû rester à la place qui est la sienne : celle d'un acteur...


The Blob
de Chuck Russel (1988)



Trente ans après l'original, la masse visqueuse revient sur les écrans de cinéma pour le plus grand plaisir des amateurs de films d'horreur. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une nouvelle séquelle, n'en déplaise au film de Larry Hagman qui pompait sur le générique de fin de Danger Planétaire pour, lui aussi, terminer sur un point d'interrogation. Chuck Russel fait donc l'impasse sur l'abomination engendrée par J.R et donne un coup de jeunesse au scénario original, lui injectant un nouveau souffle et des effets-spéciaux à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre à l'époque.

Le héros est encore un jeune adolescent, un peu « hors-la-loi », confronté à une police décérébrée. La seul différence est la solitude du personnage qui ne fait la connaissance de celle qui va le suivre durant toute l'histoire qu'après la première demi-heure passée. Les implications de la créature sont ici bien différentes. Issue des expérimentations pratiquées par des scientifiques, enfermée dans une capsule en envoyée dans l'espace, ce n'est qu'en retombant par accident sur Terre qu'elle a été libérée après avoir muté en un montre qui au départ ne devait être qu'un microbe...

On est ici en présence du meilleur volet consacré au blob. Si le scénario est très proche de l'original, le film a plus de rythme et les effets-spéciaux sont de bien meilleur qualité. Russel ajoute un aspect scientifique qui manquait encore aux deux autres avec un méchant de service campé par Joe Seneca. Le rôle principal quand à lui est assuré par Kevin Dillon, frère du très célèbre Matt Dillon. The Blob est une belle réussite pour l'époque, bien qu'il ait pris, avouons-le, un petit coup de vieux avec le temps...


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