Avant de mettre en scène ses propres films, le réalisateur et
scénariste français Ludovic Bernard a débuté sa carrière en tant
qu'assistant-réalisateur sur près d'une quarantaine de
longs-métrages parmi lesquels La haine
et Assassin(s) de
Mathieu Kassovitz, Ne le dis à personne
et Les petits mouchoirs
de Guillaume Canet, Brice de Nice de
James Huth ou The Lady,
Malavida
et Lucy
de Luc Besson. Sans oublier Taken 2 et
(l'infâme) Taken 3
d'Olivier Megaton ! Sa carrière en solo démarre donc en 2017
avec la comédie L'ascension
et se poursuit ensuite dans une même veine puisqu'il réalise en
2020 et 2023 10 jours sans maman et
10 jours encore sans maman
ainsi que Ici et là-bas
il y a deux ans. Bref, pas de quoi se sentir fébrile en patientant
deux ans jusqu'à l'arrivée dans les salles de son dernier projet.
Une comédie intitulée Les Parfait(s) : Arnaques
en famille
tournant autour d'une famille constituée de cinq membres. Du
grand-père, jusqu'aux petits-enfants, en passant par les parents,
les Toussaint pratiquent l'escroquerie en fonction de leurs
compétences personnelles. Enfin, presque tous puisque pour
l'instant, la jeune Léa (Nawelle Evad) nous est présentée comme
une étudiante bien sous tous rapports. Un personnage comme la
comédie nous en sert régulièrement. Le pendant féminin de Théo
Fernandez, le benjamin de la famille Tuche issu de la franchise
éponyme créée au début des années 2010 par le metteur en scène
et scénariste Philippe Mechelen. Une fille parfaitement éduquée
dont le frère, la mère, le père et le grand-père s'adonnent aux
arnaques. Pourtant, leurs affaires battent actuellement de l'aile
puisqu'ils doivent plusieurs centaines de milliers d'euros au malfrat
Dragan Mitrovic (l'acteur croate Luka Peroš). Las de patienter que
les Toussaint remboursent leurs dettes, l'homme les menace de les
livrer à des ouzbèkes. Ils ont ainsi trois jours pour le payer. Se
sachant incapables de réunir l'argent, Magalie (Audrey Fleurot), Sam
(Ramzy Bédia), les enfants Léa et Hugo (Raphaël Lamaassab) et le
grand-père André (Bernard Farcy) quittent la France pour se
réfugier en Écosse en prenant l'identité des membres de la famille
Toussaint dont le père est censé occuper un poste important au sein
de l'entreprise d'un fabriquant de Whisky qu'ils comptent bien
arnaquer afin d'éponger leurs dettes...
Il
est toujours très amusant de parcourir et de comparer les critiques
une fois quittée la salle. Le grand écart qu'opèrent entre eux le
plus élogieux et le plus désapprobateur étant souvent étonnant.
Voire même parfois amusant ! Il demeure cependant un fait que
n'importe quel cinéphile ou cinéphage ne pourra contredire :
Les Parfait(s) :
Arnaques en famille
n'a probablement aucune chance de devenir la comédie de l'année. À
moins qu'aucune concurrence ne vienne ternir les ''efforts'' des
scénaristes Laurent Turner, William Reymond et de Ludovic Bernard
qui, oui, s'y sont mis à trois pour nous pondre un script mêlant
comédie et action, drainant ça et là de tous petits éléments
propres au thriller à travers le personnage de Dragan Mitrovic et de
ses hommes de main. Audrey Fleurot campe une mère intelligente, tête
pensante de la famille aux côtés d'un mari, Sam, et d'un fils,
Hugo, véritables petits génies de l'informatique pour lesquels le
piratage n'a presque aucun secret. Si le script joue en théorie tout
d'abord autour de la barrière de la langue (française, anglaise et
japonaise), les trois scénaristes abandonnent très rapidement
l'idée de s'en amuser pour passer très (trop?) rapidement au
concept suivant. L'ellipse est au cœur même du scénario. Et là où
la présence de trois auteurs aurait dû permettre au récit de
s'enrichir des idées des uns et des autres, le film de Ludovic
Bernard ne fait souvent que les survoler en éludant le très sérieux
problème d'inspiration dont sont finalement atteints le réalisateur
et ses scénaristes. Le script facilite systématiquement les
contraintes liées aux imprévus. À chaque problème, sa solution.
Et entre les deux, aucun développement. Les seuls qui interviennent
véritablement au cœur du récit sont ces insupportables séquences
de flash-back explicatives qui donnent sans cesse l'impression de
traiter le spectateur comme un idiot, alors soudainement devenu trop
bête pour comprendre le sens d'une scène ou d'une autre ! Fort
heureusement, toute l'équipe est là pour éveiller chez lui
quelques plaisirs coupables et régressifs malgré la facture
généralement banale de l'ensemble. L'acteur américano-britannique
Alan Cumming incarne ainsi le boss de l'entreprise de production de
whisky, Sean Mac Callaghan. Le film se termine par une longue
séquence se déroulant lors d'une signature de contrat qui fait
presque regretter que tout le film n'ait pas été de la même
teneur. Alors, Les
Parfait(s) : Arnaques en famille,
comédie de l'été ? Certainement pas. Mais à la décharge de
cette petite comédie familiale, assurons à ses futurs spectateurs
le plaisir de découvrir des très belle images de l’Écosse et de
profiter de la présence dans la salle d'une climatisation qui leur
fera au moins oublier durant un peu plus de quatre-vingt dix minutes,
les fortes chaleurs de l'été...
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