Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


dimanche 16 août 2026

Doctor Sleep de Mike Flanagan (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Oser s'attaquer à un monument tel que le Shining de Stanley Kubrick, c'est le pari insensé que se sont tout d'abord lancés le réalisateur Mark Romanek et le scénariste Glen Mazzara avant que le projet d'adaptation du roman de Stephen King Doctor Sleep n'échoue finalement entre les mains de Mike Flanagan qui déjà en 2017 avait adapté son roman Jessie. Tout remonte en 1977 lorsque l'écrivain américain fait publier ce qui chez nous sortira deux ans plus tard sous le titre Shining, l'enfant lumière chez l'éditeur Alta. S'emparant du sujet, le réalisateur, scénariste et producteur Stanley Kubrick réalise en 1980 Shining. Un long-métrage qui provoquera chez le romancier un certain rejet puisque le cinéaste américain modifia certains concepts comme celui visant à faire du personnage de Jack Torrance un individu luttant en permanence contre son addiction à l'alcool, contre sa violence et contre ses mauvais démons. Kubrick choisissait alors de faire intervenir des forces extérieurs expliquant l'état de délabrement psychologique du personnage central du récit. Quant à l'épouse de Jack Torrance, Wendy, sa forte personnalité fut dévoyée pour la transformer en une femme faible et souvent passive... Stephen King fut à ce point attristé que dix-sept ans plus tard il écrivit le scénario de la mini-série en trois parties de Mick Garris Shining : Les Couloirs de la peur qui selon lui était beaucoup plus proche du roman original...


S'il y a bien un ouvrage que personne ne s'attendait à voir être publié trente-six ans après le chef-d’œuvre Shining, c'est bien sa suite intitulée Doctor Sleep. La genèse de ce roman remonte à bien des années postérieures à l'édition du roman original puisque Stephen King se demande longtemps après la sortie de Shining ce qu'il a pu advenir du jeune Danny. Un prétexte pour étudier l'évolution d'un enfant victime d'un lointain traumatisme et tout comme pour son défunt père, d'une addiction à l'alcool. Stephen King projetant ainsi ses propres démons qui le virent consommer de façon irraisonnée de l'alcool et des drogues dans les années soixante-dix et quatre-vingt. Cette séquelle suit ensuite le chemin de la rédemption. Celle de Danny, désormais incarné à l'écran par l'acteur britannico-américain Ewan McGregor (Petits meurtres entre amis, Transpotting, Le veilleur de nuit, The Ghost Writer, etc...), alcoolique au dernier degré comme le fut son père. Un marginal qui donne d'ailleurs son nom au titre puisque le Docteur Sleep, c'est lui. Accompagnant les malades d'un hospice qui emploie en outre son nouvel ami Billy Freeman (l'acteur Cliff Curtis) lors de leurs derniers instants de vie, la véritable préoccupation de Stephen King à l'élaboration du récit reste sans doute celle du rôle de Père. Il s'agit bien là du thème central qui chez lui s'exprime à travers une certaine forme d'atavisme, de prédisposition à l'alcoolisme et à la violence comme cela était le cas chez son père...


La présence au sein du récit de nouveaux personnages permet une fois encore à Stephen King d'opposer le Mal au Bien. Si la toute jeune Abra Stone (Kyliegh Curran) possède elle aussi le pouvoir du ''Shining'', Danny apparaît comme son protecteur. Car à ce pouvoir immense qui permet notamment à ceux qui en sont dotés de communiquer par télépathie, de percevoir les morts ou d'influencer mentalement les autres, le récit oppose un antagoniste à la hauteur, chez Stephen King, du Randall Flagg du Fléau ou d'André Linoge de La tempête du siècle. Des antagonistes extrêmement puissants rejoins cette fois-ci par l'une des ''Grandes Méchantes'' créées à travers les décennies par l'un des plus célèbres écrivains de la littérature d'épouvante et parmi lesquelles l'on retrouve Annie Wilkes de Misery, Margaret White de Carrie ou bien Mrs. Carmody de The Myst. Toutes sortes de fanatiques auxquelles s'oppose cette fois-ci à travers la présence d'une ''créature'' très proche de la mythologie des vampires, le personnage de Rose O'Hara (incarnée à l'image par Rebecca Ferguson) et de sa petite communauté d'hommes et de femmes itinérants nommée ''Le Nœud Vrai''. Un atout majeur pour cette séquelle puisque Stephen King dans le roman et Mike Flanagan dans son adaptation cinématographique y développent l'idée d'un groupe d'individus ayant découvert la possibilité de prolonger leur existence en prélevant l'énergie vitale d'enfants possédant le Shining...


Doctor Sleep est aussi l'examen de conscience d'une Amérique malade à travers ce que l'on peut supposer être également une dérive sectaire. Rose et sa petite communauté semblent à la fois se référer au film de vampire Near Dark de Kathryn Bigelow même si ses vampires buvaient du sang afin de connaître la vie éternelle tandis que les membres du ''Nœud Vrai'' absorbent la vapeur de leurs jeunes victimes en souffrance pour des raisons similaires et se référer ensuite aux sectes meurtrières dont celle du gourou Charles Manson semble être la première en ligne de mire. Notons d'ailleurs que le film s'avère parfois très violent, surtout lors de la séquence montrant l'assassinat d'un enfant par les membres du ''Nœud Vrai''. Difficile de comparer Doctor Sleep à Shining tant ce dernier confinait parfois à la perfection. Pourtant, louable est la volonté de Mike Flanagan de nous rappeler le génie de Stanley Kubrick en réinvestissant les longs couloir de l'Overlook dans la dernière partie du long-métrage, en réutilisant le Dies iræ comme point d'orgue d'une bande musicale signée cette fois-ci de The Newton Brothers en lieu et place de Wendy Carlos ou encore en proposant de somptueux travellings aériens lorsqu'il s'agit pour Danny et Abra de mettre un terme définitif aux agissement de Rosa...


Doctor Sleep étend son champ d'investigation en explorant des thématiques similaires tout en les aménageant vers de nouveaux profils. Chez Danny, la rédemption passe par l'abandon de sa consommation d'alcool, l'aide aux malades en fin de vie et son sacrifice pour la jeune Abra. Le rituel de Rosa et des membres du ''Nœud Vrai'' évoque quant à lui une certaine forme de chamanisme diabolique. Et puis, il y a ce retour aux sources, menant nos héros jusqu'à l'hôtel Overlook désormais délabré. L'occasion pour Mike Flanagan d'exploiter les différents mythes du récit original. Tandis qu'au démarrage de Doctor Sleep l'on retrouve le Danny enfant, sa mère Wendy ainsi que Dick Hallorann anciennement incarnés par Danny Lloyd, Shelley Duvall, et Scatman Crothers et désormais interprétés par Roger Dale Floyd, Alex Essoe et Carl Lumbly, c'est avec une certaine angoisse que l'on attendait le retour de l'iconique Jack Torrance cette fois-ci joué par Henry Thomas en lieu et place de l'irremplaçable Jack Nicholson. Les fans de la mythologie Shining seront malgré cette petite ''coquille'' heureux de retrouver de nombreux symboles de l’œuvre originale. Entre les décors et d'autres personnages encore, telles les deux petites jumelles ou la vieille Mrs. Massey de la chambre 237. Si Doctor Sleep ne souffre évidemment pas de la comparaison avec Shining, Mike Flanagan s'en sort malgré tout avec les honneurs. Son adaptation aura au moins soufflé l'espoir d'une vie meilleure pour ses personnages en détruisant ce qui pouvait ronger jusque là leur conscience...




 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...