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mercredi 1 juillet 2026

The Baby de Ted Post (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Notamment connu pour avoir mis en scène l'acteur Clint Eastwood dans le western Pendez-les haut et court en 1968 et dans les secondes aventures de l'inspecteur Harry Callahan Magnum Force en 1973, pour avoir réalisé le film de science-fiction Le Secret de la planète des singes en 1970 ou pour avoir dirigé Peter Falk dans deux épisodes de la série télévisée policière Columbo intitulés Immunité diplomatique et Question d'honneur en 1975 et 1976, Ted Post fait partie de ces cinéastes qui au détour d'une ou plusieurs œuvres s’intéressèrent à des cas assez particuliers. S'agissant de The Baby qu'il co-réalisa aux côté de l'assistant-réalisateur Jesse Corallo sur la base d'un script écrit par Abe Polsky, le récit tourne autour d'une bien étrange famille composée de trois femmes, une mère et deux filles, et d'un fils mentalement déficient ! Le bébé du titre, c'est lui ! L'incongruité de cette histoire peu commune commence dès que l'on découvre le ''pedigree'' de l'acteur David Mooney qui incarne justement le rôle du bébé : alors âgé de trente-deux ans, cet interprète d'une quinzaine de téléfilms, épisodes de séries télévisées et longs-métrages cinématographiques y apparaît portant des couches et se comportant tout au plus comme un enfant de deux ou trois ans. Vivant dans un cercle familial que l'on peut considérer de matriarcal, celui qui se fait appeler ''Baby'' attise la curiosité d'Ann Gentry (l'actrice Anjanette Comer, laquelle interpréta notamment le rôle de la charmante Kinita dans La Bataille de San Sebastian du réalisateur français Henri Verneuil en 1968), une assistante sociale chargée d'enquêter sur l'étrange famille dominée par la présence de la mère, Mrs. Wadsworth (Ruth Roman). Accompagnée de ses deux filles Germaine et Alba (Marianna Hill et Suzanne Zenor), la quinquagénaire élève son fils d'une trentaine d'années comme s'il s'agissait d'un bébé. Cherchant à l'éloigner de toute emprise extérieure, la venue d'Ann dans son foyer va causer certains dommages au sein de la famille... Typique d'une époque qui charriait autant de bons films à l'attention du grand public que de longs-métrages beaucoup plus obscures, The Baby est donc un OFNI...


Le long-métrage mêle l'épouvante à un contexte social oppressant, où tous les membres d'une même famille semblent être atteints de tares psychologiques. Concernant Marianna Hill qui incarne donc ici le rôle d'Alba, on se souvient surtout de son rôle dans le film d'horreur culte Messiah of Evil signé de Willard Huyck et Gloria Katz en 1973. Soit, la même année que The Baby. Mais aussi et surtout, l'actrice marqua de sa présence un autre western interprété ET réalisé par Clint Eastwood. Le mythique L'homme des hautes plaines dans lequel Marianna Hill interprétait le rôle de la nymphomane Callie Travers ! En dehors de l'absurde idée d'un trentenaire se promenant en couche, à quatre pattes, bavoir sous le menton et incapable de parler sans que cela n'émeuve quiconque dans l'entourage des Wadsworth, le plus surprenant reste sans doute l'attitude de l'assistante-sociale. Qui plus que de se révolter face à cette mère qui cultive l'état de retard mental de son fils semble tout d'abord y participer en relayant elle-même un comportement qui n'arrange rien à l'évolution mentale de ''l'enfant'' ! En outre, le script cultive un certain mystère autour de la jeune femme qui dès que l'on cherche à en savoir davantage sur son époux, apparemment décédé, reste muette ! Si dans la catégorie des films d'horreur ou d'épouvante l'on a déjà vu nettement plus radical, The Baby reste malgré tout relativement dérangeant sous certains aspects. Quelques séquences inenvisageables font pourtant partie du ''package''. Comme cette scène, invraisemblable, où pour calmer le fils Wadsworth, sa baby-sitter lui donne le sein ! Notons que David Mooney est assez convainquant. Et même si l'on découvre rapidement que les gazouillis ne sortent pas directement d'entre ses lèvres mais de celles d'un doubleur en post-synchronisation, son attitude, sa gestuelle et ses mimiques semblent témoigner de son apprentissage auprès de très jeunes enfants... Si le contexte semble réellement délirant même si le film a malheureusement tendance à tourner en boucle, réalisateurs et scénaristes ne nous avaient pourtant pas préparés au final sans doute encore plus fou qui clôt le récit. Bref, un film à part...

 

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