Notamment connu pour avoir mis en scène l'acteur Clint Eastwood dans
le western Pendez-les haut et court
en 1968 et dans les secondes aventures de l'inspecteur Harry Callahan
Magnum Force en
1973, pour avoir réalisé le film de science-fiction Le
Secret de la planète des singes
en 1970 ou pour avoir dirigé Peter Falk dans deux épisodes de la
série télévisée policière Columbo
intitulés
Immunité diplomatique
et Question d'honneur
en 1975 et 1976, Ted Post fait partie de ces cinéastes qui au détour
d'une ou plusieurs œuvres s’intéressèrent à des cas assez
particuliers. S'agissant de The Baby
qu'il co-réalisa aux côté de l'assistant-réalisateur Jesse
Corallo sur la base d'un script écrit par Abe Polsky, le récit
tourne autour d'une bien étrange famille composée de trois femmes,
une mère et deux filles, et d'un fils mentalement déficient !
Le bébé du titre, c'est lui ! L'incongruité de cette histoire
peu commune commence dès que l'on découvre le ''pedigree'' de
l'acteur David
Mooney qui incarne justement le rôle du bébé : alors âgé de
trente-deux ans, cet interprète d'une quinzaine de téléfilms,
épisodes de séries télévisées et longs-métrages
cinématographiques y apparaît portant des couches et se comportant
tout au plus comme un enfant de deux ou trois ans. Vivant dans un
cercle familial que l'on peut considérer de matriarcal, celui qui se
fait appeler ''Baby''
attise la curiosité d'Ann Gentry (l'actrice Anjanette Comer,
laquelle interpréta notamment le rôle de la charmante Kinita dans
La Bataille de San
Sebastian
du réalisateur français Henri Verneuil en 1968), une assistante
sociale chargée d'enquêter sur l'étrange famille dominée par la
présence de la mère, Mrs. Wadsworth (Ruth Roman). Accompagnée de
ses deux filles Germaine et Alba (Marianna Hill et Suzanne Zenor), la
quinquagénaire élève son fils d'une trentaine d'années comme s'il
s'agissait d'un bébé. Cherchant à l'éloigner de toute emprise
extérieure, la venue d'Ann dans son foyer va causer certains
dommages au sein de la famille... Typique d'une époque qui charriait
autant de bons films à l'attention du grand public que de
longs-métrages beaucoup plus obscures, The
Baby
est donc un OFNI...
Le
long-métrage mêle l'épouvante à un contexte social oppressant, où
tous les membres d'une même famille semblent être atteints de tares
psychologiques. Concernant Marianna Hill qui incarne donc ici le rôle
d'Alba, on se souvient surtout de son rôle dans le film d'horreur
culte Messiah of Evil
signé de Willard Huyck et Gloria Katz en 1973. Soit, la même année
que The Baby.
Mais aussi et surtout, l'actrice marqua de sa présence un autre
western interprété ET réalisé par Clint Eastwood. Le mythique
L'homme des hautes
plaines
dans lequel Marianna Hill interprétait le rôle de la nymphomane
Callie Travers ! En dehors de l'absurde idée d'un trentenaire
se promenant en couche, à quatre pattes, bavoir sous le menton et
incapable de parler sans que cela n'émeuve quiconque dans
l'entourage des Wadsworth, le plus surprenant reste sans doute
l'attitude de l'assistante-sociale. Qui plus que de se révolter face
à cette mère qui cultive l'état de retard mental de son fils
semble tout d'abord y participer en relayant elle-même un
comportement qui n'arrange rien à l'évolution mentale de
''l'enfant'' ! En outre, le script cultive un certain mystère
autour de la jeune femme qui dès que l'on cherche à en savoir
davantage sur son époux, apparemment décédé, reste muette !
Si dans la catégorie des films d'horreur ou d'épouvante l'on a déjà
vu nettement plus radical, The
Baby
reste malgré tout relativement dérangeant sous certains aspects.
Quelques séquences inenvisageables font pourtant partie du
''package''. Comme cette scène, invraisemblable, où pour calmer le
fils Wadsworth, sa baby-sitter lui donne le sein ! Notons que
David Mooney est assez convainquant. Et même si l'on découvre
rapidement que les gazouillis ne sortent pas directement d'entre ses
lèvres mais de celles d'un doubleur en post-synchronisation, son
attitude, sa gestuelle et ses mimiques semblent témoigner de son
apprentissage auprès de très jeunes enfants... Si le contexte
semble réellement délirant même si le film a malheureusement
tendance à tourner en boucle, réalisateurs et scénaristes ne nous
avaient pourtant pas préparés au final sans doute encore plus fou
qui clôt le récit. Bref, un film à part...
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