Pris en flagrant délit d'adultère avec sa maîtresse Riquita
(Frédérique Lazarini) par sa femme Amalia (Jezabelle Amato),
Antionio Pereira (Luis Rego) simule l'amnésie. Désemparée, elle
fait appel aux anciens camarades de son époux afin de l'aider à
retrouver la mémoire. Jean (Jean Sarrus), Phil (Gérard Filippelli)
et Richard (Richard Bonnot) voyagent ainsi jusqu'au Portugal et
s'installent dans un hôtel de Lisbonne. Afin d'aider Antonio, ils
décident de lui faire revivre divers situations du passé. C'est
ainsi qu'ils font appel à l'adjudant Caussade qu'ils ont côtoyé
durant leur service militaire. Notons que désormais le personnage
est interprété par l'acteur et humoriste français Guy
Montagné en lieu et place de Franck-Olivier Bonnet qui dans Le
Retour des bidasses en folie
de Michel Vocoret en 1983 interprétait le rôle de l'adjudant
Cossade et non pas Caussade dont l'orthographe a donc depuis été
curieusement modifiée ! Notons ensuite qu'outre le retour de
Luis Rego au sein du groupe Les Charlots, la formation musicale et
cinématographique ne compte désormais plus que Jean Sarrus et
Gérard Filippelli puisque Jean-Guy Fechner est passé à autre chose
depuis presque vingt ans tandis que Gérard Rinaldi s'est lui-même
tourné vers d'autres projets cinématographiques ET télévisuels.
Remplacé par le chanteur, musicien et acteur Richard Bonnot dont la
carrière au cinéma se résume à deux films (celui-ci ainsi que La
Cible
de Pierre Courrège en 1997), ce dernier arrive difficilement à
faire oublier le ''séducteur'' et la ''tête pensante'' du groupe...
Le retour des Charlots
est le dernier long-métrage à avoir mis en scène Les Charlots. Et
même ainsi reconstitué, le groupe n'est malheureusement pas parvenu
à rehausser le niveau d'une filmographie qui peu à peu est devenue
de plus en plus navrante. Une chute qui a véritablement débutée
neuf ans auparavant avec Le
retour des bidasses en folies en
1983 et qui s'est poursuivie un an plus tard avec Charlots
Connections.
Le long-métrage est surtout l'occasion pour Jean Sarrus de se
placer devant mais aussi derrière la caméra. Réalisateur et
scénariste du Retour
des Charlots,
il n'aura pourtant pas permis à la troupe de finir en beauté et
même si Le retour des
Charlots
n'est pas aussi pathétique que Le
retour des bidasses en folies,
cette comédie franchouillarde qui demeure pour le coup,
magnifiquement anachronique, vise en plein dans le mille dans la
catégorie des nanars à la française...
L'amnésie
dont est atteint l'un des protagonistes n'est qu'un prétexte pour le
réalisateur/acteur/scénariste et ses partenaires d'aligner les gags
bas du front. C'est d'autant plus dommage que Jean Sarrus tente
d'émouvoir son auditoire en invoquant un certain esprit de
camaraderie au centre du thème des retrouvailles. Ce qu'il tente à
travers des séquences d'une confondante crétinerie. Lorsque
habillés comme des bébés, comme des rugbymen ou encore comme des
bidasses Jean, Phil et Richard débarquent en trombe accompagnés de
l'adjudant Caussade, on tombe des nues devant tant de bêtise
immature. D'autant plus qu'il faut faire un effort surhumain pour ne
serait-ce qu'esquisser le moindre sourire. Il est loin le temps des
Fous du stade
ou du Grand Bazar
et notre trio a beau en faire des tonnes, à gesticuler dans tous les
sens et à livrer des répliques qui ne valent même pas les blagues
Carambar, tout, absolument tout tombe à plat. Au mieux (ou au pire),
Le retour des Charlots
témoigne d'une époque où l'on pouvait se moquer librement d'une
femme en surpoids (la très ''fellinienne'' Jezabelle Amato en
prenant régulièrement pour son grade) et où l'on pouvait
lourdement draguer les clientes d'un hôtel sans voir surgir les
pseudos ligues féministes 2.0. Tout ici est tellement mauvais que la
fibre nostalgique ne fonctionne jamais. Est-ce l'époque, mais
curieusement, la comédie de Jean Sarrus repose sur les mêmes
mécaniques que par le passé sans pour autant éveiller chez le
spectateur le moindre plaisir. Tourné au Portugal, à Lisbonne, Le
retour des Charlots
est l'un des derniers témoignages de ce que l'on appelle communément
la Comédie Franchouillarde. De l'aveu même de son réalisateur,
scénariste et interprète, le film est un ratage complet. Anecdote
amusante pour les cinéphages mais sans doute moins pour l'équipe de
tournage lorsque le film fut présenté aux distributeurs, le
remplaçant de Gérard Rinaldi, Richard Bonnot, fut le seul
spectateur à venir se présenter lors de la projection. Notons enfin
la présence dans le rôle d'un chef de bande de l'américain Jango
Edwards dont les plus anciens téléspectateurs de Canal+
se
souviennent pour ses diverses apparitions burlesques sur la quatrième
chaîne française...
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