L'effondrement de la comédie française a pris une telle ampleur que
l'on arrive à douter presque systématiquement de tout ce qui sort
en salle. Les médias et le public n'étant généralement pas
tendres avec tout ce qui touche au genre, et l'on comprend pour
quelle raison, Adieu Jean-Pat
de Cécilia Rouaud (auteur de Photo de famille,
Les complices,
Le livreur de noël
et réalisatrice de seconde ou troisième équipe sur Monsieur
Batignole,
Le raid
ou encore Une pure affaire)
n'échappe pas à cette règle même si une partie de ses spectateurs
lui ont trouvé de réelles qualités. À contrario, l'exigence d'un
magazine culturel tel que Télérama
l'empêche comme on s'en doute et comme à son habitude de lui
octroyer de bonnes notes ! En ce début d'année 2026 l'on ne va
pas tirer sur l'ambulance et encore moins sur le corbillard puisque
Adieu Jean-Pat a
été écrit par Fabcaro,
Xavier Lacaille et... surtout Laurent Tirard. De ce dernier, l'on
connaît les deux premiers volets de la franchise Le
petit Nicolas
portés à l'écran en 2009 et 2014 ainsi que le piteux Astérix
et Obélix : Au service de sa Majesté.
Mais aussi et surtout les très réussis Un homme
à la hauteur,
Le retour du héros
et Le discours
avant qu'il ne termine sa carrière avec l'infâme Juste
ciel !
Malheureusement disparu le 5 septembre 2024 d'une détérioration des
organes suite à une greffe de moelle osseuse consécutive à un
cancer, il fut notamment scénariste sur le très sympathique
Prête-moi ta main
d'Eric Lartigau en 2006... Nous n'allons donc pas nous acharner sur
Adieu Jean-Pat,
d'autant plus qu'après des débuts laborieux qui s'étalent sur une
bonne vingtaine de minutes, le long-métrage de Cécilia Rouaud n'est
finalement pas aussi mauvais que nous pouvions le craindre... Âgé
de trente-cinq ans et vivant avec sa compagne Alice (l'actrice Fanny
Sidney), Étienne (Hakim Jemili) s'apprête à lire un texte en
hommage à son ''ami'' Jean-Patrick qui est décédé dans un
tragique accident d'auto.
Le
récit opère alors un retour en arrière de quelques jours.
Consultant un hypnothérapeute afin de résoudre le problème qui lui
pourrit l'existence depuis son plus jeune âge, lors d'une séance,
Étienne replonge en enfance. L'on découvre alors que celui que tout
le monde croit être l'un des meilleurs amis du disparu en réalité
le déteste ! Harcelé et humilié chaque fois que ses parents,
sa sœur et lui partaient en vacances au même endroit que
Jean-Patrick et ses parents (Valérie Karsenti et Thibault de
Montalembert), l'homme en a conservé une très grande rancœur. Par
un concours de circonstances et parce qu'il ne sait pas dire non,
Étienne va donc devoir accepter malgré lui de participer à la
veillée funèbre organisée par les parents du défunt, Régine et
Henri Galibert et d'écrire un texte à la mémoire de son pire
ennemi... Tout l'intérêt de Adieu Jean-Pat
se situe autour de l'attitude débonnaire du héros, l'excentricité
de sa meilleure amie Léonore (Constance Labbé), le comportement
quasiment ''alzheimerien'' de Gustave Kervern qui incarne le rôle
d'Antoine, le père d’Étienne, ou celui de sa sœur Clémence
(Nora Hamzawi), laquelle est craintive à l'idée de mettre au monde
l'enfant qu'elle attend. Tout ce petit monde auquel l'on ajoutera les
parents du mort vouant un véritable culte à leur fils disparu fait
de cette petite comédie financée à hauteur d'un peu plus de six
millions et demi d'euros un très agréable divertissement. Une
petite touche d'humour noir (la pièce montée au sommet de laquelle
trône une figurine à l'effigie d'une voiture accidentée) très
discrète accompagne des dialogues parfois délicieusement absurdes.
En loser maladroit, dépassé par les événements mais au fond très
attachant, Hakim Jemili incarne avec son phrasé habituel
contraignant souvent à pencher l'oreille en avant, un personnage
effectivement très attendrissant. Si Adieu
Jean-Pat
n'a rien d'exceptionnel, on se surprend malgré tout à rire à
l'occasion de plans ou de séquences parfaitement ubuesques. Bref, ne
boudons pas notre plaisir devant ce qui restera malgré tout une
comédie mineure...
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Je note la présence de Kervern de "Groland". Sinon, ben, c'est comme les "Marvel" et autres en Amérique, le problème c'est que c'est une industrie du divertissement plus qu'un art, désormais (et même depuis longtemps). Donc, faut pas s'attendre à des miracles.
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