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dimanche 11 janvier 2026

The Living Doll de George Dugdale et Peter Mackenzie Litten (1990) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque l'on évoque la nécrophilie au cinéma, plusieurs genres s'affrontent. Il y a d'abord ce mythe entourant cette déviance sexuelle qui voudrait que certains longs-métrages pornographiques circuleraient sous le manteau ou sur le Dark Web, mais qui donc à pu être témoin de telles atrocités pour pouvoir en témoigner ? Il y a ensuite ces films d'horreur dont la réputation repose en général davantage sur l'exploitation d'une telle pratique que sur les qualités intrinsèques des œuvres en question. On pense bien entendu au Froid baiser de la mort (Il Terzo occhio ) de Mino Guerrini, à Baiser macabre (Macabro) de Lamberto Bava, à Aftermath de Nacho Cerdà, à Blue Holocaust (Buio Omega) de Joe D'Amato, au diptyque Nekromantik 1 & 2 de Jörg Buttgereit ou plus près de chez nous, à Lune Froide de Patrick Bouchitey, surtout dans sa version courte... Et puis, il existe des exemples de fictions qui traitent du problème sans pour autant appartenir ni à l'une ni à l'autre de ces deux catégories... C'est ainsi qu'il devient délicat d'aborder le cas de The Living Doll de George Dugdale et Peter Mackenzie Litten. Deux cinéastes aux carrières éphémères qui signèrent ensemble en 1985 le slasher Le jour des fous (Slaughter High), cinq ans avant de revenir avec l'un des films les plus dingues et les plus étonnants traitant de la nécrophilie. Un long-métrage que l'on ne rangera donc pas immédiatement dans la catégorie des films d'horreur puisqu'il s'agit d'abord d'un drame. Presque touchant, même. Dans lequel l'étudiant en thanatologie Howard (Mark Jax) est très amoureux de Christine (Katie Orgill), une très jolie jeune femme blonde qui à l'entrée de l’hôpital où il exerce vend des fleurs. Fasciné par cette beauté qu'il n'ose pourtant approcher, Howard va découvrir un jour que dans la morgue repose un cadavre fraîchement débarqué. En effet, après avoir assisté à une dispute entre Christine et son petit ami au sortir d'une boite de nuit le soir-même où il allait justement et courageusement l'aborder, Howard la découvre allongée dès le lendemain matin sur une table d'autopsie. Pour le jeune homme, c'est le monde qui s'écroule. Bouleversé, les larmes aux yeux, il n'a pourtant pas l'intention de laisser le sort lui dicter son comportement et déterre le soir-même le corps de Christine qui plus tôt dans la journée à été enterrée. Ramenant le cadavre chez lui, Howard va traiter la jeune femme comme si elle était sa petite amie et comme si elle était toujours en vie... Mais malheureusement, plus le temps passe et plus le corps de Christine se dégrade...


Si l'on était contraints de reconnaître que The Living Doll contient des visuels propres au cinéma d'horreur et d'épouvante, il s'agirait alors d'évoquer l'autopsie de Christine et la lente décomposition dont elle va être ensuite la victime et dont les réalisateurs ainsi que l'équipe de sept spécialistes en effets-spéciaux ne nous épargnent aucun détail. Le contraste est relativement saisissant s'agissant d'une Katie Orgill absolument magnifique dont le personnage, au fil du temps, se décompose à vue d’œil. Sa peau de satin bleuissant à mesure que s'égrènent les heures et les jours et le réseau sanguin affleurant sous son épiderme étant les prémices les moins répugnants puisque ensuite, certains fluides quittent l'organisme de Christine, conviant par la suite une multitude de larves du plus repoussant effet ! On sentirait presque l'odeur de putréfaction à travers l'écran ! Ce qui ne semble pourtant pas déranger Howard dont l'état de santé périclite aussi sûrement que sa bien-aimée se putréfie ! Comédie romantico-morbide, The Living Doll est une expérience pourtant moins dérangeante qu'elle n'y paraît. Et même si l'étouffant climat dans lequel baigne le sordide appartement de Howard ne fait rien pour arranger les choses, les quelques ''sorties'' majoritairement concentrées autour de la morgue où il rejoint son collègue ou celui qui assure leur formation à tous les deux permettent de souffler avant les retours incessants dans l'antre de cet amoureux transit d'un cadavre pourrissant. Les effets-spéciaux, aussi inattendu que cela puisse paraître face à l'impression de micro-budget qu'offre le film, sont de très bonne qualité. Aussi rares soient-ils, ceux-ci contenteront les amateurs de séquences gore. Pas trop mal incarné, surtout par son acteur principal, The Living Doll convie au sein de ce récit très étrange la star de la chanson afro-américaine Eartha Kitt qui incarne le rôle de la propriétaire de l'immeuble dans lequel vit notre héros. Chanteuse qui, pour anecdote n'ayant rien à voir avec le film en question, était l'idole de l'un des pires tueurs en série qu'ait connu notre pays. En effet, de son propre aveu, Thierry Paulin dit ''Le tueur de vieilles dames'' (condamné pour le meurtre de dix-huit d'entre elles mais soupçonné d'en avoir assassiné un nombre bien plus important) était fan de l'artiste américaine qu'il imitait lors de spectacles de transformismes...

 

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