Lorsque l'on évoque la
nécrophilie au cinéma, plusieurs genres s'affrontent. Il y a
d'abord ce mythe entourant cette déviance sexuelle qui voudrait que
certains longs-métrages pornographiques circuleraient sous le
manteau ou sur le Dark Web, mais qui donc à pu être témoin de
telles atrocités pour pouvoir en témoigner ? Il y a ensuite
ces films d'horreur dont la réputation repose en général davantage
sur l'exploitation d'une telle pratique que sur les qualités
intrinsèques des œuvres en question. On pense bien entendu au Froid
baiser de la mort (Il
Terzo occhio
) de Mino Guerrini, à Baiser macabre
(Macabro)
de Lamberto Bava, à Aftermath
de Nacho Cerdà, à Blue Holocaust
(Buio Omega)
de Joe D'Amato, au diptyque Nekromantik 1 &
2
de Jörg Buttgereit ou plus près de chez nous, à Lune
Froide de
Patrick Bouchitey, surtout dans sa version courte... Et puis, il
existe des exemples de fictions qui traitent du problème sans pour
autant appartenir ni à l'une ni à l'autre de ces deux catégories...
C'est ainsi qu'il devient délicat d'aborder le cas de The
Living Doll
de George Dugdale et Peter Mackenzie Litten. Deux cinéastes aux
carrières éphémères qui signèrent ensemble en 1985 le slasher Le
jour des fous (Slaughter
High),
cinq ans avant de revenir avec l'un des films les plus dingues et les
plus étonnants traitant de la nécrophilie. Un long-métrage que
l'on ne rangera donc pas immédiatement dans la catégorie des films
d'horreur puisqu'il s'agit d'abord d'un drame. Presque touchant,
même. Dans lequel l'étudiant en thanatologie Howard (Mark Jax) est
très amoureux de Christine (Katie Orgill), une très jolie jeune
femme blonde qui à l'entrée de l’hôpital où il exerce vend des
fleurs. Fasciné par cette beauté qu'il n'ose pourtant approcher,
Howard va découvrir un jour que dans la morgue repose un cadavre
fraîchement débarqué. En effet, après avoir assisté à une
dispute entre Christine et son petit ami au sortir d'une boite de
nuit le soir-même où il allait justement et courageusement
l'aborder, Howard la découvre allongée dès le lendemain matin sur
une table d'autopsie. Pour le jeune homme, c'est le monde qui
s'écroule. Bouleversé, les larmes aux yeux, il n'a pourtant pas
l'intention de laisser le sort lui dicter son comportement et déterre
le soir-même le corps de Christine qui plus tôt dans la journée à
été enterrée. Ramenant le cadavre chez lui, Howard va traiter la
jeune femme comme si elle était sa petite amie et comme si elle
était toujours en vie... Mais malheureusement, plus le
temps passe et plus le corps de Christine se dégrade...
Si l'on était contraints
de reconnaître que The Living Doll
contient des visuels propres au cinéma d'horreur et d'épouvante, il
s'agirait alors d'évoquer l'autopsie de Christine et la lente
décomposition dont elle va être ensuite la victime et dont les
réalisateurs ainsi que l'équipe de sept spécialistes en
effets-spéciaux ne nous épargnent aucun détail. Le contraste est
relativement saisissant s'agissant d'une Katie Orgill absolument
magnifique dont le personnage, au fil du temps, se décompose à vue
d’œil. Sa peau de satin bleuissant à mesure que s'égrènent les
heures et les jours et le réseau sanguin affleurant sous son
épiderme étant les prémices les moins répugnants puisque ensuite,
certains fluides quittent l'organisme de Christine, conviant par la
suite une multitude de larves du plus repoussant effet ! On
sentirait presque l'odeur de putréfaction à travers l'écran !
Ce qui ne semble pourtant pas déranger Howard dont l'état de santé
périclite aussi sûrement que sa bien-aimée se putréfie !
Comédie romantico-morbide, The Living Doll est
une expérience pourtant moins dérangeante qu'elle n'y paraît. Et
même si l'étouffant climat dans lequel baigne le sordide
appartement de Howard ne fait rien pour arranger les choses, les
quelques ''sorties'' majoritairement concentrées autour de la morgue
où il rejoint son collègue ou celui qui assure leur formation à
tous les deux permettent de souffler avant les retours incessants
dans l'antre de cet amoureux transit d'un cadavre pourrissant. Les
effets-spéciaux, aussi inattendu que cela puisse paraître face à
l'impression de micro-budget qu'offre le film, sont de très bonne
qualité. Aussi rares soient-ils, ceux-ci contenteront les amateurs
de séquences gore. Pas trop mal incarné, surtout par son acteur
principal, The Living Doll convie
au sein de ce récit très étrange la star de la chanson
afro-américaine Eartha Kitt qui incarne le rôle de la propriétaire
de l'immeuble dans lequel vit notre héros. Chanteuse qui, pour
anecdote n'ayant rien à voir avec le film en question, était
l'idole de l'un des pires tueurs en série qu'ait connu notre pays.
En effet, de son propre aveu, Thierry Paulin dit ''Le tueur de
vieilles dames'' (condamné pour le meurtre de dix-huit d'entre elles
mais soupçonné d'en avoir assassiné un nombre bien plus important)
était fan de l'artiste américaine qu'il imitait lors de spectacles
de transformismes...
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