Sous les oripeaux du film
américain incarné par des acteurs outre-atlantiques, Serpiente
de Mar (ou
Hydra, le monstre des profondeurs
chez nous) est pourtant bien un film d'origine espagnole. Comme ne
l'indiquent d'ailleurs pas forcément certains noms qui s'affichent
lors du générique du début, lequel intervient juste après une
séquence durant laquelle l'on assiste au largage d'une bombe
atomique par un avion de l'armée américaine au beau milieu de
l'océan Atlantique. Il ne faudra donc pas se référer à certains
des pseudonymes parmi lesquels Gregory Green et Gordon A. Osburn
appartiennent à un cinéaste hispanique bien connu des amateurs de
cinéma d'épouvante. En effet, derrière ces deux ''sobriquets'' se
cache un seul et même homme : le réalisateur et scénariste
espagnol Amando de Ossorio dont l’œuvre la plus connue reste
certainement sa tétralogie des Templiers dont il réalisa les quatre
volets entre 1971 et 1975. Serpiente de Mar
signe ainsi en 1985 la fin d'une carrière longue de trente-trois ans
et essentiellement reconnue grâce aux différentes incartades du
cinéaste dans les domaines de l'horreur, de l'épouvante et du
fantastique. Un dernier baroud, pas vraiment honorable, qui constitue
l'exemple type du film de monstre géant dont les origines ne
remontent pas au premier Godzilla
de Ishirō Honda et Tomoyuki Tanaka ni même au King
Kong
de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack puisqu'on peut notamment
découvrir les prémices d'un genre qui par la suite deviendra un
courant à part entière dans le film d'animation Gertie
the Dinosaur
que réalisa en 1914 l'américain Winsor McCay... Une fois le
générique arrivé à son terme l'on fait la connaissance des
protagonistes qui évolueront dans un contexte de film d'épouvante
sous-tendant la question de l'écologie et des répercussions que
peuvent avoir des essais nucléaires sur la faune marine. Si l'impact
de la radioactivité touche d'abord des bancs de poissons devenus
fluorescents, le véritable antagoniste du récit est donc cette
étrange créature, réveillée de son profond sommeil et dont les
dimensions laissent supposer qu'au contact des retombées
radioactives celle-ci a grossit dans des proportions démesurées. Le
héros se nomme Pedro Fontan (Timothy Bottoms), capitaine d'un
chalutier qui va connaître une énorme avarie lorsque Hydra, monstre
hideux, aux yeux globuleux et fait de caoutchouc, attaque
l'embarcation. Une créature conçue telle une marionnette se
promenant dans des maquettes afin de ressembler à ces immenses Kaiju
du cinéma japonais.
Alors
que les quatre membres de l'équipage qui l'accompagnent se méfient
de lui depuis que l'un d'eux (Jared Martin, dans le rôle du premier
officier Lemaris) a affirmé avant d'embarquer à bord du bateau que
Pedro fut responsable de la mort de son frère lors d'une précédente
sortie en mer, plusieurs hommes meurent, avalés par les
''terribles'' mâchoires de Hydra. Accusé par Lemaris d'être
coupable de la mort de certains membres de l'équipage, un procès
est ouvert s'agissant de reconnaître la culpabilité ou l'innocence
du capitaine. Le témoignage de Lemaris provoque de fortes retombées
sur Pedro qui perd ainsi son titre de capitaine et se voit interdit
de prendre les commandes de n'importe quelle embarcation !
Personne ne voulant le croire lorsqu'il affirme que le véritable
responsable est un énorme monstre surgit des profondeurs de l'océan,
Pedro décide de se lancer à la poursuite de la créature. Il
rencontrera sur son chemin Margaret (Taryn Power), laquelle fut à
son tour témoin de la mort de sa meilleure amie, littéralement
avalée par Hydra. Rejoints bientôt par le professeur Timothy
Wallace (l'acteur Ray Milland), ils vont tous les trois s'unir afin
de suivre la trace de l'horrible monstre qui semble se diriger vers
le continent africain... Si vous faites partie de ceux qui pensent
que les créatures et les décors des mythiques Kaiju Eiga du cinéma
japonais flirtent avec le ridicule, c'est que vous ne connaissez sans
doute pas encore Serpiente de Mar.
Car dans le genre l'on a rarement vue bestioles aussi grotesque. Si
l'on n'a pas d'idée précise concernant le budget, Amando de Ossorio
témoigna à plusieurs reprise avoir regretté que le financement
consacré aux effets-spéciaux fut largement insuffisant. C'est
d'autant plus dommage que le scénario n'est pas le plus mauvais qui
ait vu le jour concernant ce genre de production. Malheureusement,
aussi piteux soient la plupart des effets-spéciaux,
l'incarnation n'est elle aussi pas vraiment brillante. Dans sa
version originale l'on a en outre la curieuse impression que les
dialogues furent post-synchronisés de manière désastreuse. Ce qui
accentue le côté nanardesque du long-métrage d'Amando de Ossorio.
Et l'on parle là de la version originale et non pas du doublage en
français que l'on devine par avance aussi pittoresque. Évidemment
inspiré des œuvres de Ishirō Honda et de ses compatriotes nippons,
Serpiente de Mar
ne fait malheureusement pas le poids face à la concurrence...
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