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vendredi 5 décembre 2025

Hydra, le monstre des profondeurs d'Amando de Ossorio (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆


Sous les oripeaux du film américain incarné par des acteurs outre-atlantiques, Serpiente de Mar (ou Hydra, le monstre des profondeurs chez nous) est pourtant bien un film d'origine espagnole. Comme ne l'indiquent d'ailleurs pas forcément certains noms qui s'affichent lors du générique du début, lequel intervient juste après une séquence durant laquelle l'on assiste au largage d'une bombe atomique par un avion de l'armée américaine au beau milieu de l'océan Atlantique. Il ne faudra donc pas se référer à certains des pseudonymes parmi lesquels Gregory Green et Gordon A. Osburn appartiennent à un cinéaste hispanique bien connu des amateurs de cinéma d'épouvante. En effet, derrière ces deux ''sobriquets'' se cache un seul et même homme : le réalisateur et scénariste espagnol Amando de Ossorio dont l’œuvre la plus connue reste certainement sa tétralogie des Templiers dont il réalisa les quatre volets entre 1971 et 1975. Serpiente de Mar signe ainsi en 1985 la fin d'une carrière longue de trente-trois ans et essentiellement reconnue grâce aux différentes incartades du cinéaste dans les domaines de l'horreur, de l'épouvante et du fantastique. Un dernier baroud, pas vraiment honorable, qui constitue l'exemple type du film de monstre géant dont les origines ne remontent pas au premier Godzilla de Ishirō Honda et Tomoyuki Tanaka ni même au King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack puisqu'on peut notamment découvrir les prémices d'un genre qui par la suite deviendra un courant à part entière dans le film d'animation Gertie the Dinosaur que réalisa en 1914 l'américain Winsor McCay... Une fois le générique arrivé à son terme l'on fait la connaissance des protagonistes qui évolueront dans un contexte de film d'épouvante sous-tendant la question de l'écologie et des répercussions que peuvent avoir des essais nucléaires sur la faune marine. Si l'impact de la radioactivité touche d'abord des bancs de poissons devenus fluorescents, le véritable antagoniste du récit est donc cette étrange créature, réveillée de son profond sommeil et dont les dimensions laissent supposer qu'au contact des retombées radioactives celle-ci a grossit dans des proportions démesurées. Le héros se nomme Pedro Fontan (Timothy Bottoms), capitaine d'un chalutier qui va connaître une énorme avarie lorsque Hydra, monstre hideux, aux yeux globuleux et fait de caoutchouc, attaque l'embarcation. Une créature conçue telle une marionnette se promenant dans des maquettes afin de ressembler à ces immenses Kaiju du cinéma japonais.


Alors que les quatre membres de l'équipage qui l'accompagnent se méfient de lui depuis que l'un d'eux (Jared Martin, dans le rôle du premier officier Lemaris) a affirmé avant d'embarquer à bord du bateau que Pedro fut responsable de la mort de son frère lors d'une précédente sortie en mer, plusieurs hommes meurent, avalés par les ''terribles'' mâchoires de Hydra. Accusé par Lemaris d'être coupable de la mort de certains membres de l'équipage, un procès est ouvert s'agissant de reconnaître la culpabilité ou l'innocence du capitaine. Le témoignage de Lemaris provoque de fortes retombées sur Pedro qui perd ainsi son titre de capitaine et se voit interdit de prendre les commandes de n'importe quelle embarcation ! Personne ne voulant le croire lorsqu'il affirme que le véritable responsable est un énorme monstre surgit des profondeurs de l'océan, Pedro décide de se lancer à la poursuite de la créature. Il rencontrera sur son chemin Margaret (Taryn Power), laquelle fut à son tour témoin de la mort de sa meilleure amie, littéralement avalée par Hydra. Rejoints bientôt par le professeur Timothy Wallace (l'acteur Ray Milland), ils vont tous les trois s'unir afin de suivre la trace de l'horrible monstre qui semble se diriger vers le continent africain... Si vous faites partie de ceux qui pensent que les créatures et les décors des mythiques Kaiju Eiga du cinéma japonais flirtent avec le ridicule, c'est que vous ne connaissez sans doute pas encore Serpiente de Mar. Car dans le genre l'on a rarement vue bestioles aussi grotesque. Si l'on n'a pas d'idée précise concernant le budget, Amando de Ossorio témoigna à plusieurs reprise avoir regretté que le financement consacré aux effets-spéciaux fut largement insuffisant. C'est d'autant plus dommage que le scénario n'est pas le plus mauvais qui ait vu le jour concernant ce genre de production. Malheureusement, aussi piteux soient la plupart des effets-spéciaux, l'incarnation n'est elle aussi pas vraiment brillante. Dans sa version originale l'on a en outre la curieuse impression que les dialogues furent post-synchronisés de manière désastreuse. Ce qui accentue le côté nanardesque du long-métrage d'Amando de Ossorio. Et l'on parle là de la version originale et non pas du doublage en français que l'on devine par avance aussi pittoresque. Évidemment inspiré des œuvres de Ishirō Honda et de ses compatriotes nippons, Serpiente de Mar ne fait malheureusement pas le poids face à la concurrence...


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