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mercredi 1 mai 2024

Humane de Caitlin Cronenberg (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 


Après David Cronenberg et son fils Brandon, c'est désormais à la fille du premier et à la sœur du second de se lancer dans le grand format avec son tout premier long-métrage intitulé Humane. Après s'être fait la main sur les courts-métrages The Ending (avec Jessica Ennis) en 2018 et The Death of David Cronenberg (avec son père) en 2021, voici que la jeune cameraman et photographe canadienne s'émancipe et nous propose un premier véritable film dont le sujet semble à son tour très proche des univers dédiés aux sciences nouvelles chères aux deux autres illustres membres de sa famille. Sujet ô combien d'actualité, un affaissement d'ordre écologique pousse les dirigeants de notre planète à prendre de radicales décisions afin de réduite la population à l'échelle mondiale. Sous ses allures de téléfilm visuellement classieux, Humane cache la critique féroce d'une société qui emprunte moins à un univers dit dystopique qu'au monde tel que nous le connaissons aujourd'hui. Reposant sur un concept que d'autres avant Caitlin Cronenberg ont exploité à maintes reprises, Humane nous convie au sein d'une famille aisée dont le père invite ses enfants à un dîner afin de leur révéler la décision que sa compagne Dawn Kim et lui ont prise afin de les préserver d'une directive désormais imposée par les grands dirigeants de notre planète afin de pallier à une carence alimentaire mondiale. Écrit par Michael Sparaga, le long-métrage impose un rythme lent pour mieux laisser s'y glisser une effroyable ironie. Des effets néfastes découlant de la surconsommation mais plus sûrement d'un dérèglement climatique aux conséquences tragiques ne demeure à l'image que cette atmosphère cancérigène contraignant tout un chacun à se calfeutrer derrière des fenêtres et des pare-brises de véhicules ou sous des ombrelles sur lesquels sont soigneusement appliqués des films-plastique anti-ultraviolets... Pour le reste, l'action se situe exclusivement entre les murs de la luxueuse demeure du père, Charles York (Peter Gallagher) et de son épouse Dawn Kim (Uni Park), invitant Rachel (Emily Hampshire), Jared (Jay Baruchel), Noah (Sebastian Chacon), Ashley (Alanna Bale) et par extension Mia (Sirena Gulamgaus) à un repas à l'issue duquel le patriarche va faire une dramatique annonce : en effet, Dawn et lui ont accepté de participer à un programme d’euthanasie volontaire.


À l'issue du repas préparé par Dawn, un employé du DOCS (excellent Enrico Colantoni dans le rôle de Bob) se présente à la porte afin de mettre en place le protocole visant à euthanasier Charles et son épouse. Problème : Dawn s'est faite la malle. Et comme le veut l'engagement signé par les deux époux, en l'absence de l'un d'eux, l'un des enfants York va devoir accepter de prendre sa place... Et autant dire qu'au sein de cette famille terriblement dysfonctionnelle où en dehors du père chacun ne semble préoccupé que par sa propre existence, chacun, parmi Rachel, Jared, Noah et Ashley va tout faire pour éviter d'être celui ou celle qui prendra la place de la belle-mère ! Humane révèle en outre le contrôle total qui est exercé sur tous les membres de la famille dont la vie est systématiquement scrutée à la loupe avant d'être retranscrite sur des documents, révélant indirectement les travers de chacun. Un moyen scénaristiquement astucieux pouvant motiver ou non le sacrifice de l'un ou de l'autre de ses membres. Dans l'esprit d'un Festen de fin du monde, Caitlin Cronenberg parvient à s'extraire de l'esprit propre aux œuvres signées par son père et son frère pour se rapprocher de ces longs-métrages souvent humoristiques se terminant en guerre intestines entre membres d'une même fratrie ! Le cynisme avec lequel la réalisatrice traite ses personnages est tout simplement jubilatoire, la palme revenant sans doute à Jay Baruchel dans le rôle de l'opportuniste et individualiste Jared mais aussi et surtout à l'acteur Enrico Colantoni qui dans le rôle de l'employé du DOCS prénommé Bob présente une apparente bonhomie qui cache plus sûrement une immoralité et une amoralité qui se dégustent lors d'apparitions elles aussi fort réjouissantes. Dans l'esprit d'un Alex De La Iglesia exporté sur le territoire canadien, Humane part en roue libre s'avère être pour la carrière à venir de sa réalisatrice et de son scénariste, la promesse d'un avenir radieux...

 

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