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mardi 30 janvier 2024

Birth/Rebirth de Laura Moss (2023) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Le PREMIER long-métrage de la réalisatrice Laura Moss est aussi et surtout l'un des DERNIERS représentants d'une catégorie de films à laquelle les hypocondriaques et les Nosocomephobes ont souvent beaucoup de mal à se confronter : Le Body-Horror. Sous-genre du cinéma d'horreur qui trouve avec Birth/Rebirth l'un de ses plus récents et plus brillants représentants. Situant son action entre l’hôpital où travaillent ses deux principales interprètes et le domicile de l'une d'entre elles, le film risque au mieux de donner des boutons aux mâles qui se sentiraient rejetés par cette histoire dans laquelle leur présence est quasiment bannie et au pire causer des malaises chez tout individu, qu'il soit de sexe féminin ou masculin, réagissant assez mal lorsque l'organisme qui le constitue est à ce point maltraité. Quoique lorsque l'on évoque ici la tourmente physique dans laquelle certains personnages secondaires sont plongés, nous comprenons qu'il y va malgré tout de la survie d'une gamine ressuscitée après avoir perdu la vie à la suite d'une méningite bactérienne. Une thématique qui remonte à des temps anciens, lorsque la romancière britannique Mary Shelley fit publier pour la toute première fois en janvier 1818, son roman le plus célèbre intitulé Frankenstein ou le Prométhée moderne. Une œuvre littéraire mondialement célèbre qui connu d'innombrables adaptations cinématographiques parmi lesquelles les remarquables Frankenstein et La fiancée de Frankenstein de James Whale en 1931 et 1935 ainsi que télévisuelles à travers, notamment, l'excellente mini-série britanico-américaine, Frankenstein: la véritable histoire de Jack Smight en 1973. Birth/Rebirth, lui, se situe dans un contexte très contemporain, où le féminisme transpire par tous les pores. La réalisatrice et scénariste semble d'ailleurs ne pas s'en cacher puisque la quasi totalité de ses interprètes sont du même sexe. Une très grande majorité de femmes,donc, les hommes étant réduits à la part congrue comme ce personnage qui au départ accepte de se faire masturber par l'une des deux héroïnes dans les toilettes d'un pub irlandais ! Un acte pas si anodin qu'il y paraît puisque la jeune femme du nom de Rose Casper prélèvera la semence de l'homme afin de se l'inséminer une fois de retour chez elle. Le ton est donné. Ici, on ne rigole pas. L'humour n'ayant apparemment pas sa place, l'ambiance de Birth/Rebirth est relativement chargée, lourde, anxiogène et même parfois particulièrement morbide. Un constat appuyé par la pesante partition musicale d'Ariel Marx, d'ailleurs.


Quoi ? Oui, effectivement, encore une femme au compteur des artisans ayant propulsé cette énième relecture du classique littéraire de l'épouvante et du fantastique au rang de classique immédiat. À travers ce seul long-métrage, Laura Moss peut prétendre être le pendant féminin de l'immense réalisateur canadien David Cronenberg dont nous n'énumérerons pas la somme conséquente d’œuvres cultes ayant réussies à repaître tous les amateurs de Body-Horror depuis de nombreuses décennies. Si la relève semble avoir été prise par son propre fils Brandon, il faudra sans doute désormais compter sur Laura Moss. Ici, l'actrice Marin Ireland incarne l'employée d'une morgue se fournissant en matières placentaires afin de poursuivre d'étranges recherches. Vivant seule ou presque puisqu'à ses côtés se présente rapidement à l'image une truie prénommée Muriel, fruit de ses explorations médicales nées dans sa plus tendre enfance lorsqu'elle fut le témoin de la régénération de l'un des membres d'une étoile de mer. Depuis, la vocation de cette femme étrange et antisociale est de redonner la vie. C'est là qu'interviennent Celie Morales (l'actrice Judy Reyes) et sa fille Lila (A.J.Lister). La première est obstétricienne et accuse forcément très mal le décès de la seconde... qui disparaît alors de la morgue où elle fut prétendument transportée. Remarquant l'inquiétant comportement de Rose qui était chargée de faire transférer sa fille à la morgue, Celie va bientôt découvrir l'impensable : Lila se trouve allongée sur un lit, dans l'appartement de Rose, branchée à un respirateur artificiel ainsi qu'à une transfusion. Mieux : Lila n'est pas morte mais bien en vie comme en témoignent certains signes... Voici donc à quoi le spectateur devra s'attendre. Au manège incessant de deux femmes qui vont tout entreprendre afin de garder en vie la petite fille, quitte à transgresser l'éthique morale propre à leur profession. Si le personnage de Lila intervient ponctuellement, la réalisatrice s'intéresse surtout aux deux femmes. Totalement acquises à la cause du féminisme dont est empreint le long-métrage, Laura Moss et ses deux interprètes plongent leurs héroïnes dans un film à double tranchant. Entre beauté et monstruosité. Birth/Rebirth est d'une efficacité redoutable. Les scènes gore chirurgicales sont réalistes et bien que l'on puisse remettre en cause la technique employée par Rose Casper afin de mettre en place le protocole de renaissance, on se laisse totalement berner par cette excellente réinterprétation à la sauce ''féministe'' du mythe de Frankenstein...

 

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