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samedi 16 décembre 2023

Nuit d'or de Serge Moati (1976) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ainsi, à travers ce cycle, voulait s'exprimer un certain regard pour le cinéma français de l'étrange. Du plus profond de la nuit, cet art et ce goût si particulier pour la poésie et le surnaturel dont l'incommodante saveur fait parfois fuir même les spectateurs les plus endurcis. Dans une approche chronologique non ordonnée, l'invitation semble a priori séduisante mais fera sans aucun doute quelques déçus. Et pour commencer, Nuit d'or de Serge Moati. Oui, cet attentif spectateur de la vie politique qui ''osa'' consacrer un documentaire à l'ancien chef du Front National, ce journaliste et documentariste français, ce conseiller de François Mitterrand mais aussi, et cela est déjà plus surprenant, cet acteur que l'on découvrit notamment à l'âge de treize ans dans Les quatre cents coups de François Truffaut en 1959 ou dans Allons z'enfants d'Yves Boisset vingt-deux ans plus tard. Acteur de cinéma, certes, mais de télévision également. Comme dans la mini-série Sam, le pion de Patrice Martineau en 2002. Auteur de nombreux documentaires dont une bonne partie consacrée à la politique, a également réalisé un certain nombre de téléfilms ainsi que deux longs-métrages cinématographiques. Nuit d'or, donc, ainsi que Des feux mal éteints en 1994. Concernant le premier des deux, l'arrivée de Serge Moati dans le septième s'exprimait en grandes pompes en cette année 1976 qui vit les sorties de La meilleure façon de marcher de Claude Miller, de L'alpagueur de Philippe Labro, du Juge et de l'assassin de Bertrand Tavernier, du formidable Le Locataire de Roman Polanski, de Marie Poupée de Joël Séria ou de Calmos de Bertrand Blier, fils de Bernard Blier que compte justement parmi ses interprètes le long-métrage de Serge Moati. Une œuvre difficile à aborder, il est vrai mais qui au fond, colle assez bien avec l'éternelle ambiguïté que traînait derrière lui l'acteur allemand Klaus Kinski. Ici, l'interprète de cinq des plus grands films et d'un documentaires tous signés de son fascinant compatriote Werner Herzog entre 1972 et 1999 incarne Michel Fournier, membre d'une riche famille laissé pour mort mais revenu pour se venger de ceux qui avaient prévu de le faire assassiner.


Dans une ambiance feutrée, trouble et ''surnaturelle'', Serge Moati convoque pour l'occasion une sacrée brochette d'interprètes. Car outre Klaus Kinski et Bernard Blier (lequel, trois ans avant d'incarner l'inspecteur Morvandieu dans le chef-d’œuvre réalisé par son propre fils, Buffet Froid, interprétait déjà un rôle de flic apparemment inébranlable) l'on retrouve au générique des têtes aussi connues que celles de Charles Vanel, Maurice Ronet, Jean-Luc Bideau chez les hommes et Anny Duperey, Marie Dubois ou Catherine Arditi du côté féminin. Nimbé d'une photographie signée d'André Neau, Nuit d'or s'offre comme une succession de couches de peinture écaillée brisant l'apparente monotonie d'une famille aisée et d'un flic bien sous tous rapports et laissant apparaître une sordide histoire de meurtre. Ou plutôt, de tentative puisque le supposé fantôme de Michel Fournier ne se révélera finalement pas tel que l'on pouvait le supposer mais de retour après que son assassin supposé ait avoué n'avoir pas eu le courage de le tuer. Le mystère d'une œuvre provient, parfois, d'idées saugrenues plus que de l'atmosphère qui s'en dégage. Si dans le cas de Nuit d'or émane un climat pesant, brumeux et à la limite du rêve et plus certainement du cauchemar, la mise en scène, l'interprétation et le scénario restent sans doute les éléments les plus mystérieux de cette histoire qui de nos jours ne passionnera sans doute que les fans de fantastique à la française parmi les plus scrupuleux ! Dans un style théâtrale parfois très pompeux (l'incarnation hystérique de Klaus Kinski), Serge Moati signe une œuvre prédisposée à encadrer une soirée consacrée au cinéma hexagonal dans ce qu'il peut avoir de plus auteurisant. Chiant pour les uns, attractif pour les autres, on ne saisit pas forcément tout ce qu'il est pourtant important de savoir au sujet de ses personnages ou de l'intrigue. Reste que Nuit d'or demeure une expérience très particulière englobant tour à tour rejet et fascination. Ce que l'on a coutume de nommer Objet Filmique Non Identifié...

 

1 commentaire:

  1. Deux "r" à Mitterrand, bon sang... C'est comme ceux qui écrivent Mélenchon avec un "a"...

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