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lundi 4 décembre 2023

Accused de Philip Barantini (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Dans un même ordre d'idée que le glaçant Upon Entry de Alejandro Rojas & Juan Sebastián Vásquez, Accused du réalisateur britannique Philip Barantini entre dans la catégorie des œuvres paranoïaques post 11 septembre 2001 et autres attentats terroristes qui eurent lieu depuis un peu partout dans le monde occidental. Dans le cas de Accused les termes demeurent cependant un peu plus précis puisque c'est à la suite d'un attentat ayant eu lieu dans l'une des gares ferroviaires de Londres que le jeune Harri va être la cible d'hommes et de femmes près à le tuer pour venger la mort des quatorze victimes de l'explosion. La différence primordiale entre les deux longs-métrages étant que l'on sait pertinemment, et dès le départ, que le jeune homme est innocent. C'est installé bien confortablement chez ses parents qui lui ont laissé leur maison de campagne que Harri, jeune homme d'origine pakistanaise, découvre avec effroi qu'il est devenu le principal suspect de l'attentat. Rien ne prouve pourtant qu'il est coupable. Au compte-goutte mais avec une effroyable rigueur, le scénario de Barnaby Boulton et James Cummings détaille et retrace tous les aspects d'un dispositif menant à la ''déclaration de guerre'', voire même de ''mort'' à l'encontre d'un individu qui n'a absolument rien à se reprocher mais qui très rapidement va être dans le viseur d'hommes et de femmes ayant choisi de faire justice eux-mêmes. Tout commence par l'appel de sa petite amie qui le pousse à allumer la télévision et à regarder les chaînes d'information qui diffusent une image de lui prise à la gare de Londres avant qu'il ne prenne le train pour venir s'installer chez ses parents Isha et Ramesh Bhavsar. Suspect idéal, Harri est comme nombre de ses concitoyens, affublé d'une barbe et d'un teint hâlé qui pour beaucoup de monde est le signe d'une prédisposition au terrorisme. De cet amalgame dont se font l'écho celles et ceux qui nourrissent leur quotidien d'idées préconçues, Philip Barantini va alimenter son œuvre. Autant dire qu'en positionnant le spectateur en tant que témoin d'un malentendu dont les conséquences pourraient être mortelles, le réalisateur tape dans le mille et force ses auditeurs à un long moment de réflexion sur l'attitude à adopter dans ce genre de situation.


Seul, lâché par sa petite amie, victime des apparences, poursuivi par des adeptes de l'expédition punitive, que reste-t-il au héros sinon crier son innocence... ?


Plus que cette confusion qui exacerbe les esprits, Accused révèle aussi et surtout ce racisme galopant qui se déchaîne sur des réseaux sociaux transformés alors en outils de suspicion, de traque et d'enquête impitoyables ! Circulation de photos personnelles, recherche d'adresses, localisation, autant dire que Accused démontre s'il le fallait, le pouvoir d'Internet et des réseaux sociaux. Comme cela était déjà le cas avec Upon Entry, le long-métrage de Philip Barantini s'articule lui aussi autour de plusieurs actes. Après une première moitié très réussie qui comme nous venons de le voir s'opère à distance autour des réseaux sociaux dont les utilisateurs s'organisent et manigancent le projet d'aller rendre visite à Harri, la seconde partie risque en revanche d'être légèrement en deçà puisque Accused semble avoir le projet de virer au Home Invasion. Un concept qui n'est malheureusement pas tout neuf et dont les proportions en terme de tension vont être revues à la baisse. Non pas que le film ne soit pas en mesure de cultiver cet état d'angoisse qui pris très rapidement à la gorge le spectateur aussi bien que le héros mais lorsque l'on est coutumier des films basés sur le concept du Home Invasion, le visionnage régulier de ce genre de produits amoindri l'impact de ceux qui leurs succèdent. Mais ne nous méprenons pas, la suite des événement demeure malgré tout très efficace. Philip Barantini parvient à maintenir un certain niveau de stress en plongeant son protagoniste et ses assaillants dans l'obscurité de la demeure familiale. Porté par un Chaneil Kular dont la performance est pour beaucoup dans l'intérêt du long-métrage, Accused charrie sont lot de moments fort et de messages sous-jacents comme le racisme qui gangrène une partie de la population qui attend que la moindre étincelle ne s'allume pour exprimer sa haine de l'étranger et, pourquoi pas, passer à l'action sous couvert de causes déformées par les réseaux sociaux et les médias. Pas vraiment un pamphlet mais un très bon thriller...

 

1 commentaire:

  1. Y'aurait moins d'étrangers, y'aurait moins de racistes (sentiment présent chez tous les peuples, pas exclusif aux Occidentaux...)... Je me demande si Coluche ne l'a pas faite, celle-là... :-)

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