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vendredi 6 octobre 2023

Janghwa, Hongryeon (Deux sœurs) de Kim Jee-Woon (2003) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après les histoires de fantômes chinois et japonais, ce fut au tour de la Corée du Sud de mettre les pieds dans le plat. Si les uns furent affublés de vêtements amples et de l'étonnante capacité à voler dans les airs tandis que les autres furent dotés de longs cheveux noirs derrière lesquels se cachaient visages blêmes et yeux exorbités, on a droit ici à quelque chose de tout à fait différent ! Si Janghwa, Hongryeon (Ou Deux sœurs) de Kim Jee-Woon n'est pas le premier long-métrage sur le sujet provenant de Corée du Sud, il reste du moins l'un des plus efficaces et parmi les plus originaux. Plutôt que d'imiter les japonais Hideo Nakata ou Takashi Shimizu, Kim Jee-Woon préfère construire son film autour d'un personnage ''fantôme'' à la manière du chef-d’œuvre de Robert Mulligan, The Other (1972). Résultat, le film est parvenu à me faire sursauter à deux reprises. Ce qui en soit, est un véritable exploit. Mieux (ou Pire) : En usant d'un procédé vieux comme le monde : le Jump Scare ! Preuve que c'est parfois dans les plus vieilles recettes que l'on trouve matière à reproduire à l'identique ce qui fonctionnait naguère mais qui depuis des lustres semble apparemment être devenu inefficient. Si réduire le troisième long-métrage de Kim Jee-Woon au seul classique de l'épouvante des années soixante-dix serait déjà procurer à Janghwa, Hongryeon un statut particulièrement enviable, la comparaison ne s'arrête évidemment pas au twist, remarquable mais néanmoins très envisageable dès les premières minutes, qui intervient en milieu de parcours. Le film se divise en deux segments très nettement identifiables. La première partie se focalise essentiellement sur les deux jeunes filles qu'évoque le titre (l'original paraît quant à lui se référer à... leur surnom ?). Deux sœurs prénommées Soo-mi (Lim Soo-jung) et Soo-Yeon (Moon Geun-young) que leur père Moo-hyeon Bae (Kim Kap-su) et leur belle-mère Eun-joo Heo (Yum Jung-ah) accueillent chaleureusement chez eux. L'occasion pour le réalisateur et scénariste de faire montre de son talent en matière de mise en scène.


Un savant mélange entre schizophrénie et fantômes asiatiques...


La totalité de l'intrigue se déroulant dans la demeure du couple, c'est aussi l'occasion pour le décorateur Jo Geun-Hyeon et le photographe Lee Mo-Gae de mettre en place un environnement classieux dénotant une certaine aisance chez ses personnages. Toute la différence avec les protagonistes de Nakata et de Shimizu qui eux, vivent en banlieue dans des quartiers ouvriers. Cette première partie en dit peu sur les événements troubles qui se déroulent au sein de cette famille fraîchement reconstituée. Qu'est devenue la mère des deux filles ? Pourquoi l'une d'elles est-elle assaillie par des terreurs nocturnes ? Pourquoi la seconde se montre-t-elle si distante envers leur père ? Et puis, il y a cette difficile relation que l'une et l'autre entretiennent avec leur belle-mère... que Soo-mi traite avec méfiance depuis qu'elle l'a soupçonne de maltraitance envers sa sœur Soo-Yeon. Une première partie sympathique, sans plus. Dont on profite davantage de la bande musicale, des décors et des déplacements de caméra plus que de l'intrigue elle-même. Jusqu'à ce qu'intervienne une séquence de dîner on ne peut plus délirante, laquelle va déclencher toute une série de révélations plus folles les unes que les autres. Et c'est bien durant ces quarante ou cinquante dernières minutes (le film frôle les deux heures) que le spectateur retiendra véritablement son souffle. L'incarnation glaçante de l'actrice Yum Jung-ah mêlée de stupeur lorsque la vérité nous est révélée font de Janghwa, Hongryeon un petit classique du genre qui n'a absolument pas à rougir face à la concurrence japonaise. Cette même concurrence qui préféra sans doute brasser longtemps et inlassablement les mêmes concepts au mépris de toute nouvelle inspiration...

 

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