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samedi 28 janvier 2023

Jukaï : La forêt des suicides (Jukai Mura) de Takashi Shimizu (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Les fans de Takashi Shimizu et de cinéma d'épouvante japonais peuvent se réjouir car cette année devrait sonner le retour de l'auteur en 2000 du cultissime Ju-on avec le troisième volet de sa trilogie consacrée aux villages hantés. Débutée en 2019 avec Inunaki, le village oublié (Inunaki Mura), le second volet est sorti en 2021 sous le titre Jukaï - La forêt des suicides (Jukai Mura). Reposant sur une authentique et très longue séries de suicides se déroulant régulièrement depuis des années dans la forêt de Aokigahara située au pied du Mont Fuji, le film met en scène Hibiki (l'actrice Anna Yamada), jeune adolescente désociabilisée vivant avec sa sœur Naki et son beau-frère. Un soir, alors qu'elle assiste à la retransmission en direct d'une vidéo filmée par une youtubeuse, Habiki est témoin de sa disparition. Tout comme un certain nombre de fidèles de sa chaîne, l'adolescente reçoit la visite de la police qui l'interroge à ce sujet. Un événement qui intéresse apparemment peu Takashi Shimizu puisque l'on a droit à l'une des nombreuses ellipses qui vont avoir lieu durant ce récit de presque deux heures. Écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Daisuke Hosaka (les deux hommes ont débuté leur collaboration sur le court-métrage NightCry en 2015), le scénario de Jukaï - La forêt des suicides s'avère relativement complexe. Si le long-métrage évoque fort logiquement les légendes qui entourent les suicides se déroulant dans la forêt Aokigahara (réputée pour abriter des sédiments rocheux qui absorbent les sons, l'ambiance y est anxiogène et le sentiment d'abandon particulièrement prégnant), le réalisateur et son scénariste ajoutent quelques éléments supplémentaires comme cette étrange boite découverte par la famille de Hibiki sous les fondations de leur demeure lors de leur emménagement. Ou encore cette fantaisie qui veut qu'en un temps reculé furent sacrifiés des habitants de basse condition afin d'apaiser les Dieux régnant sur cette forêt. L'autre fait qui cette fois-ci semble être véridique est la raison pour laquelle hommes et femmes choisissent ce lieu pour se suicider. Il serait en effet assez peu évident de retrouver leur corps tant la forêt s'avère dense. Un concept que Takashi Shimizu reprend à son compte en lui offrant une forme véritablement concrète puisque sa forêt va bientôt prendre vie... Une symbiose entre la végétation et le corps des suicidés donnant lieu à quelques séquences visuellement délirantes...


L'un des principaux soucis avec Jukaï - La forêt des suicides, outre le fait que le film soit tant et si bien alambiqué qu'il contraint d'observer un maximum d'attention devant son écran, c'est sa durée... et donc son rythme. On imagine d'ailleurs assez bien à quoi aurait ressemblé le long-métrage si Takashi Shimizu n'avait pas tant abusé des ellipses... Peut-être aurions-nous eu droit à un film de trois heures !!! De plus, et ça n'est pas faire volontairement preuve de critique envers le peuple asiatique en général et les japonais en particulier mais force est de reconnaître qu'il est parfois compliqué de distinguer tel ou tel personnage sans le confondre avec un autre. Est-ce un manque d'attention ? Peut-être... Les japonophiles reconnaîtront à peine ce qui distingue le pays dont est originaire le film de l'Occident puisqu'en dehors de certaines habitations, les personnages, dans Jukaï - La forêt des suicides, parcourent des espaces souvent impersonnels. L'on espère alors très vite découvrir cet endroit mystérieux cité à de nombreuses reprises et que l'on espère aussi inquiétant que le village du précédent volet Inunaki, le village oublié. Tournant autour d'une petite poignée de personnages gravitant eux-mêmes autour de la très jolie Hibiki, le film fait appel au don d'ubiquité, confondu ici avec la schizophrénie. Ce qui donne lieu à quelques séquences qui marqueront les esprits des fans du réalisateur, lequel semble toujours prompt à faire marcher son imaginaire à plein régime. Nous ne sommes en effet pas prêt à oublier cette séquence nocturne lors de laquelle l'adolescente arpente les pièces de son appartement, entourée de revenants. Ou plus tard, ces visions parfaitement démentielles situées dans le fameux village, avec ses ''Freaks'' mi-humains, mi-végétaux ! Si Jukaï - La forêt des suicides est objectivement inférieur au premier volet de cette trilogie qui devrait fort logiquement se conclure cette année, l’œuvre demeure tout de même assez mémorable. Mettons-nous à rêver d'une version allégée de tout un tas de séquences ou de plans inutiles... Notons que la partition musicale est l’œuvre du compositeur Takashi Ohmama, lequel signe ici un véritable opéra de la peur...

 

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