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vendredi 15 juillet 2022

Perfectos Desconocidos de Alex De La Iglesia (2017) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Rendons à César ce qui lui appartient et sur une échelle de dix points, osons placer Perfetti Sconosciuti de Paolo Genovese au sommet de la pyramide. En 2016 sortait cette excellente comédie italienne situant son action lors d'un dîner entre amis. Lesquels acceptèrent tous de déposer leur téléphone portable au milieu de la table afin d'étaler au grand jour chaque message et chaque appel qu'il allaient recevoir durant le cours de la soirée. Le film devient un véritable phénomène puisque non content d'être extrêmement divertissant et parfois même étonnamment émouvant, il a surtout été par la suite l'objet de nombreux remakes à travers le monde, détenant ainsi le recors dans le domaine avec plus de vingt adaptations. En France, le réalisateur Fred Cavayé l'adaptera sous le titre Le jeu que l'on placera sur la fameuse échelle qualitative, au sixième ou au septième rang. Sympathique, mais nettement moins surprenant que l'original. D'autant plus que l'émotion qui se dégageait notamment d'une séquence au téléphone entre un père et sa fille disparaît totalement de la version hexagonale. La Russie, la Chine, l’Égypte, la Corée du Sud, ou encore la Pologne ou la Turquie ont toutes apporté leur contribution personnelle à cette histoire écrite à l'origine par Paolo Genovese lui-même. L'Espagne n'étant pas la dernière à s'y être attelée, c'est le réalisateur Alex de la Iglesia qui avec Perfectos Desconocidos a lui aussi à son tour offert sa vision personnelle du concept. Cinéaste passionnant depuis les tout débuts de sa carrière, spécialiste de la comédie bon enfant flirtant dangereusement avec l'humour trash, on a avec lui l'habitude des débordements. Il est donc particulièrement intéressant de découvrir ce qui à ce jour demeure son avant dernier long-métrage. Perfectos Desconocidos, c'est bien évidemment tout d'abord le plaisir de retrouver le réalisateur espagnol qui la même année (2017) avait déjà réalisé la comédie post-apocalyptique El Bar. Œuvre mésestimée pourtant bourrée de qualités, et typique du cinéma parfois outrancier de l'auteur du Jour de la bête, de Mes chers voisins ou du Crime farpait. C'est aussi celui de redécouvrir à l'écran l'acteur Eduardo Noriega qui fut pratiquement découvert par le réalisateur espagnol Alejandro Amenábar grâce à son formidable Tesis en 1996 et que l'on retrouvera notamment cinq ans plus tard dans l'excellent L'échine du diable de Guillermo Del Toro...


D'emblée, le ton de la version espagnole semble un brin plus cru. Dans les actes mais aussi et surtout dans la parole. Ce qui n'empêche pas les dialogues d'être particulièrement inspirés. Plus crus mais néanmoins aussi vivaces que ceux de l’œuvre originale, les échanges verbaux ne laissent aucun répit aux spectateurs qui assistent avec délectation à cette partie de ping pong sans temps morts. On retrouve une partie des personnages de Perfetti Sconosciuti, et notamment Pepe, le seul ''célibataire'' de la soirée dont l'importance est aussi considérable que celle des différents hôtes qui constituent la tablée. Manque à l'appel l'excellent Santiago Segura, acteur plus ou moins fidèle du réalisateur espagnol depuis son premier long-métrage Action mutante en 1993. C'est d'ailleurs là l'une des spécificités de Perfectos Desconocidos dans lequel on ne retrouve aucun des interprètes qu'Alex de la Iglesia emploie généralement tour à tour. En reprenant un concept existant, le réalisateur fait peau neuve mais la question que les fans du cinéaste se posent alors est celle-ci : sera-t-il parvenu à s'approprier le récit du film italien pour faire sien le script d'origine ? Chose peu évidente si l'on tient compte du fait que Perfetti Sconosciuti produit tellement d'arguments et avec une telle profondeur qu'il semble à lui seul avoir tout dit. C'est là que le talent d'écriture d'Alex de la Iglesia entre alors en jeu. Plutôt que d'applquer stricto sensu le scénario de Paolo Genovese, l'espagnol en modifie donc le ton ainsi que de nombreux dialogues. L’éclipse tant attendue de la Pleine Lune, source de conflits, semble ici à l'origine de phénomènes qui dépassent la compréhension humaine. Chiens prêts à s'affronter quelques étages plus bas, véhicules qui entrent en collision. Il y a bien là un événement inexplicable qui est en train de se produire ! Pour le reste, Alex de la Iglesia nous régale en exhibant l'une de ces réunions entre amis qui tournent en eau de boudin. Entre trahisons, révélations et quiproquos, le film élude la complexité de mettre en scène un remake et signe une excellente alternative. Drôle, Perfectos Desconocidos ne compte pas les dépenses en calories de ses interprètes qui tous offrent le meilleur spectacle possible. Pourtant réduit au seul appartement de ses hôtes, le réalisateur exploite à merveille tout l'espace mis à sa disposition. Et contrairement au long-métrage de Fred Cavayé, celui de l'espagnol parvient à faire oublier le temps de la projection qu'il fut d'abord le remake d'une petite merveille de comédie italienne... Moins trash et survolté qu'à l'habitude, on retrouve cependant dans Perfectos Desconocidos, la touche ''De la Iglesia''...

 

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