Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


lundi 30 mai 2022

Suprêmes d'Audrey Estrougo (2020) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Faut-il aimer le rap pour apprécier à sa juste valeur le dernier long-métrage de la réalisatrice, scénariste et productrice française Audrey Estrougo ? Fallait-il en son temps aimer la musique romantique pour apprécier Litzomania de Ken Russell ? Edith Piaf pour s'incliner devant La môme d'Olivier Dahan ? Claude François pour redécouvrir l'une des plus grandes stars de la variété française à travers Cloclo de Florent Siri ? Ou Queen pour courber l'échine devant Bohemian Rhapsody de Bryan Singer ? Ces quelques exemples parmi tant d'autres tendraient à confirmer l'hypothèse selon laquelle l'indifférence ou le rejet vis à vis d'un chanteur ou d'un groupe n'a aucune incidence sur le potentiel intérêt d'une œuvre de type biopic musical. Sauf qu'en la matière, NTM et ses deux principaux membres Didier Morville et Bruno Lopes fascinent peut-être davantage que des pointures de la musique qui en comparaison peuvent leur paraître bien supérieurs en terme de carrière. On peut donc répondre à la première question par non. Rien ne contraint moins le néophyte à fuir l'art du Rap et du Hip-Hop ici exprimé à travers le long-métrage Suprêmes sorti sur les écrans de cinéma le 24 novembre 2021 si ce n'est le contexte social actuel dont nous rabâchent les oreilles les presses écrites et télévisuelles et auquel on ne peut ici, échapper. Car déjà, en 1989, à cette époque où tout va véritablement démarrer pour ceux qui bientôt seront connu sous les alias JoeyStarr et Kool Shen, la jeunesse s'éveille déjà et bouillonne de ce désir de justice qui malheureusement comme toujours et plus que jamais aujourd'hui, provoque amalgames, incendies, affrontements, larmes et sang. Ici, les mots guérissent les maux, armes pas tout à fait inoffensives qui depuis, ont fait couler beaucoup d'encre...


Que l'on apprécie ou pas le son et les paroles de NTM, que l'on comprenne ou pas leurs textes, leur portée, ou que l'on déteste l’électron libre JoeyStarr, les légendes du rap français originaires du 93 ne laissent pas grand monde indifférent. Suprêmes provoquera sans doute la curiosité de certains et l'engouement des fans, mais là où pèche malgré lui le concept, c'est justement par l'absence de ses authentiques représentants que son ses deux leaders. En effet, rien ne vaut mieux, rien ne surpasse le documentaire réalisé par Alain Chabat Authentiques :Un an avec le Suprême en 1998. Celui-là même qui durant un an a suivi l'un des deux plus célèbres groupes de rap français (avec IAM), de leurs répétitions au studio Pee Wee d'Aubervilliers jusqu'à leur concert au Zénith de Paris. Ce qui fait défaut, c'est donc l'absence de ses deux charismatiques représentants. Sandor Funtek et Théo Christine ont beau tout tenter pour faire illusion, mais la magie du cinéma ne fonctionne pas. Ou si peu. Car la réalisatrice semble davantage être préoccupée par le contexte social déjà mis en place à l'époque que par le groupe lui-même. Aussi enragés et indescriptibles que peuvent paraître parfois les textes des deux garçons que le film décrit par contre parfois très justement, Audrey Estrougo semble souvent perdre le contrôle de son œuvre, laquelle paraît avoir été abandonnée à une bande d'adolescents ingérables. Suprêmes manque de cohésion, multiplie les ellipses à la manière d'une compilations d'événements montés à l'arrache. Si Sandor Funtek ressemble étonnamment à Kool Shen, si quelques séquences comme l'affrontement entre JoeyStarr et son père (l'acteur Jean-Louis Loca) convainquent et si la sauvagerie des premières ''scènes'' sur lesquelles le groupe va monter retranscrivent la chaude atmosphère des débuts, il y a peu de chance pour que Suprêmes parvienne à rameuter de nouveaux adeptes parmi les fans de NTM ! Sans doute l'un des plus mauvais biopics de ces deux dernières décennies et un hommage raté à l'un des plus fameux groupes de rap hexagonaux...

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...