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vendredi 20 mai 2022

Shining Sexe : la fille au sexe brillant de Jess Franco (1976) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 



 

6 heures du mat'. Après une nuit de travail harassante, une bonne douche et au lit. Mais comme en général le sommeil a du mal à venir, je me dis qu'avant de ronfler à en faire trembler les murs, je vais continuer le cycle que j'ai prévu de consacrer au cinéaste espagnol Jess Franco... Je ne sais pas comment je vais réussir à faire croire à ma compagne que j'ignorais qu'il s'agissait d'un film oscillant entre érotisme, pornographie et science-fiction sachant que le film s'intitule Shining Sexe : La fille au sexe brillant ! Je savais que Jess Franco parsemait pas mal de ses œuvres de plans érotiques somme toute très sages. Mais lorsqu'il passe à la vitesse supérieure en exhibant des vagins imberbes et béants, on se retrouve clairement dans une autre dimension. Des sexes rasés en veux-tu, en voilà... Chose qui me semble relativement inattendue puisque dans mes souvenirs d'adolescent ayant fait ma propre éducation sexuelle devant des pornos qu'un pote nous invitait à découvrir mes camarades de classe et moi, les Marilyn Jess, les Brigitte Lahaie et autres Tracy Lord étaient dotées de toisons généreuses ! Passé ce détail... pubien, venons-en au fait. Et le fait, justement, est que ce qui devait être une œuvre de science-fiction l'est en de si petites proportions que cela ne sautera pas immédiatement aux yeux. En réalité, Shining Sexe : La fille au sexe brillant est simplement l'un des plus mauvais films érotiques de la Création. Ce cochon de Jess Franco y use et abuse de l'apparente légèreté d'esprit de sa compagne Lina Romay pour l'employer ici comme d'un pantin. Ou plus justement, comme d'une poupée gonflable à laquelle aurait été insufflée la vie. La pauvre passe le plus clair de son temps dans une nudité complète, le corps huilé d'une substance graisseuse qui aura cependant son utilité...


D'emblée, la strip-teaseuse Cynthia (qu'incarne donc l'actrice d'origine espagnole) fait son show devant des spectateurs. Simplement vêtue d'une sorte de pagne constitué de centaines d'anneaux dorés, la jeune femme ne cache rien de ses atouts féminins avant d'aller s'asseoir à la table d'un drôle de couple. Une danse pénible avoisinant les sept minutes ! Une fois rhabillée, on se rend compte de la beauté et surtout, de la fragilité de la principale interprète du long-métrage. Débarquant vêtue d'une robe au décolleté plongeant, Lina Romay ne peut s'empêcher de jeter plusieurs regards vers la caméra. Mais vu le prix de la bobine, pas question pour Jess Franco de retourner la scène. Les spectateurs se démerderont avec ça ! Dès lors, la miss raconte son expérience à l'étranger dans le domaine du sexe et précise qu'elle fut contrainte de rentrer en Europe car un type voulait la kidnapper. On apprend donc que Cynthia serait méfiante ? C'est bien ! Sauf qu'à peine quinze secondes plus tard, cette même Cynthia accepte de suivre l'étrange couple chez lui. Étrange car l'on ne peut pas dire que l'attitude d'Alpha (l'actrice française Evelyne Scott) et d'Andros (qui n'a rien à voir avec une célèbre marque de jus de fruits mais qui est par contre interprété par Raymond Hardy) soit des plus encourageante. Leur mission : recouvrir le corps de Cynthia d'une substance au contact de laquelle les hommes qui oseront s'aventurer en elle périront !


Ouais, bon, pas TOUS les hommes non plus, vu qu'Andros pratiquera à plusieurs reprises des attouchements sur la jeune femme en justifiant de son immunité, comme de bien entendu. Shining Sexe : La fille au sexe brillant est.... comment dire.... érotique, oui ! Pornographique, oui, parfois ! Mais il est surtout expérimental. Probablement sous acides, Jess Franco (qui de surcroît assure le rôle du professeur Seward, un type vraiment pas net et en fauteuil roulant) a écrit (faut le dire vite) un scénario que se sont empressé d'adapter Pierre-Claude Garnier et Daniel Lesoeur. Le résultat ne se fait pas longtemps attendre. C'est le délire total, incohérent, indescriptible, incompréhensible. On a l'impression parfois d'un film d'art et d'essai basé sur des discours sans queue ni tête, vomis par des acteurs qui n'ont d'interprète que le nom. Jess Franco cadre ces derniers à l'arrache (incompréhensible lorsque l'on sait qu'il est capable de se donner les moyens de mettre en scène ses interprètes), zoome et dézoome à donner des hauts le cœur, multiplie les scènes érotiques, violant carrément de l'objectif sa compagne qui se laisse faire sans jamais broncher. Ça en devient même parfois très gênant tant elle et les autres semblent avoir été mis sous hypnose avant d'être jetés dans la fosse au lion. Le cul y est fadasse, ennuyeux, même pas excitant. Les acteurs baisent avec autant de motivation que des ouvriers travaillant à la chaîne. Le scénario tient sur un ticket de métro. La mise en scène et l'interprétation sont inexistantes. On aura rarement vu si peu d'expression sur les visages. Complètement perché, Shining Sexe : La fille au sexe brillant part dans tous les sens au point qu'il nous arrachera quelques sourires indignés. Dans l'immense filmographie de Jess Franco, celui-ci fait partie du bas du panier. Un panier percé de surcroît. Si vous survivez ou gardez l’œil ouvert sans vous assoupir ne serait-ce qu'une poignée de secondes, alors vous pourrez enchaîner avec Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman. Sans doute l'un des rares films à se situer un cran en dessous de celui de Jess Franco...

 

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