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samedi 28 mai 2022

Los Ojos Siniestros del Doctor Orloff de Jess Franco (1973) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Qu'il ait agit sous son véritable nom ou sous couvert de l'un de ses nombreux pseudonymes, le réalisateur espagnol Jesús Franco fut un artiste complet. Qu'on l'aime ou pas, son œuvre ne peut laisser indifférent. Que le rejet soit massif ou l'admiration sans bornes. Réalisateur, scénariste, il a composé la bande musicale de bon nombre de ses propres longs-métrages également sous pseudos. Parmi lesquels, un certain Pablo Villa. Ou encore, David Khunne, sous lequel il a produit l'une de ces créations immédiatement reconnaissables. Ce son d'orgue joué par un musicien qui en la matière semblait ne l'être que par le nom. Ou quand lorsque l'on ne connaît rien en matière de solfège et qu'on laisse faire le hasard. Trois notes au compteur, créant une ambiance tantôt trouble, tantôt psychédélique, tantôt cotonneuse. Pas de quoi se lever le matin en se disant qu'il faudrait se procurer d'urgence l'intégrale de ses compositions mais un marqueur, une valeur sûre permettant d'affirmer que l'on est bien chez l'auteur de plus de deux-cent longs-métrages en cinquante-six ans de carrière. Les plus réfractaires argueront qu'en autant d'années de labeur, le bonhomme n'aura engendré aucun chef-d’œuvre, aucun classique du septième art. Ses fans, eux, invoqueront par contre le fait qu'il aura tout de même réussi à pondre des films cultes par dizaines, quelles que soient leurs qualités et les moyens mis à disposition de leur auteur. Mais si l'on veut demeurer tout à fait objectif, force est de reconnaître que parmi ces derniers, nombreux sont ceux qu'il reste inenvisageable de garder au chaud pour une soirée entre potes. Le genre de rendez-vous consistant à leur faire découvrir l'une des légendes bis, voire Z, du cinéma espagnol. À moins que... à moins qu'après quelques verres... un peu d'herbe ou l'emploi d'inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine, qui sait... pourquoi pas !


Mais revenons à l'essentiel. L'objet de ce nouveau délit. L'un de ces treize Objets Filmiques Non Identifiés que Jess Franco réalisa en cette seule année 1973. Ce Los Ojos Siniestros del Doctor Orloff que l'on pourrait croire sorti du même imaginaire que celui de l'auteur des Chasses du comte Zaroff (nouvelle du scénariste et écrivain Richard Connell écrite en 1924) mais qui n'entretient en réalité de rapport avec celui-ci qu'à travers les trois dernières lettres qu'ils partagent en commun ! Le roi du zoom revient donc en 1973 avec sa vision de ce que l'on pourrait comparer à une télénovelas psychédélique sur fond d'intrigue familiale et (à minima) policière. De la bouche même du domestique d'une famille aisée, un certain Albert Mathews qu'interprète l'acteur José Manuel Martín, le patriarche était un gentleman. Depuis décédé, Albert a pris le parti de protéger la fille de son ancien employeur, Melissa (l'actrice Montserrat Prous) des hypothétiques attaques extérieurs ou internes. D'autant plus que les vautours n'ont pas tardé à voler autour de cette jeune proie aussi fragile que docile depuis la disparition de son père, clouée dans un fauteuil roulant et méconnaissant les intentions des quelques ''personnalités'' qui gravitent autour d'elle. Et parmi celles-ci, un certain Docteur Orloff qu'incarne l'acteur australien William Burger, dont la ressemblance avec le chanteur français Nino ''Gaston y a l'téléfon qui son''Ferrer est parfois troublante...


Second volet d'une trilogie complétée par Gritos en la Noche en 1962 et El Siniestro Doctor Orloff en 1984, Los Ojos Siniestros del Doctor Orloff met donc en scène William Burger dans le rôle titre qu'interprétait avant lui et se réappropriera à nouveau dans les années quatre-vingt l'acteur allemand Howard Vernon. Ses deux complices, qui s'avèrent être la tante Martha et la demi-sœur Flora de la jeune Melissa sont quant à elle respectivement interprétées par les actrices Loreta Tovar et Kali Hansa. Trahison et manipulation sont au cœur d'une intrigue dont le but particulièrement lucratif est de mettre la main sur la fortune de la principale héritière de la famille Comfort. Heureusement que le voisin de la famille (un musicien) passait par là car l'inspecteur responsable de l'enquête, un certain Crosby (l'acteur Edmund Purdom) est d'un ''je-m’en-foutisme'' assez sidérant ! Hypnose, emprise, contrôle de la pensée, somnambulisme, meurtres... on se dit qu'avec un tel tribu, le film a de quoi satisfaire les amateurs de machinations policières. Sauf qu'entre les mains de Jess Franco, le tout s'avère en fait relativement fade. Pas une goutte de sang, pas une épaule dénudée, et des séquences parfois très mal fichues (comme cette brume apparaissant en insert mais demeurant cependant non dénuée d'un certain magnétisme). William Burger n'aurait pas pu être plus figé dans son interprétation s'il avait eu le malheur de tomber dans un bain de botox. Si l'on a vu bien pire chez le cinéaste espagnol (qui fait ici une éphémère apparition dans le rôle de Lord Comfort), Los Ojos Siniestros del Doctor Orloff s'avère tout de même soporifique...

 

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