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samedi 16 avril 2022

Kaidan de Hideo Nakata (2007) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En plus de vingt-cinq ans, le réalisateur japonais Hideo Nakata s'est constitué une filmographie que les amateurs de J-Horror peuvent apprécier pour les quelques fulgurances qui l'ont émaillée. On pense notamment à Ringu de 1999. Premier volet d'une franchise qui n'a cessé de faire des petits jusqu'à même s'exporter aux États-Unis. Mais peut-être plus encore à Honogurai Mizu no Soko Kara datant de 2002, LE chef-d’œuvre du cinéaste connu sur notre territoire sous le titre Dark Water. Une œuvre qui elle aussi connu un remake de l'autre côté de l'Atlantique pour un résultat insipide. Un long-métrage qui au delà de son seul aspect fantastico-horrifique laissait une empreinte véritablement marquante dans l'esprit des spectateurs. Comme une fin de journée automnale pointant le bout de son nez avant que ne vienne s'y greffer un événement tragique. C'est un peu le sentiment qui se dégage de Kaidan que Hideo Nakata entreprendra en 2007. Film qui foudroie bien davantage par sa beauté formelle que par son approche de l'angoisse et de la peur qui elles, s'inscrivent finalement moins dans le caractère fantastique du récit que dans l'épreuve subie par son principal personnage. S'ouvrant sur une introduction longue et filmée en noir et blanc qui n'apporte finalement rien de fondamental à la tragédie qui va suivre, Kaidan met en scène l'acteur Kikunosuke Onoe dans le rôle de Shinkichi. Jeune homme à la beauté qui attire toutes les femmes qui le croisent. Descendant d'un couple dont le mari a tué son épouse avant de se donner la mort, ce jeune vendeur de tabac itinérant croise un jour la route d'Oshiga (l'actrice Hitomi Kuroki), une professeur de chant qui tombe immédiatement sous le charme de Shinkichi et invite le jeune homme à s'installer chez elle. Problème : leur différence d'âge. Au village, tout le monde parle de ce couple mal assorti. Lui est timide et réservé tandis qu'elle commence à montrer des signes de jalousie. Faisant le vide autour d'elle, Oshiga provoque un soir une dispute entre elle et l'homme qu'elle aime. Une bagarre s'ensuit et Shinkichi la blesse involontairement à la paupière gauche. Malheureusement pour Oshiga, la plaie s'infecte et malgré les traitements, elle finit par mourir après avoir laissé un inquiétant message à l'adresse de Shinkichi...


''Si tu aimes d'autres femmes,je tuerai chacune d'elles. Ne l'oublie jamais...''


Contrairement aux autres films cités plus haut, Kaidan ne situe pas son intrigue dans un univers contemporain mais remonte au temps du Japon Féodal. D'ailleurs, le film ressemble finalement assez peu à ce à quoi nous avait jusque là habitué le réalisateur même si l'on y retrouve la même sensibilité que lors de Honogurai Mizu no Soko Kara. Ici, l'effroi vient tout autant de l'extrême noirceur du propos que de son approche esthétique parfois éblouissante que vient appuyer l'envoûtante partition musicale du japonais Kenji Kawai. Un compositeur que connaît bien Hideo Nakata puisqu'il fut l'auteur de celles de ses deux grands classiques de la J-Horror. Il semble y avoir parfois tant de naïveté dans la mise en scène, dans l'interprétation et dans certains décors que l'ensemble évoque à l'occasion le Kabuki, ce théâtre japonais traditionnel dans lequel s'inscrit d'ailleurs furieusement la séquence d'introduction. Pourtant, nul ne pourra nier le talent de metteur en scène et de monteur de Hideo Nakata dont le découpage est ici souvent remarquable. La photographie de Jun'ichirō Hayashi offre à Kaidan un sens de l'irréalité qui subjugue souvent. Œuvre hommage à tout un pan de la culture cinématographique japonaise (au hasard l'on évoquera le saisissant Onibaba les Tueuses de Kaneto Shindō réalisé en 1965 et ses marécages dont semblent s'inspirer ceux de Kaidan. D'un point de vue strictement horrifique, le film de Hideo Nakata pourra laisser perplexe. Rares sont les occasions de sursauter et encore plus sporadiques sertont celles d'avoir réellement peur. Le sursaut intervient grâce (ou à cause) au concept de Jump Scare dont l’efficience atteint malheureusement le degré zéro. Beau comme l'un de ces fameux films érotiques japonais sortis dans le courant des années soixante-dix sans pour autant déborder sur le sujet (L'Empire des sens de Nagisa Ōshima et consorts), Kaidan est surtout une tragédie réellement poignante qui nous abandonne aux abord des marécages en question, là où Hideo Nakata filmera sans doute l'une des séquences les belles, les plus tragiques et les plus folles de toute sa filmographie...

 

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