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lundi 5 avril 2021

Elle s'appelait Scorpion (Joshū sasori: Dai-41 zakkyo-bō) de Shun’ya Itō (1972) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Nami Matsushima n'aura su conserver sa liberté qu'un court instant. Tout juste le temps d'assouvir sa vengeance puis, retour au bercail. Dans ce second volet de la saga de La femme Scorpion, le réalisateur japonais Shun’ya Itō retrouve l'actrice Meiko Kaji qui interprète donc pour la seconde fois l'héroïne de ce nouveau récit. Sur un scénario écrit une fois encore par Fumio Konami et Hirō Matsuda et auquel participe cette fois-ci le réalisateur lui-même, Elle s'appelait Scorpion (Joshū sasori: Dai-41 zakkyo-bō) se déroule un an après les événements précédents bien que le film ait été tourné dans la foulée du premier épisode. Et une fois encore, Nami Matsushima se retrouve enfermée dans la prison toujours dirigée par le directeur Goda (à nouveau interprété par l'acteur Fumio Watanabe). Ce dernier éprouvant une animosité toute particulière pour cette dernière qu'il rend coupable de la mutinerie et de la perte de son œil droit décrits dans La femme Scorpion est bien décidé à se venger d'elle en la laissant croupir dans un trou, sans compagnie, sans lumière et avec juste ce qu'il faut de nourriture pour ne pas mourir. Mais alors que la prison reçoit la visite d'un ministre, les prisonnières se rebellent et l'humilient. Le directeur Goda décide alors de les punir. Si dans le premier épisode la punition consistait à contraindre les prisonnières de creuser de profonds trous dans le sol avant de les obliger à les remplir à nouveau, dans ce second chapitre, elles doivent traîner derrière elles de lourdes pierres. Le sort de Nami Matsushima n'est pas plus enviable que celui de ses codétenues puisqu'elle est attachée à un tronc d'arbre qu'elle porte tel un Christ au féminin portant sa croix avant d'être violée par quatre de ses geôliers...


Si les vingt premières minutes ressemblent ostensiblement à ce à quoi nous avaient habitués les images de La femme Scorpion, très vite, Elle s'appelait Scorpion prend une tournure différente. En effet, Nami Matsushima et six de ses codétenues parviennent à prendre la fuite, laissant au passage derrière elles, les cadavres des deux gardiens qui en avaient la responsabilité. Ce second opus propose donc une aventure à ciel ouvert et comportant quelques excellentes surprises. Alors que La femme Scorpion était une très bonne entrée en matière dans l'univers de Sasori, cette séquelle surpasse de très loin l'épisode précédent. Les petites touches d'érotisme de La femme Scorpion disparaissent au profit d'un surcroît de violence qui trouve son aboutissement lors de quelques plans gore du meilleur effet (le gardien émasculé à l'aide d'un tronc d'arbre). Mais la valeur ajoutée de ce second chapitre, et qui n'était survolée dans La femme Scorpion, se situe au niveau du visuel. Pratiquement sans interruption, et dès lors que les jeunes femmes ont réussi à fuit leur condition, Shun’ya Itō impose une patte visuelle absolument remarquable. Qu'il s'agisse de certains décors, comme la fosse où est violée l'héroïne, la rivière qu'elle et ses codétenues traversent et plus encore le village abandonné, ou que cela concerne l'utilisation de certains cadrages particulièrement ingénieux, Elle s'appelait Scorpion est bourré de plans superbes. Comme il l'avait tenté à une occasion dans le premier épisode, Shun’ya Itō reprend le concept du plateau tournant tout en inversant son principe.


En effet, alors que dans La femme Scorpion les décors d'arrière-plan bougeaient et permettaient à l'héroïne de se retrouver dans des lieux différents tout en étant filmée au premier plan et sans coupures, cette fois-ci, elle est à son tour placée sur un plateau tournant sur lui-même, ce qui permet de donner vie à de superbes travellings rotatifs... Jouant sur différentes perspectives, sur les couleurs tantôt primaires, tantôt monochromes et sur des décors se déplaçant comme ceux d'un théâtre, le film prend des allures parfois psychédéliques, voire fantomatiques, certaines séquences pouvant être rapprochées du théâtre Nô. Sous sa forme, Elle s'appelait Scorpion regorge de créativité. Sur le fond, il oppose une cruauté masculine systématique à une féminité qui ne l'est pas moins, surtout lorsque vient l'heure de la trahison. Toujours aussi peu loquace, Nami Matsushima ne prononce quasiment pas un seul mot, voire pas du tout, mais joue par contre beaucoup du regard de celle qui l'interprète : la toujours aussi charismatique Meiko Kaji. Bien qu'étant de nouveau l'héroïne de ce second volet, on la verra moins agir que certaines de ses codétenues dont une Harue Wagatsuma (l'actrice Eiko Yanami) particulièrement entreprenante. Dans le genre WIP, et même si le plus clair du temps les personnages féminins évoluent à l'air libre, Elle s'appelait Scorpion fait partie du top trois. Une petite merveille...

 

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