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jeudi 12 décembre 2019

Bilbao de Bigas Luna (1978) - ★★★★★★★☆☆☆



La même année que la réalisation de son premier long-métrage Tatuaje, le cinéaste espagnol José Juan Bigas Luna plus connu chez nous sous le nom de Bigas Luna nous assénait en pleine figure un Bilbao absolument remarquable. En ce sens où durant plus d'une heure et trente minutes, l'auteur des cultissimes Caniche, Anguish ou Jambon, Jambon accentue au fil d'un récit mettant en scène un individu évoluant entre une compagne qui a finit par le répugner et une prostituée, véritable objet d'adoration, une ambiance des plus trouble. Un climat austère, ambigu, délétère, mortifère et obsessionnel qui finit par gangrener tout ce qui touche à l'univers de ce personnage qui ne s'exprimera quasiment qu'à travers un long monologue, faisant ainsi de lui, le père spirituel du boucher de Seul contre Tous de Gaspar Noé, et ce, même si les deux hommes ne partagent pas vraiment le même type d'obsessions.

Gangrené parce que le spectateur finira par avoir finalement le sentiment que chaque plan, chaque séquence ou chaque dialogue n'a que pour but de le mettre mal à l'aise. Du geste le plus anodin comme de servir un verre de lait à sa compagne (et mère !!!) Maria (l'actrice Maria Martin) jusqu'à la mise en place d'un concept final visant à mettre en ''lévitation'' l'objet de son désir, la prostituée Bilbao qui donne son nom au titre du film (l'actrice Isabel Pisano), l’œuvre de Bigas Luna dépeint le voyage intérieur d'un schizophrène évoluant dans un monde personnel étrange dans lequel les idées les plus folles, voire absurdes, peuvent prendre vie. Àngel Jové incarne Leo, cet homme qui semble parfois indécis, entre les qualités supposées qu'il exprime au sujet de sa mère Maria, cette femme avec laquelle il entretient une relation incestueuse et dont il a pourtant choisi de se séparer pour vivre une expérience aussi démente qu'hors du commun auprès d'une prostituée. Évoluant dans une Espagne interlope et nocturne, entre métro et boites de nuit, Leo développe son obsession comme le ferait un schizophrène auquel semblent se référer certaines idées développées par Bigas Luna.

Véritablement inconfortable, cette ''valeur'' étant sans doute appuyée par un grain et une image sans âge, Bilbao est de ces œuvres qui laissent une empreinte indélébile. Un second long-métrage déjà éminemment sulfureux qui convoque mort et sexe incestueux dans une forme d’allégorie que l'on retrouvera notamment chez Roman Polanski et son superbe Lune de Fiel. Le réalisateur espagnol semble parfois se désintéresser de ses personnages. Leur caractérisation est à ce point réduite à son minimum qu'à part Bilbao dont on sait qu'elle se prostitue et s'exhibe devant les clients d'une boite de strip-tease, on ne saura jamais comment Maria et Leo subviennent à leurs besoins ou ce qui a pu à ce point, déliter leurs relations. Car pour Bigas Luna, l'essentiel demeure dans le portrait de cette fascination pathologique dont on devine l'aboutissement dramatique. Il dresse ainsi celui d'un individu comme rarement le cinéma aura osé en produire. De ces ''tarés'' du septièmes art, fascinants dans leur description mais terrifiants dans leurs projets de destruction (autodestruction?). Bilbao est lui aussi, définitivement culte ! À ranger aux côtés des grandes bizarreries que le cinéma enfante ponctuellement...

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