Premier long-métrage de
Julien Guetta (je vous rassure tout de suite, rien à voir avec l'infâme DJ électronique David Guetta), Roulez Jeunesse
offre à Eric Judor un rôle qui dénote quelque peu avec ceux qu'on
lui connaissait jusqu'à aujourd'hui. Et pourtant, on retrouve bien
l'acteur et acolyte de Ramzy Bédia même si désormais, il faudra
parfois compter sur une interprétation moins légère. Alors, pour
amener l'acteur vers un courant moins emprunt de bouffonnerie (un
terme à ne surtout pas considérer de péjoratif), Julien Guetta
aborde son œuvre sous différents aspects. Débutant sous le signe
de la comédie, Roulez Jeunesse
verse par la suite dans un registre beaucoup plus dramatique mais
sans jamais oublier le divertissement que le film est à l'origine.
Eric Judor incarne un quadragénaire qui n'a pas vraiment quitté le
monde de l'adolescence. Alex Dagostino a beau avoir dépassé la
quarantaine et être dépanneur dans le garage tenu par sa propre
mère (excellente Brigitte Roüan qu tourne depuis le début des
années soixante-dix), il a effectivement gardé son âme d'enfant.
Un problème pour Antoinette qui aimerait que son fils prenne
prochainement la relève. Elle a beau mettre en garde son fils, ce
dernier n'en fait qu'à sa tête. La rencontre fortuite entre Alex et
Prune, une jeune femme tombée en panne au beau milieu d'une route de
campagne ne va pas arranger les choses. En effet, après avoir passé
la nuit chez elle, Alex se réveille dans une maison habitée par
trois enfants dont celle qu'il croit être la mère a disparu.
S'improvisant chef de famille le temps de remettre la main sur Prune,
Alex est dans l'impossibilité d’honorer les dépannage
qu'Antoinette lui demande d'effectuer...
Loin
d'être un chef-d’œuvre, Roulez Jeunesse
n'en est pas pour autant aussi imbuvable que la majorité des
comédies françaises qui sortent à tour de bras depuis quelques
années dans les salles de cinéma. La participation d'Eric Judor y
étant certainement pour quelque chose, le film de Julien Guetta se révèle une
fort sympathique comédie à laquelle son auteur injecte un soupçon
d'émotion. De quoi laisser à son interprète principal le temps de
montrer davantage que son don pour les pitreries. On espère qu'avec
Roulez Jeunesse,
c'est d'un tournant dans la carrière de l'acteur-humoriste qu'il
s'agit tout en espérant qu'il continuera à nous faire rire. Non
accompagné par son fidèle binôme Ramzy Bédia, Eric Judor partage
la vedette avec celle qui incarne sa mère à l'écran, mais
également avec la très fraîche Laure Calamy, ainsi que les
attachants, et parfois agaçants, Louise Labeque et Ilan Debrabant
dans le rôle des enfants Dalmerac, ce dernier étant promis,
espérons-le, à une belle carrière d'interprète.
Roulez Jeunesse
traite sur un ton léger de l'emprise d'une mère sur sa progéniture
(à quarante trois ans, Alex doit encore rendre des comptes à
Antoinette), et sur un autre, plus grave, de l'abandon d'enfants
partant à la dérive (le comportement de Tina Dalmerac est parfois
très inquiétant), Marie kremer (rien à voir, là aussi, avec le
regretté Bruno Cremer!!!) incarnant quant à elle une Prune victime
d'une addiction aux drogues. De bonnes idées dont certaines sont
très succintement évoquées mais au final, une comédie attachante.
Sans doute pas la meilleure sortie cette année sur nos écrans, mais
de très loin, meilleure que la majorité d'entre elles... A noter la
présence du toujours excellent Philippe Duquesne dans le rôle d'un
employé d'Antoinette. A voir.




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