dimanche 10 juin 2018

Psychos in Love de Gorman Bechard (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Je viens de briser un mythe. Une légende. Un fantasme. Les miens. Ceux qui végétaient depuis plus de trente ans dans mon esprit et que je n'avais jamais tenté d'assouvir jusqu'à cette minute fatidique où j'ai choisi de regarder Psychos in Love du cinéaste américain Gorman Bechard. Troisième long-métrage de ce réalisateur au nom très curieux, ce film que l'on pourrait traduire par 'Psychopathes amoureux' date de 1987. Je ne sais plus à quelle date exactement, mais ce dont ma mémoire se rappelle très bien, ce sont les photos qui parsemaient quelques-unes des pages d'un exemplaire du magazine Mad Movies. Des photos sans doute noyées parmi celles d'autres longs-métrage regroupés dans un article consacré au gore, que sais-je. Sur ce coup là, ma mémoire ne se montre malheureusement pas infaillible. Dois-je me réjouir d'avoir enfin découvert Psychos in Love ou dois-je regretter qu'il ne soit pas demeuré à l'état de fantasme ? Difficile de répondre à cette question car sous des dehors de série Z (ce qu'il est fondamentalement), l’œuvre de Gorman Bechard, tout aussi désastreusement mise en scène qu'elle est, ne se révèle finalement pas aussi inintéressante que prévu.
Alors bien entendu, il faudra au premier abord s'armer d'une solide volonté car visuellement, Psychos in Love est relativement fade. Les décors sont pauvres et tristes à mourir et la bande musicale du même acabit. Enfin, pas totalement, car au beau milieu de ce long-métrage en forme de docu-fiction horrifico-humoristique, les deux principaux personnages vont entonner une chanson plutôt amusante et incongrue si l'on tient compte du sujet abordé...

L'histoire met au centre du récit, Joe et Kate. Deux tueurs psychopathes comme ils se décrivent eux-mêmes. Lui tue des femmes, elle, des hommes. Entre eux, c'est le coup de foudre. Mais plutôt que de remplacer leur passion commune par l'amour, ils vont chacun de leur côté, continuer à tuer. Encore et encore. Mais ils ne sont pas les seuls. En effet, dans un autre quartier sévit un plombier désaxé qui après avoir débouché les éviers de ses clientes les trucides avant de les manger. Le barman et la manucure décident un jour de se marier, et pour fêter leurs épousailles, ils décident de passer leur lune de miel en visitant les abattoirs de la région !!!

Ça a l'air stupide vu comme ça, et, d'ailleurs... ça l'est. Ni tout à fait dérangeant, ni à se décrocher la mâchoire de rire, Psychos in Love est pourtant relativement divertissant. Mieux vaut faire abstractions de ses piètres atours pour profiter du spectacle. Les deux principaux personnages sont interprétés à l'écran par Carmine Capobianco et Debi Thibeault et se révèlent fort attachants. Malgré la déviance de leur personnage respectif, les deux interprètes provoquent cependant une drôle de réaction de la part des spectateurs. On dirait deux gamins n'ayant pas pleinement conscience des horreurs qu'ils commettent et y font face en exhibant sans cesse leur amour l'un pour l'autre. Rare cas de couple meurtrier au cinéma (en dehors des Tueurs de la Lune de Miel et de ses quatre remakes), Joe et Kate amusent plus qu'ils n'effraient. Étrangement, Gorman Bechard leur permet de se livrer directement à la caméra. Un choix inutile qui révèle sans doute le désir du cinéaste de créer une certaine complicité entre ses 'monstres' et les spectateurs.
Si Psychos in Love est un gros nanar, le fait qu'il soit parfaitement visible et même attachant demeure étonnant ! Quant aux photos qui avaient généré tant d'espoir, le résultat à l'écran se révèle aux antipodes du fantasme passé. Les scènes d'horreurs sont rares, et généralement pitaoyable (pour ne pas dire dans leur totalité)... A découvrir quand même, ne serait-ce que pour son originalité et son ton humoristique...

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