mercredi 27 juin 2018

La Septième Compagnie au Clair de Lune de Robert Lamoureux (1977) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec La Septième Compagnie au Clair de Lune, l'acteur-réalisateur Robert Lamoureux signait non seulement le troisième et dernier volet de la saga La Septième Compagnie, mais également son septième (!?!) et dernier long-métrage en tant que cinéaste. Désormais, la guerre semble belle et bien terminée pour Pithivier, Tassin et Chaudard. Dans une France occupée par l'envahisseur nazi, chacun a repris ses habitudes. Et notamment l'ancien 'sergent-chef' qui depuis sa démobilisation s'en est retourné auprès de son épouse et de leur quincaillerie. Laquelle, à ce propos, semble avoir été la victime d'un très important glissement de terrain entre les premier et derniers volets de la saga puisque jusqu'à présent, le magasin des Chaudard était situé à Vesoul tandis qu'il semble désormais à plus de trois-cent kilomètres au sud de la préfecture du département de la Haute-Saône. Cette petite erreur géographique n'ayant pas d'incidence particulière sur le déroulement du récit, poursuivons.
Nous sommes donc en 1942, et nous découvrons enfin l'épouse de Paul (anciennement Louis) Chaudard, prénommée Suzanne (anciennement Paulette). Pas très sérieux tout ça, mais continuons. Lorsque réapparaissent Pithivier et Tassin dans la vie de Chaudard, cela fait deux ans que les trois compagnons de guerre ne se sont pas vus. Et c'est exactement à cet instant précis de leurs retrouvailles que débarque dans la cave du couple de quincailliers, le commandant Gilles, l'un des chefs de fil de la résistance. Si Suzanne est au courant, son époux, lui, ignore tout des manigances de sa femme et de son beau-frère Gaston Gorgeton. Il faut dire que Paul ne bénéficie pas vraiment de la sympathie et de la confiance de ce dernier qui, aidé de sa sœur, préfère taire son appartenance à la résistance.
Pourtant, un soir, tout va changer pour nos trois valeureux retraités de l'armée française. Alors qu'ils sont partis chasser le lapin, des circonstances vont les mener sur la route de la résistance. Au point même d'être par erreur, reconnus comme les principaux membres du réseau de résistance 'Attila'...

« Lutter contre les forces judéo-maçonniques »

Avec ce troisième volet, Robert Lamoureux parvient à relancer l'intérêt d'un récit qui aurait autrement pu s’essouffler à force de redondance. C'est ainsi qu'il fait quasiment table rase sur le passé. D'ailleurs, du casting original, le cinéaste ne convoque désormais plus que le trio incarné par Pierre Mondy, Jean Lefebvre et Henri Guybet depuis le second épisode (Aldo Maccione ayant abandonné le rôle de Tassin à l'issue du premier volet). Pierre Tornade et les autres habitués ayant disparu, il fallait bien engager de nouvelles têtes. C'est ainsi que l'on retrouve parmi les interprètes, Patricia Karim dans le rôle de Suzanne, Gérard Jugnot dans celui de Gaston Gorgeton, mais également André Pousse dans le rôle du chef de la milice Lambert aux ordres duquel on retrouve Jean-François Derec dans la peau d'un milicien. A ce propos, il est bon à savoir que la gifle que reçoit ce dernier un peu après la neuvième minutes de la main même d'André Pousse n'était pas feinte. En effet, las de répéter la même scène, celui-ci frappa réellement un Jean-François Derec qui, preuve à l'appui, ne s'y attendait certainement pas.

La Septième Compagnie au Clair de Lune, c'est l'occasion une fois encore de retrouver nos trois héros dans des situations toujours plus rocambolesques. Fini les uniformes d'officiers ou de soldats allemands. Il 'incarnent' ni plus ni moins que trois des têtes pensantes de la résistance locale. D'ailleurs, l'une des scènes demeurant sans doute parmi les plus irrésistiblement drôles se situe tout d'abord dans un café-restaurant dont le patron vante auprès de Suzanne et Georges, les 'exploits' de Chaudard et de ses deux amis. Une séquence précédent un plan durant lequel ces derniers sont étendus au sol, hagards, et en tout cas très éloignés de l'image élogieuse faite quelques secondes auparavant en leur faveur. Autre participation savoureuse : celle de Jean Carmet qui dans le rôle du passeur est tout bonnement irrésistible. Bien que demeurant de qualité quasiment égale aux deux volets précédents, La Septième Compagnie au Clair de Lune ne rencontrera malheureusement pas le même succès avec moitié moins de spectateurs dans les salles. Une chute de fréquence qui sans doute reflétait une certaine lassitude pour nos héros. Il était donc temps d'en finir même si très secrètement, l’éventualité d'un quatrième opus aurait sans doute réjouit les fans de la saga...

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