mercredi 28 mars 2018

Sharknado 5 – Global Warning de Anthony C. Ferrante (2017) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Après un quatrième et légendaire opus, totalement barré, assumant sa crétinerie, ses effets-spéciaux d'un autre âge (genre, cinématiques de jeux vidéos estampillés Playstation One), son interprétation et sa mise en scène en roue libre et pour nous, français, son catastrophique doublage (il faut entendre celui du fils du héros pour constater combien le travail effectué par les doubleurs est pathétique), la série des Sharknado accouchait l'année dernière d'un cinquième volet dont le titre ne laissait aucune ambiguïté quant à ses perspectives : conquérir le monde. Exporter ce produit purement américain jusqu'en Europe, à Londres, et même de l'autre côté de la Terre, en Australie. Sharknado 5 – Global Warning a l'avantage de ses inconvénients. Ceux qui ne trouvèrent jusqu'à maintenant aucun intérêt à cette série Z jouissive incarnée par l'ex Steve Sanders de la série Beverly Hills 90210 iront voir ailleurs, comme d'habitude, tandis que les fans de la première heure se rueront, bave aux lèvres, devant ce téléfilm directement diffusé sur la chaîne Syfy qui s'est faite depuis sa création une spécialité dans le domaine de la science-fiction et du fantastique.
Pas forcément une valeur sûre que ce sceau souvent synonyme de désert artistique. Mieux vaut ne pas être trop regardant. C'est donc ainsi que le cinquième volet de la saga Sharknado met les pieds dans le plat en plaçant ses héros dans un contexte géographique qui fera voir du pays, et même du monde, à ses personnages ainsi qu'aux spectateurs. Mais comme la qualité des visuels n'est toujours pas au rendez-vous et que les CGI demeurent parmi ce que l'on peut voir de pire actuellement, il va falloir prendre la chose avec humilité et accepter de se brûler la rétine devant des phénomènes météorologiques de grande ampleur dont l'impact n'aura d'effet que sur peu de spectateurs. En ouvrant le paquet, inutile d'y voir enfermé une rolls. Ici, c'est à de vieilles pièces de mécanique auxquelles le spectateur à droit. Outre Ian Ziering dans le rôle principal, on retrouve Cassie Scerbo, Tara Reid et Billy Barratt. Au détour d'une scène on peut croiser la route de Dolph Lundgren, de Tony Hawk (un célèbre skateboarder américain qui prêta notamment son nom pour une série de jeux vidéos), d'Olivia Newton Jones, surtout connue pour avoir joué aux côtés du tâcheron John 'scientologie' Travolta dans Grease, et même celle d'Anthony C. Ferrante, le réalisateur de l’œuvre qui nous intéresse ici.

Auteur d'une quinzaine de longs-métrage depuise ses débuts fin années quatre-vingt dix, de puis 2013, date de sortie du premier Sharknado, le bonhomme ne semble plus être intéressé par autre chose que ses requins-tornades dont l'invraisemblance continue de fasciner une partie du public. Logique lorsque l'on fait l'effort de plonger dans un univers dans lequel tout forme de crédibilité s'est vue refuser l'entrée. Des requins-tornades, donc, et même au delà (je vous renvoie pour cela, à l'épisode précédent), et des situations tellement absurdes qu'elle génèrent une certaine forme d'empathie pour ses interprètes, forcés de gagner leur croûte en acceptant des projets aussi casse-gueule... mais dont la notoriété encore incompréhensible permet à leur auteur de produire chaque année, un nouvel épisode. On pouvait le craindre mais, malgré l'amusant spectacle qu'offre à nouveau ce cinquième opus, et en comparaison de l'énorme morceau qui représentait Sharknado – The 4th Awakens, le spectacle semble un cran en dessous. Serait-ce la faute du scénario ? Ou bien du peu de motivation dont semblent faire parfois preuve les interprètes ? Ou bien le spectateur aurait-il finit par se lasser de cet incessant ballet aérien se mordant la queue à force de répéter inlassablement le même principe ?
Pourtant, on ne saura jamais assez remercier Anthony C. Ferrante, Ian Ziering et les autres de nous avoir offert tel délire à l'écran. Crédible ou pas, irréprochable ou pas d'un point de vue réalisation, interprétation et effets-spéciaux, Sharknado 5 – Global Warning vise le même public, sans jamais avoir la prétention de vouloir jouer dans la cour des grands. On s'amusera des quelques clins d’œil jamais vraiment réussis à d'autres films tels que Indiana Jones et les Aventuriers de l'Arche Perdue ou au personnage de James Bond. On rigolera forcément devant les pouvoirs sans cesse grandissants d'une April Dawn Wexler-Shepard en super-héroïne affreusement kitsch. Ceux qui avaient peur de roder aux alentours des plages depuis le tout premier Les Dents de la Mer peuvent désormais retourner se baigner car le danger, désormais, est au dessus de leur tête. Quant aux fans, qu'ils se rassurent, un sixième opus est prévu pour le mois de juillet de cette année. Mêlant cette fois-ci nos héros aux prises avec les sharknado avec le voyage dans le temps. Le fan qui sommeille en nous en frémit d'impatience...

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