lundi 19 mars 2018

Les figures de l'horreur, du fantastique et de la science-fiction (2)

D'abord incarné par l'imposant acteur islandais Gunnar Hansen dont ce fut le plus célèbre fait d'arme, Leatherface, littéralement 'Tronche de Cuir' est l'un des plus célèbres boogeymen aux côtés de Michael Meyer de la saga Halloween et de Jason Voorhees de Vendredi 13. Plus célèbre représentant de la famille Sawyer, des timbrés également connus sous le nom de Famille Tronçonneuse, ce gigantesque individu dont il ne semble rester que peu de conscience humaine a marqué de sa silhouette et de sa folie plusieurs longs-métrages mais demeurera à jamais pour les vrais fans de ce mythique boucher, le héros d'un seul film : le Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hooper datant de 1974. Grand, obèse, et surtout pas très malin, Leatherface se différencie de la concurrence par son absence de perversité. Car malgré les actes abominables auxquels il se livre, cet 'enfant' enfoui dans un corps d'adulte n'exécute ses victimes que par nécessité. Surtout que depuis des années et l'arrivée du pistolet d'abattage, lui et les siens ont été contraints au chômage. Se nourrir étant devenu un besoin irremplaçable, Leatherface et le reste de sa famille ont choisi la méthode la plus simple. D'où l'avantage de vivre dans une ferme en un lieu reculé du Texas. L'Amérique profonde. Les adolescents de passage deviennent alors les proies d'une famille de dégénérés qui contre toute attente, n'est pas que le fruit exclusif de l'imagination de Tobe Hooper et Kim Henkel. En effet, le film fait vaguement référence à un fait divers épouvantable survenu dans les années cinquante à Plainfield dans l’Illinois. Un tueur déséquilibré du nom d'Edward Gein (surnommé par la presse Le Boucher de Plainfield) tua à deux reprises et déterra une trentaine de cadavres dans les cimetières de la région et emporta tout ce petit monde malodorant jusqu'à la ferme familiale où il s'adonna au cannibalisme et à la nécrophilie.
Un 'monstre' à visage humain qui inspira de nombreux auteurs d'ouvrages littéraires ainsi que plusieurs cinéastes dont Alfred Hitchcock pour son célèbre Psychose. Mais alors que le britannique accordait toute son apparence humaine à son tueur, Tobe Hooper planquait le sien sous un masque fait de peau humaine prélevée sur différentes victimes. Adepte de la tronçonneuse ou de la masse et majoritairement vêtu d'un tablier de boucher, il arrive parfois à Leatherface de se maquiller lors de certains dîners durant lesquels sont conviées certaines victimes (comme la scream queen Marilyn Burns). Si l'on ne tient compte que du premier long-métrage mettant en vedette ce monstre et sa famille, le visage de Leatherface nous reste inconnu même si l'on devine lors d'un plan serré la piètre dentition du bonhomme. Autre caractère de 'Tronche de Cuir' : il ne parle pas et s'adresse aux siens à travers des gestes et des gémissements, ce qui renforce davantage encore l'aspect totalement dégénéré de l'individu. Les autres personnages constituant la famille de Leatherface dans le premier Massacre à la Tronçonneuse sont, par ordre d'apparition : l'auto-stoppeur Nubbins Sawyer, Le cuisinier Drayton Sawyer, ainsi que le Grand-père. Ajouté à cela, on peut évoquer également le cadavre de la grand-mère reposant à l'étage de l'immense demeure familiale...

Comme le Predator, l'Alien de Ridley Scott est une créature extraterrestre xénomorphe dont l'apparence est partiellement humanoïde. Création du dessinateur suisse Hans Ruedi Giger, il s'agit sans doute de l'une des races extraterrestres les plus agressives de l'histoire du cinéma. Avant d'apparaître sous sa forme définitive, (dite xénomorphe), la créature passe par diverses étapes d'évolutions allant du Facehugger au Chestburster. Le premier correspondant à la forme larvaire de la bestiole tandis que le second lui, est plus proche de la forme embryonnaire se développant dans les entrailles de son hôte. Une fois échappé du corps de son 'porteur', la créature évolue de manière radicale en grandissant très rapidement et en changeant littéralement de peau. Recouvert d'une cuirasse entièrement noire, la silhouette de l'alien rappelle sensiblement celle d'une mante religieuse tandis que son énorme tête phallique évoque un pénis. Pourvu d'une double mâchoire, c'est en expulsant la plus petite que la créature élimine ses proies. Armée d'un système de défense étonnant, on n'ose la tuer comme l'indiquera judicieusement l'un des sept passagers du Nostromo incarné par l'acteur Yaphet Kotto dans le premier long-métrage de la saga, Alien, le Huitième Passager. Car en effet, l'alien possède un sang particulièrement corrosif qui s'attaque à tous les types de surfaces, dévorant les chairs ainsi que le plus résistant des métaux.
Il existe une forme ultime de xénomorphe appelée simplement 'reine'. C'est elle qui demeure à l'origine des centaines d’œufs sur lesquels tombe tout à fait par hasard le passager du Nostromo connu sous le nom de Kane. Il sera la première victime de la créature, passant par différentes étapes de contamination éminemment douloureuses pour lui, ses camarades, ainsi que pour les spectateurs. L'une des méthodes employées par l'alien lors de la chasse aux humains est l'emploi des bouches d'aération à travers lesquelles il tue, méthodiquement et l'un après l'autre chacun des membres de l'équipage de l'immense cargo spatial. Plus que n'importe quelle arme lourde, c'est l'intelligence et le sang-froid de l'héroïne campée par l'actrice Sigourney Weaver qui viendront à bout de la créature extraterrestre xénomorphe la plus sexy de l'histoire de la science-fiction...

On a tous connu un souffre-douleur à l'école. Sans doute parmi nous, certains l'ont-ils été eux-mêmes. C'est le cas de Melvin, petit employé d'entretien dans un club de santé de Tromaville, cité imaginaire et lieu de prédilection des production Troma Entertainment, la société créée par les américains Lloyd Kaufman et Michael Herz dans les années soixante-dix. Avec ses trente-cinq kilos tout mouillé, ce disgracieux personnages et victimes de quolibets et de maltraitances de la part des clients bodybuildés et de leur jeunes amies. Jusqu'au jour où, persécuté pour une énième fois, Melvin prend la fuite, se jette par l'une des fenêtres du club de musculation où il travaille pour atterrir dans l'un des fûts de déchets radioactifs entreposés dans un camion à l'arrêt. Gravement brûlé et irradié, le jeune homme prend la fuite sous les rires de ses bourreaux et se réfugie chez lui, s'enfermant à double tour dans la salle de bain. Là s'opère chez lui une curieuse transformation. Plongé dans une baignoire remplie d'eau, Melvin devient le Toxic Avenger. Plus grand, plus fort, plus courageux que ne l'a jamais été l'agent d'entretien, le premier super-héros de Tromaville, et premier de la catégorie trash va dès lors protéger la veuve et l'orphelin d'une ville gangrenée par la violence, la drogue et les gangs. Punks, gangsters et flics corrompus vont subir la vengeance de celui que bientôt beaucoup d'habitants de Tromaville considéreront comme leur héros. Toxic est certainement le super-héros le plus hideux de toute l'histoire. Le visage bouffi, tuméfié, l’œil gauche 'dégoulinant' littéralement sur la joue, il part s'installer dans une décharge avant d'y inviter celle qui sera bientôt sa fiancée : la jeune aveugle Sara.
Bien entendu, tout ceci n'est pas très sérieux. On est loin des DC Comics et de Marvel. Cependant, Toxic est devenu l'une des plus importantes icônes de la Troma et cinq longs-métrages lui ont même été consacrés entre 1985 avec The Toxic Avenger et 2014 avec Toxic Twins : The Toxic Avenger V. on l'entrapercevra même dans une autre production Troma intitulée Terror Firmer. Capable de se battre à mains nues, l'une des armes de prédilection de Toxic reste le balai-serpillière avec lequel il se révèle particulièrement agile. Afin de corser le portrait d'un super-héros déjà affublé d'une tronche impensable, les scénaristes Lloyd Kaufman (qui réalisa en compagnie de Michael Herz le premier volet avant de tourner seul les suivants) et Joe Ritter ont l'idée incongrue de vêtir le super-héros d'un tutu de danse rose cradingue. Je laisse imaginer à ceux qui ne l'on encore jamais vu, le résultat final. Le Toxic Avenger, s'il n'est pas le plus charismatique des super-héros, il fait cependant partie des plus cultes !





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