samedi 3 mars 2018

Geostorm de Dean Devlin (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



C'est bête à dire mais il y a des situations qui dépendent du comportement que l'on adopte. C'est peut-être encore plus stupide lorsqu'il s'agit d'un film, mais Geostorm fait partie de ce cas de figure. Alors que l'acteur, producteur, scénariste et réalisateur américain Dean Devlin cherche apparemment à rendre les personnages de son tout premier long-métrage attachants (point commun réunissant pas mal de films catastrophe, et expliquant ainsi que l'intrigue principale tarde à venir). Il est sans doute très humain de conserver une certaine morale, même dans les salles obscures, sinon les méfaits d'un Henry Lee Lucas (Portrait of a Serial Killer) ou d'un Jack L’Éventreur (From Hell) prêteraient à sourire, ce qui demeurerait évidemment de fort mauvais goût. Geostorm, c'est d'abord l'histoire de deux frangins. Jake et Max Lawson. Le premier est volubile et surtout l'inventeur du Dutch Boy, un mécanisme satellitaire réglé pour contrôler le climat. Le second, lui, est celui qui a viré trois ans auparavant son propre frère et a pris les commandes du projet. Alors que durant ces quelques années, le système mis en place a parfaitement fonctionné, voici que des catastrophes climatiques s'enchaînent :

Un village d'Afghanistan est découvert entièrement gelé et une énorme explosion de gaz réduit une partie de la ville de Hong Kong en cendres. Alors que Jack vit désormais dans un coin reculé des États-Unis, le secrétaire d’État Leonard Dekkom confie à Max son désir de voir réintégrer l'inventeur du Dutch Boy. Max va devoir convaincre de réintégrer le projet et d'accepter de se rendre sur la station spatiale internationale d'où il devra gérer la crise. La seule chose que demande Jake en contrepartie étant que celui qui sera au commandement ne soit surtout pas son frère...

Du point de vue des rapports qu'entretiennent les deux frères, le contrat est parfaitement rempli dès lors que l'on positionne Jake (l'acteur Gerard Butler) en victime et Max (incarné par Jim Sturgess) en traître. Comment un frère peut-il avoir ainsi trompé son aîné ? C'est avec un brin de psychologie que l'on s'efforcera d'accepter ce fait pour faire table rase et plonger ainsi dans le cœur de l'intrigue qui intéresse à l'origine le spectateur : la catastrophe annoncée. D'ampleur mondiale, elle n'est qu'une succession de catastrophes (pas vraiment) naturelles, de celles qui font régulièrement la une des journaux. Outre les deux citées plus haut, on a droit à une gigantesque vague déferlant sur les Émirats Arabes Unis et à une pluie de grêle à Tokyo. Moins courant, et sans doute absurde, le système de régulation du climat nous refait le coup de l'Afghanistan au Brésil avec un froid si intense que l'une des plages de Rio de Janeiro ne résiste pas longtemps au gel. Elle, ainsi que les vacanciers venus se dorer la pilule sur la plage.

Catastrophe, mais aussi science-fiction sont au programme d'un long-métrage qui lorgne davantage du côté d'un 2012 ou d'un San Andreas dans leur vision invraisemblable que du côté de l'excellent The Wave. C'est ici tout le malheur du cinéma américain qui cherche majoritairement à commencer par en mettre plein les yeux, le scénario étant invariablement à la traîne. Si l’interprétation est en grande partie de bonne qualité et le récit suffisamment cohérent pour que l'on ne pouffe pas de rire, on passera outre l’invraisemblance de certaines situations frisant parfois le grand n'importe quoi. Revoyez-donc pour exemple la scène finale durant laquelle Jake et Ute Fassbinder, la directrice de la station spatiale internationale se débattent dans l'espace et vous comprendrez de quoi je parle.
Ce que les spectateurs avides de blockbusters attendaient évidemment avec Geostorm, c'est du grand spectacle. Et en la matière, le film de Dean Devlin fait correctement son travail. Tout juste pourrons-nous reprocher la qualité des effets-spéciaux oscillant entre le très correct et l’infâme bouillie de pixels (la catastrophe se déroulant à Hong Kong demeurant totalement ratée). Un sympathique petit film...

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