mardi 20 février 2018

Coherence de James Ward Byrkit (2013) - ★★★★★★★☆☆☆



Selon la théorie évoquée par l'un des invités présents lors d'un dîner organisé par le couple formé par Beth et Hugh, le passage d'une comète dans le ciel pourrait avoir de lourdes conséquence sur le comportement humain. Exemple à l'appui. Mais ce que laisse supposer un autre fait référence au Chat de Schrödinger. Une expérience imaginée par le physicien autrichien Erwin Schrödinger censée démontrer que l'interprétation de Copenhague donnant une cohérence à la mécanique quantique est parfois mal interprétée. On parle alors d'incohérence. C'est ce que démontre ainsi le film du cinéaste et écrivain américain James Ward Byrkit qui signait ici en 2013 son premier et ce qui demeure actuellement comme son unique long-métrage. Contrairement à la première impression qui pourrait se dégager de ce court descriptif, Coherence n'est pas le film indigeste qu'il pourrait être aux yeux des profanes en matière de physique quantique (et là, je me retourne vers mon reflet). Filmé comme si un neuvième invité avait été convié à la soirée organisée par Beth et Hugh, ce long-métrage est aussi dérangeant dans son traitement initial qu'il devient passionnant au fil du récit.

Car plutôt que de dérouler une intrigue complexe et déroutante, James Ward Byrkit évoque la théorie d'Erwin Schrödinger à travers une sorte de jeu de rôle dont les contours se précisent peu à peu. D'abord très bavard (on passe au début davantage de temps à lire les sous-titres qu'à suivre l'action), Coherence prend de l'ampleur dès lors que le spectateur comprend qu'il se passe de bien curieux événements dans ce quartier pourtant habituellement tranquille.

Huit personnes se retrouvent autour d'une table. Emily, Kevin, Mike, Lee, Amir, Laurie et leurs hôtes conversent de choses et d'autres. Des sujets parfois futiles mais qui installent le cadre d'une soirée dont les personnages vont perdre peu à peu le contrôle. L'idée fameuse du cinéaste qui a lui-même mis en scène son propre scénario avec Alex Manugian, est d'avoir imaginé les répercutions du passage d'une comète dans le ciel sur un groupe d'individus qui va se retrouver au cœur de la théorie du Chat de Schrödinger. Sauf qu'ici, les sujets de l'expérience ne sont plus des félins, mais des êtres humains. James Ward Byrkit choisit de tourner de nuit, ce qui, évidemment, donne au cadre un aspect particulièrement anxiogène. Afin de mieux coller à l'aspect réaliste de ce qu'il décrit, le cinéaste américain décide tout d'abord d'offrir le rôle de ses personnages à des interprètes habitués en improvisation et qui ne se connaissent. Et cela se sent. D'abord déroutante, la mise en scène et l'interprétation offrent finalement une vision moins spectaculaire mais beaucoup plus réaliste que la majeure partie des œuvres de science-fiction basés sur les paradoxes temporels.

Ici, le spectateur est plongé en plein cœur d'une tourmente qui ne cessera pas de s'amplifier jusqu'au dénouement final. James Ward Byrkit y intègre un certain nombre d'éléments participant à l'évolution d'une intrigue digne de La Quatrième Dimension mais que son auteur envisage avec sérieux. Un peu à la manière de Richard Schenkman qui six ans auparavant en 2007 nous offrait le miraculeux The man from Earth. De part son aspect bricolé et improvisé, Coherence souffre peut-être ça et là de quelques petites imperfections dues à la grande liberté offerte à la mise en scène, au script et à l'interprétation, mais au final, on se retrouve devant un très grand film de science-fiction. Original et Intelligent...

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