jeudi 8 juin 2017

Peelers de Sevé Schelenz (2016) - ★★★★★★★☆☆☆



Après un Breakdown Lane nullissime, il fallait bien élever le débat en matière de film de zombies. Sans pour autant faire dans une quelconque finesse, Peelers (que l'on peut éventuellement traduire par couteau à éplucher, allez savoir pourquoi un tel titre) parvient à assurer un spectacle PRESQUE permanent. Presque puisqu'en dehors des trop longues séances de strip-tease, le film du canadien Sevé Schelenz ravive l'intérêt pour un genre où se sont engouffrées bien trop de séries Z. Tout commence dans un bar de strip-tease. De jolies filles, merveilleusement... tanquées exhibent fesses et poitrines pour le bonheur d'une clientèle poussée à la consommation de bière ou de tout autre alcool. C'est la dernière fois qu'ouvre ses portes la boite de nuit et Blue Jean s'apprête à rendre les clés à son nouveau propriétaire, un certain Farmer John. Outre les habitués du coin, quatre mexicains viennent y fêter ce soir une découverte qui devrait normalement leur permettre de couler des jours heureux jusqu'à la fin de leur existence. En effet, les quatre mineurs ont mis à jour une poche de pétrole et s'imaginent déjà gagner beaucoup d'argent grâce à ce précieux cadeau de la nature.
Sauf qu'en lieu et place d'or noir, se trouve en réalité une substance poisseuse si toxique qu'elle empoisonne toute personne qui entre en contact avec elle et la transforme en infecté. Ce que ne vont pas tarder de constater les quatre chicanos, Blue Jean et ses filles, Remy le videur, Tony le barman, ainsi que Logan, le fils adoptif de la propriétaire de l'établissement.

Le carnage débute dans les chiottes. L'un des mexicains vide ses tripes et asperge les gogues d'une substance noirâtre particulièrement abondante. Dès lors, le voilà transformé en un zombie de dernière génération. Victime d'un mal presque similaire à celui qui toucha les personnages de l'épidermique Cabin Fever d'Eli Roth, l'homme n'est que le premier d'une longue liste d'infectés qui vont s'acharner sur l'ensemble des personnes présentes dans l'établissement. Plus noir que rouge, le sang coule à flots. L'un des intérêts majeurs de Peelers réside dans la façon dont sont orchestrés les meurtres. Souvent originaux, il n'est pas rare d'y voir perpétrés des crimes à l'aide d'armes blanches étonnantes. Et ce, dans des situations elle-mêmes très originales. Nous ne sommes pas prêts en effet d'oublier le premier triple homicide durant lequel une strip-teaseuse est tuée juste après que ses deux clients aient été décapités lors d'un show privé.

Pour revenir aux longues séances de strip-tease qui n'intéresseront certainement que les plus pervers d'entre nous, le cinéaste Sevé Schelenz s'amuse à accorder à certaines d'entre elles autant d'originalité que dans l'orchestration des meurtres. Baby, l'une des strip-teaseuse offre en effet au public la particularité d'uriner sur scène à la fin du show. Un détail qui aurait pu paraître sordide au demeurant mais qui dans la ferveur générale de la salle demeure amusante. Originalité encore, comme tout bon zombie qui se respecte, ceux de Peelers réagissent à peine aux coups de batte de base-ball, de tirs de pistolet ou de toute autre arme blanche ou à feu. Pire, à l'image de l'excellent Retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon sorti plus de trente ans auparavant, ceux de Sevé Schelenz absorbent aisément des tirs en pleine tête. D'où l'unique solution pour s'en débarrasser une fois pour toute : asperger les infectés avec de l'eau. Mais comme précisé plus haut, le changement de propriétaire étant prévu pour minuit, l'ignoble Farmer John a prévu de faire couper l'arrivée d'eau, empêchant ainsi les survivants de s'armer de la seule formule capable d'éradiquer la menace : la molécule H2O. Jusqu'à ce que l'un des personnages trouve une très amusante alternative.
Plus encore que Cabin Fever, on pense surtout à From Dusk Till Dawn de Robert Rodriguez. Le bar, les scènes gore, les strip-teaseuses, le cadre nocturne, tout rappelle le petit chef-d’œuvre du cinéaste originaire du Mexique, les vampires étant remplacés ici par des infectés. Si Peelers n'atteint jamais vraiment le niveau d'excellence de son aîné, il demeure un excellent film d'horreur. A découvrir...

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