mardi 15 novembre 2016

Ebola Syndrome de Herman Yau (1996)



Trois années après avoir réalisé The Untold Story, le cinéaste hong-kongais Herman Yau revient en 1996 avec un remake de son propre film intitulé Ebola Syndrome. Si les deux films entretiennent en effet un certain nombre de points communs, le réalisateur ne se contente pas d'un simple copier-coller et réécrit l'histoire tout en conservant les grandes lignes de l’œuvre originale. Une fois encore, l'acteur Anthony Wong est aux services du cinéaste et interprète à nouveau le rôle principal. Celui d'un tueur exilé cette fois-ci encore plus loin de sa terre natale puisqu'il émigre durant dix ans à Johannesbourg en Afrique du Sud après avoir commis un triple homicide. Désormais, la police n'est plus aussi radicalement incompétente que par le passé et même si elle hésite toujours à prendre en compte le témoignage d'une jeune femme ayant assisté aux meurtres perpétrés par le personnage de Kai San, elle n'est plus systématiquement ridiculisée.
Tout comme son ainé, Ebola Syndrome est l'un des plus illustres représentants de la catégorie III (œuvres interdites aux moins de dix-huit ans) et l'on comprend assez vite pourquoi. Si The Untold Story était déjà bien gratiné, Herman Yau repousse encore plus loin les limites de l'inconcevable en terme d'intrigue.

Cette fois-ci, il ne s'agit plus seulement d'un tueur fou, obsédé par le sexe, la mort et le recyclage des cadavres (tout comme pour le personnage de Wong Chi Hang de The Untold Story, Kai San se débarrasse de ses victimes en les transformant en viande hachée qu'il distribue généreusement aux clients du restaurant où il travaille), mais d'un homme porteur du terrible virus Ebola. Toute la première partie se situe donc en Afrique du Sud, dans un restaurant où se côtoient des clients de tous horizons. Les dialogues chinois se mêlent aux dialogues en langue anglaise. On y suit la trace de cet homme responsable d'un triple homicide forcé à se cacher des autorités chinoises durant de longues années. Lorsqu'avec son patron ils prennent la route d'un village qui les approvisionne en viande porcine, ils assistent à un rite étrange. C'est le début des ennuis. Le rite servant en effet à guérir certains des habitants touchés par le virus ebola, on devine la suite. Surtout lorsque les deux hommes achètent deux porcs entreposés à seulement quelques dizaines de centimètres de cadavres humains terrassés par le très contagieux virus.

S'ensuit une scène de viol particulièrement gerbante et dont fait les frais une jeune africaine en train de se vider de son sang, victime elle aussi de la maladie. Un postulat qui ne semble guère gêner Kai San qui se prend alors un flot de vomi sur le visage. Lui-même contaminé, il ne lui reste plus qu'à retourner sur le continent asiatique et répendre ses miasmes autour de lui.

Ce qu'il fera d'ailleurs sans qu'on lui demande dans un final totalement givré. Dans les rues de Hong-Kong, le voilà crachant salive et sang sur la foule en tentant désespérément de contaminer un maximum d'individus tout en fuyant la police lancée à ses trousses. Herman Yau ne s'embarrasse jamais d'aucune forme de moralité. Tout le monde y passe, hommes et femmes. Adultes et enfants. Tout ce qu'il manque en fait à Ebola Syndrome est l'horrible visuel des symptômes de la maladie. Car en effet, à part des corps agités de soubresauts, tout ce qui rend cette maladie répugnante nous est malheureusement épargné. Contrairement au massacre d'animaux lors de scènes tout à fait inutile. La scène la plus gore demeurant l'autopsie d'un corps atteint par le virus ebola. L'acteur Anthony Wong campe un Kai San franchement pas ragoutant. Vicieux, dégoulinant de sueur et de bave, se grattant les couilles à longueur de pellicule et tirant une langue épaisse et gluante, il possède de plus un rire aussi dingue que celui de l’auto-stoppeur dérangé de Massacre à la Tronçonneuse. Ebola Syndrome est une œuvre totalement folle, irrévérencieuse et jusqu’au-boutiste. Un vrai délice de gastronomie pour les amateurs du genre...

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