mardi 14 janvier 2014

Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury (1973)



Alors qu'à New-York, Rabbi Jacob s'apprête à prendre l'avion pour la France, à Paris, le révolutionnaire Mohamed Larbi Slimane qui prépare un coup d'état dans son pays est traqué par Farès et sa bande. Fait prisonnier, le leader du tiers monde Slimane est emmené dans une usine de chewing-gum où il est interrogé par Farès.
Sur une route nationale, Victor Pivert est au volant de sa voiture, pressé de retrouver sa fille qu'il doit marier avec le fils d'une riche famille. A ses côtés, son chauffeur Salomon. Pivert est un homme infect. Il n'aime ni les noirs, ni les arabes, ni les allemands, ni les suisses, ni les belges, et lorsqu'il apprend de la bouche même de son chauffeur que celui-ci est juif, c'en est trop. Alors qu'il est au téléphone avec sa femme, il apprend à celle-ci les origines de Salomon qui depuis, a repris le volant. Et c'est l'accident. La voiture dégringole et vient terminer sa course dans un lac.

Après avoir tenté de l'en déloger, Victor Pivert et Salomon se séparent sur la route. Le second part prévenir les gendarmes de l'accident, et quand à Pivert, il se retrouve dans l'usine de chewing-gum dans laquelle est retenu prisonnier Slimane...

Lorsque sortent Les Aventures de Rabbi Jacob le 18 octobre 1973, la guerre du Kippour était déclarée depuis presque deux semaines entre Israël et plusieurs pays arabes. Malgré tout, Gérard Oury décide de sortir le film à la date prévue. Un drame conséquent à sa sortie fit parler de lui dans les médias. L'épouse de l'attaché de presse Georges Cravenne, alors dépressive, prend en otage un avion (un boeing 727) armée d'un fusil 22 long rifle, protestant notamment contre la sortie du film qu'elle juge anti-palestinien. Aucun otage ne sera tué mais malheureusement, l'épouse de Cravenne périra de trois balles dans la tête tirées par un tireur d'élite.

Gérard Oury, qui tourna avec Jean-Paul Belmondo, Coluche, Philippe Noiret, Gérard Jugnot, Bourvil, ou encore Pierre Richard, offrit à Louis de Funès parmi ses meilleurs rôles. Ils formèrent un duo réalisateur-acteur formidable le temps de quatre œuvres inoubliables (Le Corniaud, La Grande Vadrouille, La Folie Des Grandeurs et donc, Rabbi Jacob).

Les Aventures de Rabbi Jacob, s'il n'a pas rapporté autant d'argent que La Grande Vadrouille, n'a pas à rougir face au classique qui réunit de Funès et Bourvil. Leur dernière collaboration se révèle être peut-être l'une des dix plus grandes comédies françaises, porteuse d'un message fort sur l’antisémitisme et la reconversion d'un homme pétri de préjugés qui, au cœur d'une communauté qui va le prendre sous son aile, va changer ses opinions.

Un sujet que l'on aurait beaucoup de mal à imaginer transposé au cinéma aujourd'hui tant toute l'hypocrisie qui caractérise notre pays bâillonne ceux qui désirent s'exprimer sur des sujets aussi délicats que l’antisémitisme. Derrière le message se cache une œuvre drôlissime, ni pro-juifs, ni anti-palestinienne. Il est vrai que « l'arabe » est ici montré du doigt à travers Farès et sa bande quand le juif, lui, est montré comme faisant partie d'un peuple accueillant et sans préjugés. Heureusement, le personnage de Slimane (interprété par l'acteur Claude Giraud) montre un hypothétique rapprochement entre juifs et arabes. Une idéologie qui reste malheureusement encore aujourd'hui utopique mais qu'il fait bon de voir dans ce film.

D'un point de vue strictement technique et artistique, Les Aventures de Rabbi Jacob est une merveille. De très belles cascades (la voiture de Pivert dans le lac), des scènes d'anthologie (l'usine de chewing-gum) et surtout, une danse dont on ne se lassera jamais de parler, interprétée par Louis de Funès lui-même qui répéta longuement la scène, et mise en musique par Vladimir Cosma.

Un classique...

1 commentaire:

  1. Film cultissime ! J'ignorais l'anecdote de l'épouse de l'attaché de presse qui avait pris un avion en otage ! C'est énorme !

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