samedi 12 octobre 2013

Blaxploitation: Brother From Another Planet de John Sayles (1984)



Aussi gentil que le E.T de Steven Spielberg, il a atterrit sur notre planète en 1984. Muet, affolé et vêtu d'une tenue aussi peu adéquate qu'un pyjama, il cherche refuse dans un quartier pas particulièrement connu pour sa sécurité : Harlem. Et plus spécifiquement un bar où quelques habitués traînent tous les soirs. "Trois-Orteils" fait l'objet d'une curiosité auprès de ces derniers qui le croient fou ou alcoolique. Contrairement à tous les extraterrestres qui un jour ont atterrit sur notre planète, "Trois-Orteils" possède un atout: il est noir, ce qui à Harlem est un avantage si l'on veut se fondre dans la foule. Il a surtout un don qui va lui permettre de s'intégrer rapidement parmi les habitants du quartier : il est capable de soigner les blessures et de réparer bornes arcades et flipper par simple imposition des mains.

L'extraterrestre est malheureusement poursuivi par deux de ses congénères, deux blancs, qui comptent bien mettre la main sur le fuyard. "Trois-Orteils" finit par accepter de travailler pour le propriétaire d'une salle de jeux qui va lui demander de réparer toutes les bornes d'arcades tombées en panne. Il va également faire la connaissance de Malverne Davis, une chanteuse has-been qu'un patron de bar embauche dans l'espoir de la mettre dans son lit. Il va surtout tout mettre en œuvre pour faire tomber le chef d'un réseau de drogue qui met en péril la paisible existence des habitants du quartier et fait des victimes parmi les jeunes adolescents...

Blaxploitation : terme relatif à un courant spécifique datant des années soixante-dix et qui mettait en avant les actrices et acteurs d'origine afro-américains. Des œuvres qui leur permettaient non plus de figurer en tant que seconds rôles dans les films mais de jouer les personnages principaux, les acteurs blancs étant alors minoritaires et assez rares dans ce genre de poductions.

Brother From Another Planet est donc de ces films catalogués Blaxploitation. La naissance de ce courant apparaît comme une alternative au cinéma "blanc" et peut gêner alors certains de cette dernière catégorie qui alors ne se reconnaît plus dans ce genre d’œuvre. Pourtant, le film, malgré le message appuyé auquel il fait référence régulièrement (le blanc est un oppresseur), On peut être blanc et pendre celui-ci au deuxième degré pour ne se concentrer que sur les aventures de ce pesonnage hors du commun interprété par Joe Morton. Entouré d'une ribambelle d'acteurs attachants (Steve James, Daryl Edwards, Bill Cobbs), notre gentil extraterrestre parvient sans dire un mot à émouvoir. D'un simple geste ou regard, il montre toute l'humanité qu'il porte en lui, faisant front face à la médiocrité de l'espèce humaine, ici représentée par l'homme blanc. Les dialogues qu'entretiennent les habitués du bar sont peut-être pleins de clichés mais ils demeurent irrésistiblement drôles.

A petits moyens, petits effets-spéciaux puisque en dehors de pieds étranges formés de trois orteils (d’où le nom de notre héros) le film ne compte pas le moindre FX. Tout est dans la simplicité. Les dialogues, nombreux, ne tombent jamais dans le graveleux et le racisme gratuit. Les joutes verbales que s'échangent les acteurs et même les monologues de certains (voir celui du personnage de Bernice, campé par Ren Woods) sont un riche met dont on ne s'ennuie jamais. Brother From Another Planet est donc un excellent représentant de cette catégorie un peu particulière qu'est la Blaxploitation...

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