Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Robert Rodriguez. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Robert Rodriguez. Afficher tous les articles

mardi 26 septembre 2023

Une nuit en enfer (From Dusk till Dawn) de Robert Rodriguez (1996) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Habitué des films cultes, auteur de El Mariachi, de ses suites Desperado et Once Upon a Time in Mexico, de la tétralogie Spy Kids, de Sin City, du diptyque Machete (que l'on désespère toujours de voir devenir une trilogie) ou de Planet Terror et de The Faculty, le réalisateur, scénariste, producteur et musicien mexicano-américain Robert Rodriguez signe en 1995 From Dusk till Dawn connu chez nous sous le titre Une nuit en enfer. Un long-métrage constitué de deux parties parfaitement distinctes. Dans la première, qui s'inscrit dans les genres thriller et action, nous faisons la connaissance de Seth Gecko et de son psychopathe de frère Richie. Deux truands qui ont les flics de tout le pays aux trousses. Leur objectif est de se rendre jusqu'au Titty Twister, un bar situé au Mexique et exclusivement réservé aux routiers afin de prendre contact avec un certain Carlos (l'acteur Cheech Marin connu pour le duo de comiques Cheech & Chong qu'il forma aux côtés de Tommy Chong dès 1971). Pour cela, ils doivent passer la frontière des États-Unis. C'est en prenant en otage l'ancien pasteur Jacob Fuller et ses deux enfants à bord de leur camping-car que les deux hommes y parviendront. À leur arrivée au Ttty Twister, le ton change radicalement puisque Une nuit en enfer se mue en film fantastique et d'horreur gore. En effet, coincés dans le bar, les cinq protagonistes vont devoir combattre une armée de vampires assoiffés de sang ! Heureusement pour eux, ils ne seront pas seuls. Ils pourront notamment compter sur Sex Machine, un biker doté d'un flingue en lieu et place de ses attributs sexuels ainsi qu'un certain Frost. Le long-métrage de Robert Rodriguez est un pur régal non seulement pour les amateurs de cinéma d'horreur et d'action mais aussi et surtout pour les amoureux de cinéma bis qui y dénicheront toute une série d'hommages au septième art le plus populaire qui soit. À commencer par la présence à l'image de Fred Williamson, l'un des artistes majeurs de la Blaxploitation dans le courant des années soixante-dix qui se tourna ensuite vers le cinéma européen et enchaîna quelques films devenus cultes auprès d'une certaine catégorie de spectateurs tels que


Les guerrier du Bronx de l'italien Enzo G. Castellari ou Vigilante de William Lustig qui ne fut autre que le réalisateur du cultissime et très glauque Maniac. Sex Machine est quant à lui interprété par le maquilleur Tom Savini, grand spécialiste des effets-spéciaux gore qui travailla notamment sur Maniac, justement, ainsi que sur Zombie, Creepshow et Le jour des morts-vivants tout trois signés de George Romero ou encore sur les slashers The Prowler et Vendredi 13 : Chapitre final signés en 1981 et 1984 par Joseph Zito. L'on retrouve également au générique, Harvey Keitel dans le rôle de Jacob Fuller quatre ans après sa phénoménale performance dans le traumatisant Bad Lieutenant d'Abel Ferrara, l'adorable Juliette Lewis qui à l'époque enchaîne les succès (Kalifornia de Dominic Sena, Tueurs nés d'Oliver Stone ou Strange Days de Kathryn Bigelow). La vedette de Une nuit en enfer, si tant est que l'acteur se détache réellement de ses partenaires, demeure George Clooney qui depuis la série Urgences a prouvé qu'il était capable de tout jouer (on l'a notamment découvert à plusieurs reprises chez les frères Joel et Ethan Coen). Écrit par le réalisateur Quentin Tarantino qui adapte ici une histoire de Robert Kurtzman, Robert Rodriguez lui offre le rôle de Richie Gecko, véritable allumé qui tire souvent sans raisons sur tout ce qui bouge. Le réalisateur attache une grande importance à la bande-son et c'est la raison pour laquelle le film est en permanence noyé de saturations électriques propres au rock. L'on trouve parmi les interprètes, le célèbre groupe ZZ Top ainsi que Stevie Ray Vaughan, Tito and Tarantula (groupe qui apparaît à l'image sur la scène musicale du bar) ou encore The Mavericks. Au départ, Quentin Tarantino devait réaliser lui-même Une nuit en enfer. Mais préférant se concentrer sur son rôle, la mise en scène échoue entre les mains de son ami Robert Rodriguez après que d'autres noms de réalisateurs aient été envisagés. Ce dernier réalise un hybride parfaitement assumé, survolté, bruitiste et parfois très gore dont le défaut majeur reste cependant la conception des effets-spéciaux numériques qui sonnent véritablement faux. Contrairement aux maquillages qui eux sont plutôt convaincants ! Robert Rodriguez signe avec Une nuit en enfer un authentique classique du cinéma fantastique et horrifique, porté par des interprètes qui n'ont pas peur de se salir les mains et accessoirement leur réputation. Un bon gros délire inusable, à voir et à revoir à de multiples reprises...

 

lundi 25 septembre 2023

The Faculty de Robert Rodriguez (1998) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Réalisé par un artisan du septième art qui sait parler à son public et aller droit au but, The Faculty est une petite merveille alliant science-fiction, épouvante et teen-movie. Mis en scène par Robert Rodriguez en 1998, le long-métrage réunit une bande d'adolescents dont certains connurent ou connaîtront une brillante carrière. L'on y retrouve notamment l'actrice Piper Laurie qui fit connaître l'enfer à Sissy Spacek dans Carrie au bal du Diable de Brian De Palma, Famke Janssen qui interpréta une James Bond Girl dans l'excellent Goldeneye de Martin Campbell avant d'incarner Jean Grey dans la franchise X-Men, Robert Patrick que l'on découvrit en indestructible T-1000 dans Terminator 2 de James Cameron et bien sûr, Elijah Wood, futur Frodon Sacquet de la trilogie de Peter Jackson, Le seigneur des anneaux ou tueur psychopathe du remake de Maniac de William Lustig réalisé en 2012 par le réalisateur et scénariste français Franck Khalfoun. The Faculty s'inscrit dans un genre très précis de la science-fiction que l'on nomme Body Snatcher. Le concept est simple puisqu'il s'agit pour une ou plusieurs entités extraterrestres d'envahir notre planète en se dissimulant sous une apparence humaine. Des créatures se substituant donc aux hommes et aux femmes mais dont certains signes physiques ou comportementaux trahissent en général leurs origines. L'un des cas les plus célèbre concerne L'invasion des profanateurs de sépultures réalisé par Don Siegel en 1958 sur la base d'un script écrit entre Daniel Mainwaring et Richard Collins et inspiré par le roman éponyme de Jack Finney écrit trois ans auparavant. Suivirent trois remakes dont le meilleur d'entre eux, L'invasion des profanateurs de Philip Kaufman, sortira vingt ans plus tard. Le concept est assez courant dans le septième art, représenté avec plus ou moins bon goût, il fut au centre de quelques pépites indémodables telles que The Thing de John Carpenter, l'un des grands chefs-d’œuvre du genre, liste à laquelle nous ajouterons sans hésiter le très troublant et remarquable Under the Skin de Jonathan Glazer, lequel est principalement interprété par l'actrice américaine Scarlett Johansson. Pour revenir à The Faculty, l'intrigue se déroule dans un lycée typique de ceux que l'on croise dans n'importe quel long-métrage ou série télévisée américains.


Il met donc en scène une poignée d'étudiants très représentatifs parmi lesquels le capitaine de l'équipe de football américain de l'établissement, un cancre dealer de drogue, une cheerleader responsable du journal local, le photographe du dit journal qui est en outre le souffre-douleur du bahut, une marginale ainsi qu'une toute nouvelle élève. Un groupe a priori dysfonctionnel qui va pourtant serrer les fesses et devoir accepter de mettre les différences des uns et des autres de côté pour contrer une invasion extraterrestre. En effet, Delilah (Jordana Brewster), Zeke (Josh Hartnett), Stokely (Clea Duvall), Stan (Shawn Hatosy), Marybeth (Laura Harris), et Casey (Elijah Wood) vont devoir affronter les responsables et les professeurs de leur lycée qui apparemment, ne sont plus ceux qu'ils étaient jusqu'à maintenant. Face à eux, Robert Patrick, Famke Janssen, Piper Laurie ou encore Bebe Neuwirth qui interprète la principale de l'établissement. Plus que L'invasion des profanateurs de sépultures, Robert Rodriguez semble s'être surtout inspiré de The Thing de John Carpenter même si ses jeunes interprètes évoquent le premier et non le second. Pourtant, l'hommage au classique qui eut le malheur de sortir à deux semaines d'intervalle avec le E.T., l'extra-terrestre de Steven Spielberg (avec les conséquences que l'on connaît) est criant : plusieurs séquences s'y réfèrent effectivement. Le test sur les membres du groupe afin de dénicher un éventuel imposteur ou encore celle lors de laquelle se déplace au sol une tête munie de pattes d'araignée. D'ailleurs, à ce propos, bien que le film soit postérieur de seize années à celui de John Carpenter, les spectateurs reconnaîtront qu'en matière d'effets-spéciaux, The Faculty pâtit malheureusement d'images de synthèse souvent atroces comme lors de cette séquence justement tandis que les effets pratiques de The Thing ont conservé toute leur puissance. Malgré des effets spéciaux qui sonnent souvent faux, The Faculty est une petite bombe. Ses jeunes interprètes sont attachants, les profs jouissivement détestables et la mise en scène de Robert Rodriguez très énergique. Une sorte de Breakfast Club (John Hughes, 1985) en mode ''invasion''. Cultissime...

 

samedi 6 juillet 2019

Alita: Battle Angel de Robert Rodriguez (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



La genèse de Alita: Battle Angel remonte aujourd'hui à vingt ans. C'est en effet à la toute fin du siècle dernier que James Cameron s'appropriait les droits du ''seinen manga'' Gunnm du mangaka japonais Yukito Kishiro. Mais alors que la suite de Avatar, le projet le plus important du cinéaste, scénariste et producteur américain auteur des deux premiers volets de la franchise Terminator et de Titanic et Abyss fait déjà partie du planning du réalisateur depuis maintenant quelques années (sa sortie était prévue à l'origine pour 2016 avant d'être repoussée pour l'année suivante jusqu'à ce que l'on apprenne que Avatar 2 ne sortirait finalement qu'en 2021), James Cameron en devient finalement le producteur, laissant ainsi au réalisateur mexicain Robert Rodriguez l'occasion de se frotter au scénario de son principal instigateur et de Laeta Kalogridis.
Robert Rodriguez est notamment célèbre pour avoir tourné la trilogie ''El Mariachi '' entre 1992 et 2003 (El Mariachi, Desperado et Once Upon a Time in Mexico), la série des Spy Kids, Planet Terror, mais aussi et surtout les délirants From Dusk Till Dawn, Machete, et Machete Kills (on attend d'ailleurs toujours le troisième volet de la franchise). Alita: Battle Angel est le projet le plus ambitieux du cinéaste mexicain et même s'il reconnaît que le film est avant tout le ''bébé'' de James Cameron, c'est pourtant bien lui qui l'a mis en scène.

Tout n'étant qu'histoire de goût, on trouve un peu tout et parfois n'importe quoi en matière de critiques, certains estimant que l'avant dernier long-métrage du cinéaste est ce qu'il a réalisé de meilleur. D'autres (comme moi) lui préféreront sans doute la période qui couvre la sortie de El Mariachi en 1992 et se clôt en 1998 avec The Faculty, ou celle qui débutait en 2007 avec Planet Terror et se terminait en 2013 avec Machete Kills. Contraint de remplir le cahier des charges de tout bon (ou mauvais) blockbuster qui se respecte, Alita: Battle Angel offre une profusion d'effets-spéciaux qui ont la particularité de ne jamais pousser dans leurs derniers retranchements les techniques employées (ici, les CGI et la Motion Capture) afin de donner partiellement au film, l'aspect du manga dont il s'inspire.

Si en la matière, on oscille entre le très bon (l'héroïne, la cité, l'univers cyberpunk) et le moyen (la plupart des méchants ou les courses de Motorball ''scrupuleusement' pompées sur le classique de Norman Jewison, Rollerball), Alita: Battle Angel reste très largement au dessus de certains longs-métrages fort peu inspirés et parfois même de très mauvais goût (le pathétique Valérian et la Cité des Mille Planètes de Luc Besson). L’œuvre de Robert Rodriguez se rapproche en fait davantage d'un Ghost in the Shell ''live'' réalisé en 2017 par le cinéaste américain Ruppert Everett que d'un Mortal Engine mis en scène par Christian Rivers et produit par Peter ''Le Seigneur des Anneaux'' (j'aurai préféré citer Bad Taste, mais bon....) Jackson visuellement outrancier et scénaristiquement vide !

Concernant l'histoire, et ce même si James Cameron s'attachait à conserver quelques idées de la série de mangas de Yukito Kishiro, c'est un peu toujours la même histoire. Le combat entre le Bien et le Mal dans un univers ciberpunk plutôt bien retranscrit, avec ses gueules patibulaires, et ses gentils pas toujours très lisses. Le principal soucis que rencontrera une partie du public se situe au niveau de la forme prise par le réalisateur. Plus que le scénario, c'est l'approche du mexicain qui risque de faire tiquer les plus... ''vieux'' qui ne se reconnaîtront sans doute pas dans cet exercice de style à l'attention d'un public jeune (normal, puisque le concept même du ''seinen manga'' fait de la plupart de ses héros, des adolescents). On pourrait élargir le champ en invoquant le fait même que Alita: Battle Angel ressemble à une très longue cinématique de jeu vidéo, tout comme les combats et certains ''caractères''. A propos des combats, justement : Robert Rodriguez s'en sort sans égratignures. Avec la caractérisation du personnage principal Alita incarné par l'actrice Rosa Salazar, c'est dans ce domaine que le film s'en sort le mieux. Presque dignes de ceux que l'on peut notamment voir chez nos lointains voisins japonais ou sud-coréens. Si dans l'ensemble, pas mal de passages s'avèrent particulièrement bourrins, la caractérisation du personnage principal est suffisamment convaincante (émouvante, Alita est à la recherche permanente de ses origines) pour que le spectateur le moins enclin à supporter cette profusion d'action et d'effets-spéciaux reste dans son fauteuil jusqu'au générique de fin. De là à dire que James Cameron et Robert Rodriguez ont signé un chef-d’œuvre de science-fiction cyberpunk, il ne faut pas exagérer. Un bon divertissement des familles qui pourra éventuellement donner des maux de têtes aux néophytes en la matière ainsi qu'aux réfractaires de tous poils...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...