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samedi 11 mai 2019

L'Étrange Créature du Lac Noir de Jack Arnold (1954) - ★★★★★★★☆☆☆


C'est avec une certaine émotion mêlée de nostalgie que je redécouvrais cette nuit L'Étrange Créature du Lac Noir du cinéaste américain Jack Arnold, l'un des spécialistes du cinéma bis des années cinquante qui nous offrit quelques fleurons du genre auxquels on peut immédiatement rattacher It Came from Outer Space (1953), Tarantula (1955) et surtout son The Incredible Shrinking Man de 1957 connut chez nous sous le titre L'homme qui Rétrécit. Émotion et nostalgie car c'est en famille, et notamment avec mon père auprès duquel j'avais l'habitude de suivre ''La Dernière Séance'', le double programme présenté à l'époque par le chanteur et cinéphile Eddy Mitchell, que la chaîne anciennement nommée FR3 (et connue désormais sous le nom de France 3) programmait en ce jour exceptionnel du 19 octobre 1982, le film de Jack Arnold dont l'une des particularités fut d'être projeté en relief, ancêtre aujourd'hui démodé de la 3D. Je me souviens encore très précisément du rituel auquel il nous a fallut nous adonner au préalable si nous voulions avoir tous ensemble le plaisir de découvrir L'Étrange Créature du Lac Noir sans avoir à s'abîmer devant une image trouble reproduisant ce que chaque œil est censé voir indépendamment de l'autre, créant ainsi l'effet ''trois dimensions'' tant désiré. Divers programmes télé (nous avions l'habitude d'acquérir chaque semaine le petit magasine Télé Poche) proposait cette semaine là de procurer aux spectateurs un certain nombre de lunettes permettant de découvrir le film de Jack Arnold dans de bonnes conditions. La particularité de ces lunettes dites stéréoscopiques était contenue dans la différence de couleur de chacun des deux verres, l'un étant de couleur rouge et l'autre cyan.

Outre l'aspect historique du procédé et le souvenir d'une soirée en famille authentiquement divertissante, L'Étrange Créature du Lac Noir était de plus un excellent film d'aventures et d'épouvante représenté par l'une des plus belles créatures fantastiques de l'époque pendant que d'autres arboraient très souvent un look éminemment ringard et grotesque. L'aventure de cette Étrange Créature du Lac Noir se situe en Amazonie. Lors de fouilles, le professeur Carl Maia, directeur de l'institut de biologie maritime découvre le bras d'une créature pétrifié par le temps et enfoui dans la roche dont il ignore l'origine. Rapporté à l'institut, cette pièce archéologique intéresse de très près son ami le docteur David Reed (Richard Carlson) et son amie Kay Lawrence qui décident de se lancer en sa compagnie ainsi qu'en celle du docteur Mark Williams (Richard Denning) qui finance alors le projet, dans la recherche du reste du corps. Lorsque l'équipe arrive à bord du rafiot Rita commandé par le capitaine Lucas, ils découvrent un camp dévasté et surtout, le cadavre d'un assistant du professeur Carl Maia auquel ce dernier avait confié la tâche de surveiller les lieux. Très rapidement, l'équipage de scientifiques est attaqué par une créature soumarine similaire à celle découverte dans la roche. Un monstre amphibien capable de nager dans les profondeurs du fleuve et de marcher sur la terre ferme. Attiré par la présence de la belle Kay Lawrence (l'actrice Julia Adams), la créature n'aura de cesse de vouloir la kidnapper pour l'emmener jusque dans son repaire. La défense s'organise alors entre les membres de l'équipe scientifique. Si le docteur David Reed est venu étudier la créature, le docteur Mark William, lui, espère le chasser et le tuer afin d'en faire son trophée...

Âgé de plus d'un d'un demi-siècle, L'Étrange Créature du Lac Noir a conservé une bonne partie de son intérêt. Jack Arnold s'y connaît pour maintenir une certaine tension même si durant un certain temps, il ne nous offre qu'une succession de séquences situées sous l'eau n'ayant que trop peu d'intérêt. Par contre, dès lors que les personnages sont confrontés frontalement à la superbe créature mi-homme, mi-poisson, l'une des plus remarquables de ce cinéma fantastique des années cinquante, le film prend une vigueur qui se maintient encore de nos jours. Assauts ininterrompus de la créature recherchant à s'accaparer la belle scientifique. Confrontation entre deux chercheurs en total désaccord sur les méthodes à employer. Le film n'est pas loin de ces films de monstres où l'héroïne féminine opère une certaine forme de séduction sur la créature. On pense notamment au King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack de 1933 ou à celui du remake réalisé par le cinéaste John Guillermin trente-trois ans plus tard. L'Étrange Créature du Lac Noir fait définitivement partie de la mythologie du cinéma d'épouvante. L'une des pièces emblématiques du bestiaire fantastique. Un classique !

mercredi 13 septembre 2017

Psychic Killer de Raymond Danton (1975) - ★★★★★★☆☆☆☆



Au premier abord, Psychic Killer peut paraître comme un film policier tout à fait commun. Mais comme le titre l'indique assez justement, les meurtres qui vont y être commis par le personnage incarné par l'acteur Jim Hutton sont assez différents de ceux auxquels ont à généralement l'habitude d'assister dans ce type de long-métrage. Tout commence dans la section psychiatrique d'un établissement pénitentiaire dans lequel le docteur Laura Scott étudie le cas d'Arnold James Masters. Un individu condamné pour avoir tué le médecin de sa mère. Le prisonnier/malade a eu beau clamer son innocence, cela ne l'a pas empêché de finir en prison. Avec sa gueule inquiétante, l'acteur Jim Hutton ne pouvait que personnifier à merveille cet individu qui dès les premiers instants en rappelle un autre, tout aussi flippant mais également, beaucoup plus malsain: Georges Tatum, le dingue du surestimé Cauchemars à Daytona Beach de Romano Scavolini, interprété par Baird Stafford. Les deux hommes partagent une même incarnation. Celle d'hommes fragilisés par des rêves morbides et par des pulsions de meurtres irrépressibles. Deux individus libérés pour d'obscures raisons de leur cage mais qui vont aussitôt se remettre à l'ouvrage. Du moins c'est la première impression que l'on a puisqu'ils vont ensuite prendre des voies totalement différentes. A vrai dire, celle que choisi Arnold Masters va tout d'abord en contradiction totale avec ses revendications passées. Lui qui clamait à raison son innocence va se transformer en un tueur, ivre de faire payer à ceux qui l'ont envoyé en prison.

Masters vise en premier lieu le psychiatre qui a jugé de sa responsabilité durant le procès. Puis l'infirmière qui durant plusieurs jours ne s'est pas préoccupée de la santé de sa mère et l'a laissée mourir. Ensuite, c'est le flic qui l'a arrêté et témoigné contre lui qui fait les frais de la vengeance de Masters. C'est là qu'intervient l'acteur américain Paul Burke, lequel a surtout fait carrière durant les années cinquante, et soixante. Dans Psychic Killer, il interprète le flic Jeff Morgan ui sera chargé d'enquêter sur cette série de meurtres étranges, bientôt épaulé par le docteur Laura Scott qui elle est campée par l'actrice Julie Adams.
La spécificité du tueur, ici, est assez particulière puisqu'Arnlod Masters tue à distance. Détenant une curieuse amulette qu'un ancien codétenu qui s'est suicidé lui a confié, Arnold plonge alors dans un état de catatonie durant lequel, son esprit se libère de son entrave charnelle pour payer aux autres la mort de sa mère ainsi que son emprisonnement. D'où la difficulté pour Jeff Morgan de prouver la culpabilité de Masters alors même que celui-ci est chez lui au moment même où sont commis les meurtres. De plus, la présence de policiers surveillant le suspect étayant son alibi, rien ne peut contraindre Morgan d'arrêter Masters. C'est alors là qu'intervient le Docteur Gubner (l'acteur Nehemiah Persoff).

Si dans l'ensemble le film de Raymond Danton est assez réussi, avec des meurtres pas toujours réjouissants bien qu'originaux, c'est surtout la toute première partie qui intéresse. Celle que l'on aurait sans doute préférer voir se prolonger plutôt que la vague de meurtres insuffisamment exposés. En effet, dès les premières secondes, on saisit tout le potentiel de Jim Hutton qui ainsi, incarne véritablement à la perfection son personnage. Un interprète au final tout aussi inquiétant que son personnage. Du haut de son mètre quatre-vingt huit, son regard halluciné, son visage en sueur, et sa façon d'interpréter la peur et la folie font des merveilles. Étonnante que cette pellicule sortie de nulle part. Une œuvre nébuleuse pourtant interprété par quelques acteurs relativement célèbres, à l'image de l'incroyable Neville Brand, le fou furieux du Crocodile de la Mort de Tobe Hooper ou de Terreur Extraterrestre de Greydon Clark...
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