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vendredi 13 mars 2026

The Soldier's Revenge de David Worth (1986) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ancien vétéran de la guerre du Vietnam ayant dénoncé les exactions de l'armée américaine lors d'une mission qui fit de nombreuses victimes innocentes, Frank Morgan (l'acteur John Savage) est accueilli froidement par la population de sa ville natale. Considéré comme un traître à la nation, il est pris à partie par certains habitants qui voient son retour d'un mauvais œil. Tandis qu'il est contraint d'affronter plusieurs d'entre eux, cet ancien pilote d'avion est engagé par Beatriz (Maria Socas), une jeune femme contrainte de transporter des armes jusqu'en Amérique latine où le chef d'un groupe de mercenaires révolutionnaires retient son père prisonnier. L'occasion pour Frank de fuir ceux qui en veulent à sa peau. Arrivé à destination, il rencontre Ricardo (Edgardo Moreira), le chef de la résistance en question. Mais alors que l'un des membres du groupe armé annonce que le père de Beatriz est finalement mort lors d'un ''accident'', Frank tente de convaincre Ricardo d'abandonner toute tentative de renverser l'état, prônant ainsi un retour à la paix. Ce que n'entend bien évidemment pas d'entreprendre le chef des rebelles qui décide alors de faire exécuter les deux américains... Divisé en trois parties, la ''revanche'' promise par The Soldier's Revenge va prendre pourtant des allures de message pacifiste. Prenant ainsi le contre-pied de l'un des classiques du genre, le Rambo signé en 1982 par le réalisateur américain Ted Kotcheff avec dans le rôle-titre, l'acteur Sylvester stallone. Alors que dans ce dernier, le héros mettait à feu et à sang la petite ville forestière de Hope après en avoir été chassé par le shérif Will Teasle qui le traqua ensuite avec ses adjoints au cœur d'une région montagneuse, le protagoniste de The Soldier's Revenge prend le parti de fuir la ville pour aider sa partenaire féminine lors d'un raid à l'étranger particulièrement dangereux. Alors que l'on s'attend à ce que la ''revanche'' du titre prenne place en Amérique Latine et non plus sur le territoire des États-Unis, rien ne va véritablement se dérouler comme le petit film d'action et de guerre que le long-métrage de David Worth semble être. Au vu de certaines séquences comme celle renvoyant Frank Morgan dans le passé, au moment juste où il constatait l'effroyable spectacle d'un village vietnamien dont tous les habitants ou presque avaient été tués, l'on comprend que le budget alloué au tournage du film n'a sans doute pas dû dépasser les quelques centaines de milliers de dollars. Et quel meilleur exemple pour confirmer cette impression que ce passage lors duquel notre héros affronte deux soldats ennemis dans ce qui semble être un sous-bois et certainement pas l'un de ces paysages exotiques qui font la particularité de pays étrangers tels que le Vietnam...


Une scène témoignant du caractère miséreux des moyens financiers consacrés à un film dont son auteur va pourtant tout mettre en œuvre pour cacher ses défauts derrière quelques séquences plus ambitieuses que ne le permettent le budget ! Alors que la première partie est percluse de défauts, entre la séquence souvenir en question ou la bagarre dans le bar filmée de telle manière qu'elle devient parfaitement illisible, le voyage en avion de Frank et Beatriz précédant leur arrivée en terre étrangère améliore quelque peu le contenu du long-métrage. Et ce, même si certains inserts plutôt curieux demeurent des choix qui restent encore très énigmatiques. Comme ces deux ou trois plans qui voient les mains des deux principaux protagonistes se frotter l'une à l'autre tandis qu'ils évoquent leur désir commun. Drôles de plans qui semblent avoir été produits en d'autres lieux et en d'autres temps. The Soldier's Revenge se poursuit ensuite alors que l'avion a finalement atterrit à quelques dizaines de kilomètres de sa destination en raison d'une panne annoncée de carburant. Sur un petit aéroport... Le hasard faisant d'ailleurs bien les choses puisque Ricardo et plusieurs de ses hommes les y attendent justement... Si l'on observe le fait que l'avion devait tenir jusqu'au bout et atterrir quelques cinquante kilomètres plus loin, comment expliquer que le chez de la rébellion se trouve dans ce petit aérodrome, perdu au milieu de nulle part ? Faisant parfois fi de toute vraisemblance, The Soldier's Revenge est surtout en manque de séquences véritablement musclées. Quelques explosions et fusillades agrémentent il est vrai le récit, mais pour un film qui se veut être la vengeance d'un soldat de l'armée américaine, le film de David Worth montre très rapidement ses limites. Au final, l'on tient là une bisserie typique des années quatre-vingt. Entre film de guerre, d'action et drame à la psychologie résiduelle. Bref, une petite série B à réserver tout d'abord aux amateurs du genre...

 

mercredi 26 juin 2019

Predatorman de Tim Cox (2004) (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Est-ce la chaleur ? Je n'en sais rien. Une certaine anxiété quand à l'avenir hypothétique de mon premier fanzine au format ''papier'' ? Là encore, aucune réponse valable. Tel un ogre je mange, bouffe, dévore des films à la pelle sans pratiquement avoir jamais envie d'en donner mon ressenti. Trop de déceptions et peut-être l'envie de n'écrire désormais que sur ceux qui m'ont véritablement marqué. La dernière fois, c'était Batman, un héros, pour le coup, vraiment super. Du moins ce qu'en a fait Christopher Nolan avec le très sombre Batman Begins.

Je n'aurais par contre pas pu vous parler de A Vigilante de Sarah Daggar-Nickson, dont il s'agit du premier long-métrage car je n'ai pas eu la force, le courage ou tout simplement la patience d'aller jusqu'au bout. Éminemment ennuyeux, proposant un sujet difficile dont certains atours auraient très certainement fait ''mouiller'' de plaisir la fondatrice des ''Chiennes de Garde'', oui, je parle bien d'Isabelle Alonso, cette femme assez peu sensuelle essayant vainement de ''castrer'' la gente masculine qui semble vouer une haine envers les hommes. Ou encore Christine Angot, cette pseudo-intellectuelle et écrivain(e) dont l'attitude rebuterait n'importe quel mâle normalement constitué. Et je ne parle même pas de Solveig Halloin, cette ''activiste'' (à défaut d'être actrice puisque personne ne veut d'elle autrement que sur un plateau de télé) mythomane extrémiste échappée de l'asile qui à chacune de ses interventions télévisuelles ruine tout le travail accompli jusque là par celles et ceux dont elle se revendique ! Mais je m'égare. Non, A Vigilante ne m'a pas du tout intéressé. Loin de l’œuvre pourtant PRESQUE éponyme signée par William Lustig en 1981, juste après le culte Maniac, le film de Sarah Daggar-Nickson joue dans la catégorie ''cinéma indépendant'' la plus chiante qui soit. Pas un brin de scénario, de pseudo-témoignages de femmes battues par leur conjoint respectif, et une héroïne traumatisée par un passé personnel assez lourd qui leur vient en aide en menaçant les époux des victimes de leur faire la peau s'ils ne leurs fichent pas définitivement la paix. Entre séances thérapeutiques, errances diurnes ou nocturnes dans des quartiers mal famés, et passages à tabacs malheureusement trop rares, le film s'enlise dans un contexte moribond qui ne pourra qu'éloigner ceux qui désiraient découvrir une version féminine et tout aussi nerveuse d'Un Justicier dans la Ville de Michael Winner avec Charles Bronson... Dans le genre, je ne saurais mieux vous conseiller que de retourner voir L'Ange de la Vengeance d'Abel Ferrara ou le plus récent et très efficace Revenge de Coralie Fargeat...

Et puis, m'est revenu en mémoire le seul long-métrage des six constituant la ''collection Mutants'' que j'ai pu voir jusqu'ici : Mosquitoman de Tibor Takács... Le genre de film qui n'améliore jamais vraiment la condition d'un cinéphile mais qui peut très facilement convenir à l'amateur de nanars. Un sous-produit qui pillait sans vergogne le classique (enfin... l'un des classiques) du canadien David Cronenberg, La Mouche. C'est donc après mûre réflexion (tu parles ! Décision fut prise après seulement quelques minutes!) que j'ai décidé de me lancer dans l'aventure Predatorman, cette fois-ci réalisé en 2004 par Abraham Cox sous le pseudonyme de Tim Cox (celui-là même qui réalisera un Morphman du même tonneau l'année suivante ou entre 2014 et 2018, plusieurs épisodes de la série zombiesque Z Nation.

Ça commence plutôt ''bien''. Dans une pâle copie de l'ouverture de L'Exorciste de William Friedkin (vous savez, la scène se déroulant en Irak) mélangée à une certaine séquence de fouilles archéologiques menée par des nazies en Égypte dans Indiana Jones et le Temple Maudit de Steven Spielberg, une équipe d'archéologues dirigée par un certain Docteur Woodman abominablement doublé en français par un type apparemment atteint d'insuffisance respiratoire (le pauvre!) découvre une arche... Humpf !

Qui renferme ''l'Étoile du Matin'', une pierre merveilleuse pour laquelle se déchira il y a très longtemps l'empire romain et qui désormais, va servir au bénéfice du docteur Woodman qui à l'aide de cette pierre aux étranges pouvoirs va créer une créature plus évoluée encore que l'homme lui-même. Le dernier chaînon de l'évolution et le plus haut placé dans celle de la chaîne alimentaire. Jusqu'ici enfermé dans une sorte de sarcophage mettant à l'abri les scientifiques travaillant sur sa création, le Predatorman se libère de son entrave et tue la quasi totalité des membres de l'équipe. Sont encore en vie le Docteur Woodman ainsi que le petit génie en l'informatique, Charlie Dryfus (l'acteur James Marshall). Les deux hommes sont bientôt rejoints par une équipe de soldats rompue à ce genre de mission périlleuse à la tête de laquelle se situe Talon (L'actrice Michelle Goh) qui contrairement aux ordres qui étaient d'éliminer le reste des survivants choisit de leur laisser la vie sauve et de traquer à l'aide des deux scientifiques et de ses propres hommes, la créature mi-homme-mi-reptile qui évolue toujours dans le complexe scientifique.

Ça a l'air alléchant, mais au final, Predatorman est d'une sécheresse scénaristique et visuelle proprement scandaleuse. Le film n'est qu'un ersatz laxiste du Predator de Jonh McTiernan. Sorti dans son pays d'origine (les states) sous le titre Alien Lockdown, le film de Tim Cox peut effectivement faire aussi penser non pas au classique de Ridley Scott, Alien, le Huitième Passager, mais à la suite plus musclée que lui donna James Cameron en 1986, Aliens, le Retour. Mal joué, et de surcroît, mal doublé (toujours cette voix d'asthmatique dont est affublé la seule ''star'' du film, John Savage, Predatorman emprisonne littéralement le spectateur dans un visuel dégueulasse où se joue un duel éternel entre obscurité et verts criards ! C'est chiant, même pas digne de la pourtant très mauvaise série télévisée Au Delà du Réel l'Aventure Continue (c'est vous dire si le cas Predatorman est désespéré). Même Mosquitoman lui est infiniment supérieur. Les décors sont vides, moches, et ressemblent davantage à des couloirs d'égouts désaffectés qu'à un véritable complexe scientifique. Seule la créature semble intéressante lors de sa présentation. Encore uniquement mue par sa propre respiration, le travail effectué sur les écailles que constitue sa peau est plutôt convaincant. Son visage quant à lui est indéniablement inspiré de celui du Predator de McTiernan. Malheureusement, le ridicule arrive assez rapidement à la charge et voir évoluer la créature tel un singe alors qu'elle est tout de même censée représenter une évolution majeure de l'espèce humaine peut prêter à sourire... Au final, vous l'aurez compris, Predatorman n'a vraiment rien à offrir si ce n'est de quoi s'offrir une soirée entre potes... bien bourrés au demeurant...
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