À l'origine, un jeu
développé par DarkStone Digital et
distribué par DreadXP.
Si celui-ci sort en 2022, l'intrigue se déroule pourtant en 1998 et
le joueur y incarne Rebecca Owens qui après son arrivée dans la
petite ville de River Fields dans le Connecticut accepte un emploi
d'assistante d'embaumeuse auprès du propriétaire des lieux. Un
certain Raymond Delver qui lui confie un soir la charge de s'occuper
de plusieurs corps. Dès lors, d'étranges événements vont se
produire au sein de l'établissement... Concernant l'adaptation sur
grand écran intitulée comme le jeu The Mortuary
Assistant,
le long-métrage est réalisé par Jeremiah Kipp, un habitué des
courts-métrages et auteur de quelques productions cinématographiques
dont certaines sont là encore horrifiques. Un artisan de
l'épouvante, de l'horreur et du fantastique qui donc s'avère
logiquement capable de donner le meilleur de lui-même pour faire
ressentir à ses spectateurs le même type de frissons qu'éprouvèrent
probablement les joueurs qui s'adonnèrent au jeu sur les différentes
plateformes où il fut mis à leur disposition. D'emblée, The
Mortuary Assistant
renvoie
immédiatement à une autre production se déroulant quasi
exclusivement dans une morgue. L'excellent The
Autopsy of Jane Doe d'André
Øvredal dans lequel un père et son fils, tous deux médecins
légistes, étaient en proie à des événements surnaturels après
l'arrivée dans leurs locaux du corps parfaitement conservé d'une
jeune femme non identifiée... La comparaison s'arrêtant presque à
la seule situation environnementale dans laquelle évoluent les rares
personnages et à toute une série d'événements une fois de plus
ancrés dans le domaine du fantastique, le film de Jeremiah Kipp
apparaît tout d'abord comme une repompe du long-métrage du cinéaste
norvégien avant que l'on ne comprenne que c'est le créateur
indépendant du jeu Brian Clarke qui s'est peut-être (et je dis
bien, peut-être) laissé inspirer par le film d'André Øvredal qui
est antérieur de six ans à sa création vidéoludique. Une
supposition fondée sur des éléments qui rapprochent tant
l'adaptation cinématographique de l’œuvre du norvégien que la
déception de ne pas retrouver chez Jeremiah Kipp ce même talent
pour la production du Grand Frisson cher aux meilleurs artisans de
l'épouvante ou aux concepteurs des meilleurs jeux de Survival-Horror
se
fait très rapidement ressentir. La faute, sans doute, à un script
pourtant écrit par le créateur du jeu lui-même ainsi que par la
scénariste Tracee Beebe dont plusieurs d'entre eux ont semble-t-il
par le passé remporté de nombreux prix dans divers festivals...
On
reconnaît d'ailleurs ici la patte de cette dernières, souvent
préoccupée par l'implication de personnages féminins dotés d'une
forte personnalité. Elle est donc dans son élément avec celui de
Rebecca justement, qu'incarne à l'image l'actrice Willa Holland. Une
jeune femme bourrée de failles psychologiques qui vient de fêter sa
première année sans consommation de drogues aux côtés de
l'association qui lui vient en aide, dirigée par Kelly (Keena
Ferguson Frasier). Rebecca vient de remporter le poste
d'assistante-embaumeuse dans une morgue tenue par le sinistre Raymond
(Paul Sparks) après un stage de quelques semaines. Un type au
comportement outrageusement ambigu qui lui demande un service en lui
confiant la charge d'embaumer et d'incinérer quatre cadavres. Et
c'est là que le début des ennuis va débuter pour la jeune femme
ainsi confrontée à des phénomènes surnaturels que Raymond
expliquera rapidement comme étant la présence de démons dont l'un
d'entre eux semble vouloir s'en prendre à son assistante !
Allez savoir pourquoi d'ailleurs puisque rien ne vient véritablement
corréler la seule présence de Rebecca à la morgue avec l'emprise
dont elle devient très vite la victime. En cela, The
Mortuary Assistant
a parfois des airs de Evil Dead
du pauvre. De la grand-mère de l'héroïne interprétée par Shelly
Gibson en passant par son père Ben joué par John Adams, les
''possédés'' agissent comme s'ils s'étaient échappés de l'un des
volets de la franchise initiée à la toute fin des années
soixante-dix par Sam Raimi. Sauf qu'ici, tout sonne faux. À un point
tel que l'ensemble s'avère ridicule. La mise en scène brouillonne
de Jeremiah Kipp qui pour le coup semble se contenter de suivre le
script de ses deux scénaristes n'arrange rien. C'est plat,
inefficace en terme d'épouvante et l'on ne retient pas grand chose
d'autre de cette expérience faussement angoissante que les quelques
effets gore qui par contre sont fort convaincants. Autant dire que
The Autopsy of Jane Doe n'a
aucun soucis à se faire avec cette concurrence au scénario
chaotique qui se veut probablement être d'abord une métaphore un
peu foireuse sur la drogue en reprenant peu ou prou toute les phases
de l'addiction et ses répercussions sur la vie de l'héroïne. Le
film repose également sur le deuil. Malheureusement, les diverses
apparitions du père décédé ne font que confirmer le ridicule de
l'ensemble. On se prête davantage à sourire devant la naïveté de
la mise en scène qu'à trembler pour la jeune Rebecca. Dommage...
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