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dimanche 9 août 2026

The Mortuary Assistant de Jeremiah Kipp (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

À l'origine, un jeu développé par DarkStone Digital et distribué par DreadXP. Si celui-ci sort en 2022, l'intrigue se déroule pourtant en 1998 et le joueur y incarne Rebecca Owens qui après son arrivée dans la petite ville de River Fields dans le Connecticut accepte un emploi d'assistante d'embaumeuse auprès du propriétaire des lieux. Un certain Raymond Delver qui lui confie un soir la charge de s'occuper de plusieurs corps. Dès lors, d'étranges événements vont se produire au sein de l'établissement... Concernant l'adaptation sur grand écran intitulée comme le jeu The Mortuary Assistant, le long-métrage est réalisé par Jeremiah Kipp, un habitué des courts-métrages et auteur de quelques productions cinématographiques dont certaines sont là encore horrifiques. Un artisan de l'épouvante, de l'horreur et du fantastique qui donc s'avère logiquement capable de donner le meilleur de lui-même pour faire ressentir à ses spectateurs le même type de frissons qu'éprouvèrent probablement les joueurs qui s'adonnèrent au jeu sur les différentes plateformes où il fut mis à leur disposition. D'emblée, The Mortuary Assistant renvoie immédiatement à une autre production se déroulant quasi exclusivement dans une morgue. L'excellent The Autopsy of Jane Doe d'André Øvredal dans lequel un père et son fils, tous deux médecins légistes, étaient en proie à des événements surnaturels après l'arrivée dans leurs locaux du corps parfaitement conservé d'une jeune femme non identifiée... La comparaison s'arrêtant presque à la seule situation environnementale dans laquelle évoluent les rares personnages et à toute une série d'événements une fois de plus ancrés dans le domaine du fantastique, le film de Jeremiah Kipp apparaît tout d'abord comme une repompe du long-métrage du cinéaste norvégien avant que l'on ne comprenne que c'est le créateur indépendant du jeu Brian Clarke qui s'est peut-être (et je dis bien, peut-être) laissé inspirer par le film d'André Øvredal qui est antérieur de six ans à sa création vidéoludique. Une supposition fondée sur des éléments qui rapprochent tant l'adaptation cinématographique de l’œuvre du norvégien que la déception de ne pas retrouver chez Jeremiah Kipp ce même talent pour la production du Grand Frisson cher aux meilleurs artisans de l'épouvante ou aux concepteurs des meilleurs jeux de Survival-Horror se fait très rapidement ressentir. La faute, sans doute, à un script pourtant écrit par le créateur du jeu lui-même ainsi que par la scénariste Tracee Beebe dont plusieurs d'entre eux ont semble-t-il par le passé remporté de nombreux prix dans divers festivals...


On reconnaît d'ailleurs ici la patte de cette dernières, souvent préoccupée par l'implication de personnages féminins dotés d'une forte personnalité. Elle est donc dans son élément avec celui de Rebecca justement, qu'incarne à l'image l'actrice Willa Holland. Une jeune femme bourrée de failles psychologiques qui vient de fêter sa première année sans consommation de drogues aux côtés de l'association qui lui vient en aide, dirigée par Kelly (Keena Ferguson Frasier). Rebecca vient de remporter le poste d'assistante-embaumeuse dans une morgue tenue par le sinistre Raymond (Paul Sparks) après un stage de quelques semaines. Un type au comportement outrageusement ambigu qui lui demande un service en lui confiant la charge d'embaumer et d'incinérer quatre cadavres. Et c'est là que le début des ennuis va débuter pour la jeune femme ainsi confrontée à des phénomènes surnaturels que Raymond expliquera rapidement comme étant la présence de démons dont l'un d'entre eux semble vouloir s'en prendre à son assistante ! Allez savoir pourquoi d'ailleurs puisque rien ne vient véritablement corréler la seule présence de Rebecca à la morgue avec l'emprise dont elle devient très vite la victime. En cela, The Mortuary Assistant a parfois des airs de Evil Dead du pauvre. De la grand-mère de l'héroïne interprétée par Shelly Gibson en passant par son père Ben joué par John Adams, les ''possédés'' agissent comme s'ils s'étaient échappés de l'un des volets de la franchise initiée à la toute fin des années soixante-dix par Sam Raimi. Sauf qu'ici, tout sonne faux. À un point tel que l'ensemble s'avère ridicule. La mise en scène brouillonne de Jeremiah Kipp qui pour le coup semble se contenter de suivre le script de ses deux scénaristes n'arrange rien. C'est plat, inefficace en terme d'épouvante et l'on ne retient pas grand chose d'autre de cette expérience faussement angoissante que les quelques effets gore qui par contre sont fort convaincants. Autant dire que The Autopsy of Jane Doe n'a aucun soucis à se faire avec cette concurrence au scénario chaotique qui se veut probablement être d'abord une métaphore un peu foireuse sur la drogue en reprenant peu ou prou toute les phases de l'addiction et ses répercussions sur la vie de l'héroïne. Le film repose également sur le deuil. Malheureusement, les diverses apparitions du père décédé ne font que confirmer le ridicule de l'ensemble. On se prête davantage à sourire devant la naïveté de la mise en scène qu'à trembler pour la jeune Rebecca. Dommage...

 

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