Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Gianna Jun. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gianna Jun. Afficher tous les articles

dimanche 12 juillet 2026

Colony (Gunche) de Yeon Sang-ho (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de dix longs-métrages live et d'animation dont quatre entièrement consacrés au phénomène des infectés, le réalisateur sud-coréen Yeon Sang-ho est donc revenu cette année avec Gunche (Colony)... Dix ans après Seoul Yeok (Seoul Station) et Busanhaeng (Dernier train pour Busan) et six années après Bando (Peninsula), voici donc le retour des créatures parmi les plus virulentes du cinéma d'horreur. Cependant, il ne faut pas considérer Gunche comme le quatrième volet d'une éventuelle tétralogie mais davantage comme une œuvre à part dans la filmographie de son auteur même si une fois encore, Yeon Sang-ho s'approprie des créatures existant depuis des décennies puisque George Romero et David Cronenberg furent les premiers à évoquer leur existence à travers The Crazies en 1973 et Shivers deux ans plus tard. Attendu de pied ferme par celles et ceux qui vouent une véritable passion pour Dernier train pour Busan depuis sa sortie sur les écrans en 2016, d'autres virent probablement et avec nettement plus de méfiance l'arrivée du long-métrage dans les salles françaises le 27 Mai dernier. En effet, après les deux premiers volets de sa franchise, entre un Seoul Station entièrement tourné en animation et un Dernier train pour Busan tourné avec de vrais interprètes dans des décors réels, Peninsula s'avéra une véritable douche froide malgré sa prometteuse bande-annonce. Autant dire que Colony est pour Yeon Sang-ho sa dernière chance de remettre les pendules à l'heure s'agissant du thème des infectés. À défaut de quoi, le sud-coréen sera définitivement contraint de changer de braquet pour ne plus s'intéresser qu'à des sujets qui sortent de l'ordinaire. Comme pour son prochain projet intitulé Lost Paradise qui en est à sa phase de post-production et qui s'intéresse cette fois-ci au fils d'une femme disparue depuis neuf confronté à de sombres secrets inscrits dans un monde où la frontière entre réel et virtuel reste floue. Concernant Colony, après avoir ''balancé'' des hordes d'infectés dans une station de métro, puis dans un train et enfin carrément dans toute la péninsule coréenne, cette fois-ci Yeon Sang-ho retourne à des considérations moins ambitieuses que lors de sa précédente approche du genre puisque l'intrigue se déroule désormais dans un immeuble de plusieurs dizaines d'étages notamment constitué d'un immense centre commercial mais aussi d'une société et d'un laboratoire de biotechnologie. C'est donc bien là que se déroule l'action qui tout d'abord n'est pas sans rappeler le Dawn of the Dead (Zombie) de George Romero ou dans une moindre mesure le [•REC] de Paco Plaza et Jaume Balagueró. Du premier, Colony emprunte le centre commercial et du second, il reprend l'action située sur plusieurs étages...


Mais alors que l'un et l'autre sont devenus deux classiques d'un genre qui évolua de manière fort étonnante (les zombies du premier devenant ainsi les infectés du second), il n'est pas certain que Colony demeure comme l'une des dates importantes d'un genre qui a connu tellement de visions personnelles et de détournements (entre classiques, nanars et parodies plus ou moins bien senties) que l'on a finit par prendre le sujet dans le sens d'un ''Running Gag''. Un terme qui sied d'ailleurs formidablement bien au dernier long-métrage du cinéaste sud-coréen car au risque de blesser celles et ceux qui tiennent déjà à assurer leur entourage ainsi qu'eux-mêmes qu'ils ont selon eux assisté à la projection d'un nouveau monument du genre, Colony n'a que peu d'intérêt en dehors d'une seule bonne, très bonne idée conçue par le cinéaste et son scénariste Choi Kyu-sok lors de l'écriture du script : faire évoluer ses créatures au fil du récit. En invoquant en outre la sociologie des fourmis. Désormais capables de communiquer à travers un réseau de pensée unique et grâce à une substance organique et visqueuse qui s'étend de plus en plus, l'idée semble effectivement géniale mais repose sur un ou plusieurs concepts déjà existants : à titre d'exemples et concernant exclusivement l'évolution des créatures, l'on évoquera une fois de plus George Romero qui à travers Day of the Dead en 1986 et Land of the Dead en 2005 avait fait évoluer ses zombies vers plus ''d'humanité''... Et c'est sans compter sur d'autres exemples encore plus probants parmi lesquels Warm Bodies de Jonathan Levine ou la série In the Flesh de Dominic Mitchell dans laquelle les zombies étaient réinsérés socialement... S'agissant du concept de colonie, c'est à un autre type de fiction qu'il faut se référer. Et quel plus bel exemple que de citer le Collectif Borgs de l'univers Star Trek dans lequel ces créatures mi-organiques, mi-cybernétiques assimilent d'autres espèces tout en étant eux-mêmes régis par une conscience collective... ? Malgré les apparences, Colony innove donc assez peu. D'une durée excédant de peu les deux heures, le film est inutilement long. Beaucoup d'action catapultant une poignée de protagonistes mal caractérisés pour un remue-ménage qui épuise autant les spectateurs que les héros eux-mêmes. Au final, le dernier long-métrage de Yeon Sang-ho se regarde avec plaisir tout en étant souvent d'une déconcertante banalité. Et c'est un admirateur avec à son compteur plus d'une centaine d’œuvres du genre découvertes à ce jour qui vous le dit !

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...