Après avoir entendu de
la bouche d'un proche que Dolly
de Rod Blackhurst pouvait être vu comme un hommage aux survivals des
années soixante-dix et notamment au plus grand d'entre tous, le
Massacre à la tronçonneuse
de Tobe Hooper, je réalisais quelle fut mon erreur en pensant qu'il
pouvait s'agir d'un énième long-métrage mettant en scène une
poupée diabolique ! En effet, l'affiche est trompeuse et ce que
l'on pourrait prendre pour une énième variation du thème ayant mis
en scène par le passé des jouets possédés comme dans Annabelle,
Dolls ou
The Boy
ressemble
effectivement davantage aux quelques classiques de l'épouvante qui
lancèrent la mode des familles de dégénérés anthropophages...
Dolly est donc le nom du personnage qui trône en bonne place sur
l'affiche du dernier long-métrage du producteur, réalisateur,
scénariste et directeur de la photographie américain qui comme ses
prédécesseurs se penche sur un cas clinique particulièrement
marqué par une enfance traumatique. Ici, pas les membres d'une
famille au chômage contrainte de s'en prendre à des touristes de
passage pour les mettre à leur menu mais une femme en manque évident
d'affection qui vient d'enterrer le corps sans tête de sa très
chère maman.Vivant dans une maison isolée dans la forêt, cette
imposante ''créature'' que l'on n'aimerait sans doute pas avoir
comme compagne ou comme simple amie est interprétée à l'écran par
la catcheuse professionnelle américaine Max Lindsey plus connue sous
le nom de Max The Impaler (ou Max l'empaleuse). Une carrure
impressionnante qui n'est bien évidemment pas sans rappeler le
Leatherface ou ''Tronche de cuir'' du chef-d’œuvre que Tobe Hooper
mis en scène en 1974. Même appétence pour le meurtre et même
esprit dérangé. Tout comme celui qui porta à son époque des
masques constitués de peau humaine, Dolly ne s'exprime qu'à travers
d'incompréhensibles borborygmes. Si l'un des plus célèbres
boogeymen inspiré des méfaits commis par l'authentique psychopathe
Edward Gein usait généralement d'une masse ou d'une tronçonneuse,
Dolly a pour habitude d'utiliser une pelle. Le visage caché derrière
un masque en porcelaine qui renvoie directement aux centaines de
poupées qui ornent les arbres de la forêt et les différentes
pièces de l'étrange demeure qui l'abrite, il semble que Dolly ait
un sérieux problème avec son cher papa comme le pointeront plus
tard un certains nombre d'éléments...
Le
film de Rod Blackhurst joue ensuite sur la passion bien innocence des
petites filles pour les poupées à travers un personnage déviant.
On pourrait accorder à Dolly le droit de s'amuser avec elles, d'en
disséminer un peu partout autour de la propriété familiale ou
d'avoir transformé la cave en sanctuaire tout à la gloire de sa
chère maman disparue si cette monstruosité comme le septième art
est ponctuellement capable d'en accoucher n'avait pas également pour
habitude de s'en prendre aux touristes de passage. ici, le couple
formé par Macy (Fabianne Therese) et son compagnon Chase (Seann
William Scott). Si ce dernier est le père d'une charmante petite
fille, Macy, elle, ne semble pas encore prête à assumer son rôle
de future belle-mère. Toujours est-il que Chase décide d'emmener en
randonnée forestière sa petite amie dans un lieu qu'il avait
l'habitude de parcourir étant enfant. Dès leur arrivée, le couple
découvre ainsi des poupées accrochées aux arbres ou reposant
directement sur le sol. Alors que Chas s'apprête à demander la main
de Macy, une étrange musique se met à raisonner dans la forêt et
le jeune homme décide tout d'abord de découvrir son origine... Et
c'est là que les choses vont se gâter. Alors oui, Dolly
est bien un hommage au Massacre à la
tronçonneuse.
Ambiance morbide à laquelle le cinéaste ajoute quelques filtres
discrets qui tentent de retranscrire l'atmosphère poisseuse d'antan.
Agrémenté d'une bande musicale étrange signée du compositeur Nick
Bohun, le film a cependant beaucoup de mal à soutenir la comparaison
avec l’œuvre de Tobe Hooper. En cause, tout d'abord, l'attitude du
couple qui fasse au danger reste bloqué sur place et ce, même
lorsque Dolly est divertie par des bruits ou des mouvements
extérieurs. À trop vouloir faire de son personnage un alter ego
féminin de Leatherface, Rod Blackhurst en oublierait presque la
tension de l’œuvre séminale du genre qui à l'époque avait eu de
quoi secouer par son réalisme glauque et documentaire. Dolly
est malheureusement un peu trop mou et répétitif. La cause revenant
à un script écrit en collaboration avec le scénariste Brandon
Weavil qui n'avance jamais vraiment. Ou en tout cas, pas avant les
deux premiers tiers du long-métrage. Fort heureusement, quelques
séquences gore viennent agrémenter le sujet, entre mâchoire
arrachée, jambe brisée ou tête éclatée à l'aide de la pelle en
question. Mais ce qui demeure une certitude est qu'en comparaison
avec le film auquel Rod Blackhurst tente de rendre hommage, Dolly
paraît bien innocent. Bref, un sympathique divertissement qui ne
passera sans doute malheureusement pas le cap de la seconde
projection...
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