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jeudi 3 septembre 2026

Dolly de Rod Blackhurst (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 




 

Après avoir entendu de la bouche d'un proche que Dolly de Rod Blackhurst pouvait être vu comme un hommage aux survivals des années soixante-dix et notamment au plus grand d'entre tous, le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, je réalisais quelle fut mon erreur en pensant qu'il pouvait s'agir d'un énième long-métrage mettant en scène une poupée diabolique ! En effet, l'affiche est trompeuse et ce que l'on pourrait prendre pour une énième variation du thème ayant mis en scène par le passé des jouets possédés comme dans Annabelle, Dolls ou The Boy ressemble effectivement davantage aux quelques classiques de l'épouvante qui lancèrent la mode des familles de dégénérés anthropophages... Dolly est donc le nom du personnage qui trône en bonne place sur l'affiche du dernier long-métrage du producteur, réalisateur, scénariste et directeur de la photographie américain qui comme ses prédécesseurs se penche sur un cas clinique particulièrement marqué par une enfance traumatique. Ici, pas les membres d'une famille au chômage contrainte de s'en prendre à des touristes de passage pour les mettre à leur menu mais une femme en manque évident d'affection qui vient d'enterrer le corps sans tête de sa très chère maman.Vivant dans une maison isolée dans la forêt, cette imposante ''créature'' que l'on n'aimerait sans doute pas avoir comme compagne ou comme simple amie est interprétée à l'écran par la catcheuse professionnelle américaine Max Lindsey plus connue sous le nom de Max The Impaler (ou Max l'empaleuse). Une carrure impressionnante qui n'est bien évidemment pas sans rappeler le Leatherface ou ''Tronche de cuir'' du chef-d’œuvre que Tobe Hooper mis en scène en 1974. Même appétence pour le meurtre et même esprit dérangé. Tout comme celui qui porta à son époque des masques constitués de peau humaine, Dolly ne s'exprime qu'à travers d'incompréhensibles borborygmes. Si l'un des plus célèbres boogeymen inspiré des méfaits commis par l'authentique psychopathe Edward Gein usait généralement d'une masse ou d'une tronçonneuse, Dolly a pour habitude d'utiliser une pelle. Le visage caché derrière un masque en porcelaine qui renvoie directement aux centaines de poupées qui ornent les arbres de la forêt et les différentes pièces de l'étrange demeure qui l'abrite, il semble que Dolly ait un sérieux problème avec son cher papa comme le pointeront plus tard un certains nombre d'éléments...


Le film de Rod Blackhurst joue ensuite sur la passion bien innocence des petites filles pour les poupées à travers un personnage déviant. On pourrait accorder à Dolly le droit de s'amuser avec elles, d'en disséminer un peu partout autour de la propriété familiale ou d'avoir transformé la cave en sanctuaire tout à la gloire de sa chère maman disparue si cette monstruosité comme le septième art est ponctuellement capable d'en accoucher n'avait pas également pour habitude de s'en prendre aux touristes de passage. ici, le couple formé par Macy (Fabianne Therese) et son compagnon Chase (Seann William Scott). Si ce dernier est le père d'une charmante petite fille, Macy, elle, ne semble pas encore prête à assumer son rôle de future belle-mère. Toujours est-il que Chase décide d'emmener en randonnée forestière sa petite amie dans un lieu qu'il avait l'habitude de parcourir étant enfant. Dès leur arrivée, le couple découvre ainsi des poupées accrochées aux arbres ou reposant directement sur le sol. Alors que Chas s'apprête à demander la main de Macy, une étrange musique se met à raisonner dans la forêt et le jeune homme décide tout d'abord de découvrir son origine... Et c'est là que les choses vont se gâter. Alors oui, Dolly est bien un hommage au Massacre à la tronçonneuse. Ambiance morbide à laquelle le cinéaste ajoute quelques filtres discrets qui tentent de retranscrire l'atmosphère poisseuse d'antan. Agrémenté d'une bande musicale étrange signée du compositeur Nick Bohun, le film a cependant beaucoup de mal à soutenir la comparaison avec l’œuvre de Tobe Hooper. En cause, tout d'abord, l'attitude du couple qui fasse au danger reste bloqué sur place et ce, même lorsque Dolly est divertie par des bruits ou des mouvements extérieurs. À trop vouloir faire de son personnage un alter ego féminin de Leatherface, Rod Blackhurst en oublierait presque la tension de l’œuvre séminale du genre qui à l'époque avait eu de quoi secouer par son réalisme glauque et documentaire. Dolly est malheureusement un peu trop mou et répétitif. La cause revenant à un script écrit en collaboration avec le scénariste Brandon Weavil qui n'avance jamais vraiment. Ou en tout cas, pas avant les deux premiers tiers du long-métrage. Fort heureusement, quelques séquences gore viennent agrémenter le sujet, entre mâchoire arrachée, jambe brisée ou tête éclatée à l'aide de la pelle en question. Mais ce qui demeure une certitude est qu'en comparaison avec le film auquel Rod Blackhurst tente de rendre hommage, Dolly paraît bien innocent. Bref, un sympathique divertissement qui ne passera sans doute malheureusement pas le cap de la seconde projection...

 

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