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mardi 12 mars 2024

The Ruins de Carter Smith (2008) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

 

Auteur en 2022 de Swallowed et l'année dernière de The Passenger, le producteur, réalisateur et scénariste Carter Smith signa en 2008 un petit film d'horreur intitulé The Ruins. Œuvre australo-américano-germanique, elle prends comme site géographique une forêt mexicaine et plus précisément, un ancien temple Maya rattrapé par la végétation. Conviée par leur nouvel ami Mathias (l'acteur britannique Joe Anderson) à le suivre lors d'une pérégrination au pied d'un site apparemment abandonné, une bande de quatre amis d'origine américaine va se retrouver piégée au sommet du temple en question après qu'ils aient été subitement attaqués par des autochtones particulièrement agressifs. Accompagnés d'un cinquième randonneur, celui-ci sera promptement abattu d'une flèche en plein cœur sans que le guide, Amy (Jena Malone), Jeff (Jonathan Tucker), Eric (Shauwn Ashmore) et Stacy (Laura Ramsey) n'en comprennent la raison. D'où l'utilité d'apprendre les langues locales des lieux étrangers que l'on visite ! Le spectateur découvrira bien évidemment pourquoi ces descendants du peuple Maya qui en outre vont stationner au pied du temple se montrent aussi virulents envers les nouveaux venus. On pourrait tout simplement croire que les indigènes ne supportent pas la présence d'étrangers au sein de leur territoire. Une éventualité qui sera très vite balayée et qui, au pire, aurait été préférable au sort qui attend nos vacanciers et leur guide. Si The Ruins démarre par une séquence relativement classique mettant en scène de jeunes touristes picolant au bord d'une piscine (occasion pour eux de faire la connaissance de l'allemand, Mathias), le ton se fera très rapidement moins léger et donc plus rude pour eux... et pour le spectateur. Surtout si ce dernier n'est pas coutumier des scènes gore et si une simple épine enfoncée dans la paume de sa main lui fait tourner de l’œil. Si l'horreur n'est ici pas aussi abondante que dans la plupart des films dits ''gore'', il est certain que l'engouement avec lequel l'équipe en charge des effets-spéciaux s'est appliquée à rendre les scènes d'horreur les plus réalistes qui soient risque de faire serrer les dents des spectateurs les moins endurcis.


Si The Ruins n'aurait pu être qu'un énième Survival dans lequel des touristes auraient été au contact d'autochtones ne souffrant pas leur présence dans leur contrée, le long-métrage, inspiré d'une nouvelle écrite puis scénarisée par Scott B. Smith va bien au delà du simple film gore en investissant le territoire du fantastique. Situant la quasi totalité de l'intrigue au sommet d'un vieux temple avec vue sur les agresseurs installés en contre-bas, Carter Smith multiplie donc les dangers. Impossible donc pour nos jeunes américains de redescendre puisque la sentence serait pour eux une mort certaine. Comme il demeure également impossible, on l'imagine, de survivre plus que quelques jours tout en haut d'un édifice en raison du manque d'eau et de nourriture. Heureusement pour nos protagonistes, le réalisateur n'étant pas du genre à les regarder souffrir durant de trop nombreux et pénibles cycles jours/nuits, son scénariste va faire appel à un élément extérieur plutôt malin et que celles et ceux qui pensent que les arbres ont une conscience de soi risquent de prendre au premier degré. Bon, pour être tout à fait bref et objectif, le film est moins sombre que prévu. Certes les quelques séquences gore sont plutôt gratinées (Ahhhhh, cette magnifique double amputation des jambes de Mathias), mais le site où furent tournées les images auraient dû contraindre Carter Smitth à aller fouiller un peu plus en profondeur dans les entrailles du temple Maya plutôt que de nous servir une courte scène pas si anxiogène que ça. Le quintet est plutôt convainquant, avec deux actrices féminines qui tremblent à loisir au point qu'on pourrait presque croire que ce qui leur arrive est réel (ouais, faut pas charrier tout de même) et trois hommes totalement dépourvus (ou presque) de solutions. Au final, The Ruins est une sympathique petite série B horrifique...

 

mardi 16 mai 2023

Swallowed de Carter Smith (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

 

Quel étrange film que Swallowed de Carter Smith. Il s'agit du premier long-métrage pour ses deux principaux interprètes Cooper Koch et Jose Colon. Colon... ? Un patronyme prédestiné pour celui qui dans le rôle de Dom va se faire extraire les boulettes de drogue d'une nature étonnante que contenait jusque là son estomac par son compagnon Benjamin. Deux gravures de mode qui vont connaître la pire soirée et la pire journée de leur existence. C'est en effet parce que Dom a voulu aider financièrement son petit ami pour son futur projet que les deux hommes vont être contraints par arme à feu, à jouer les mules et ainsi faire passer la frontière, des boulettes renfermant une drogue d'un genre tout à fait inédit. Si la très belle affiche force un peu trop sur la connotation sexuelle qui parasite le long-métrage dans son ensemble (Nous n'avons effectivement pas obligatoirement besoin d'entrer dans les détails intimes de ce couple gay), elle donne en outre une indication sur le déroulement de l'aventure que s'apprêtent à vivre Dom et Benjamin (lequel espère faire carrière dans le porno-gay !!!). Un titre en forme de chibre qu'avale le second et dont le prolongement ressemble aux parasites chers aux Cronenberg père et fils...


La comparaison s'arrêtera cependant là puisque le talent de l'américain n'égalant pas celui des canadiens, Swallowed est indéniablement inférieur aux œuvres dont il semble parfois s'inspirer. L'un des gros points noir du long-métrage de Carter Smith se situe au niveau du rythme. L'on a l'inconfortable impression que le récit se déroule dans son intégralité en apesanteur. Et ce ne sont pas les interventions de Jena Malone dans le rôle d'Alice et de Mark Patton dans celui de Rich qui vont désamorcer cette impression de flottement qui règne au sein de ce thriller horrifique relativement mou et dont les quatre-vingt seize minutes auraient probablement pu être réduites de moitié. Le film fait la part belle à la communauté lgbtqia2s+ puisqu'à part un redneck hétéro, obèse, violent et dénué de tout neurone, le film met en scène trois homosexuels et une lesbienne ! Passées ces considérations qui énerveront les intégristes de l'hétérosexualité et laisseront indifférents ceux qui n'accordent comme intérêt au film que son scénario, le film bénéficie parfois d'une bonne ambiance. Surtout lors des séquences nocturnes, accompagnées par l’envoûtante partition musicale du compositeur Christopher Bear...


Interviennent donc ensuite Alice et Rich qui tout deux ont monté une affaire de trafic de drogue lucrative. Enfin, surtout pour le second puisque la première semble être surtout à sa botte. L'acteur gay Mark Patton assume ici totalement son homosexualité, trente-sept ans après avoir été le héros de La revanche de Freddy dont le contenu implicitement homo-érotique n'était connu ni du réalisateur Jack Sholder (notamment auteur du génialissime The Hidden) ni de l'acteur lui-même. En ''bandit'' ultra-maniéré, au visage émacié et ''savamment'' abîmé par le temps, le personnage incarné par Mark Patton délivre un message érotique quasi permanent, délaissant de manière invraisemblable la question des boulettes de drogue alors qu'un instant auparavant Rich nous expliquait qu'après récupération de ces dernières, il lui ne lui restait que vingt minutes pour les reconditionner ! Carter Smith force le curseur de telle manière que le sujet indispose davantage dans sa manière d'évoquer la sexualité de ses personnages que dans l'approche horrifique ou le thriller. S'éternisant ad nauseam sur la manière d'expulser la drogue non pas à l'aide de laxatifs comme cela est, me semble-t-il, généralement d'usage mais en pratiquant de longues et pénibles séances de Fist-fucking, insistant énormément sur l'attirance de Rich pour le sculptural Benjamin jusqu'à l'inviter à se désaper devant lui avant de se plonger dans un bain (prétexte fallacieux permettant ainsi de récupérer la dernière boulette de drogue), Swallowed évoque avec autant de crudité l'univers et notamment la trilogie Teenage Apocalypse Trilogy du cinéaste américain Gregg Araki. Sauf que dans le cas présent, tout sent le forcé. Sur un rythme léthargique qui épuisera les moins patients avant que n'intervienne le générique de fin, Carter Smith signe une œuvre poussive et artificiellement démonstrative dans son choix de provoquer le spectateur lors de séquences suggérées se montrant donc finalement peu transgressives et qui perdurent un peu trop dans le temps...

 

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