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samedi 21 mai 2022

Les folies fermières de Jean-Pierre Améris (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

À l'origine du dernier long-métrage de Jean-Pierre Améris (Les émotifs anonymes en 2010, Profession du père l'année dernière), l'histoire étonnante de David Caumette, un éleveur de bovins situé à Garrigues dans le Tarn. Pour sauver son exploitation, l'homme crée en 2015 Les Folies Fermières lors desquelles sont proposés des menus composés à partir de produits du terroir. Ajouté à la découverte des produits locaux, un spectacle met en scène des sosies, des chanteuses, des danseuses ainsi que des magiciens. Grâce à cette étonnante reconversion, David Caumette obtient une licence d'entrepreneur du spectacle. Unique lieu à proposer ce type de spectacle dans l'hexagone, cette formidable aventure devient le sujet d'un reportage diffusé en 2018 sur France 3. Et ce jour là, se trouve justement assis devant son poste de télévision, le réalisateur Jean-Pierre Améris qui plus tard prendra la décision de mettre en scène cette histoire hors du commun. Et cela tombe très bien puisque depuis quelques années, le monde rural et ses agriculteurs sont régulièrement le centre d'intérêt des cinéastes qui ne cessent alors de s'engager dans les campagnes françaises pour y tourner leur propre vision du milieu rural. Le thème remonte cependant en des temps ancestraux. On remontera chez nous jusqu'au cinéma de Marcel Pagnol, en passant par les merveilleuses adaptation de Jean de Florette et Manon des sources signées de Claude Berri en 1986 et jusqu'à la flopée de longs-métrages qui furent tournés ces dernières années et parmi lesquelles, on oubliera par contre très rapidement le catastrophique Roxane, premier long-métrage réalisé par Mélanie Auffret en 2019 et principalement interprété par Guillaume de Tonquédec. Une comédie elle-même inspirée d'une histoire vraie, mais malheureusement, complètement ratée !


Les folies fermières, c'est d'abord une inquiétude. Celle d'y voir trôner sur son affiche un visage et un nom bien connus des amateurs de comédies et de one-man-show. Ceux d'Alban Ivanov dont on pouvait se demander ces derniers temps ce qui avait pu pousser certains à le glorifier tant ses dernières apparitions s'avéraient désastreuses. On pense évidemment en priorité au Dernier Mercenaire de David Charhon ou au Médecin imaginaire d'Hamed Hamidi, deux des pires comédies françaises à avoir vu le jour en 2021 et 2022. Par opposition au désastre supposément annoncé par sa présence au casting, celle de Jean-Pierre Améris à la réalisation temporise cependant l'effet douche froide d'une telle annonce. Pourtant, Les folies fermières sonne comme une remise à niveau concernant son principal interprète qui, heureusement, cesse d'en faire des tonnes pour incarner le rôle de David, celui-là même qui renvoie directement au personnage bien réel de David Caumette. Le sujet peut paraître quant à lui particulièrement douteux. Surtout lorsque l'on ne sait pas qu'il s'inspire de faits authentiques.


C'est vrai quoi, si l'originalité est au rendez-vous, le concept semble à priori quelque peu Cheap. Pour ne pas dire ringard. Et pourtant, si le miracle n'a pas vraiment lieu, que le film n'est jamais vraiment à hurler de rire (ce qui peut sembler navrant pour ce type de long-métrage), on ne s'ennuie jamais tout à fait. Même si certaines séquences paraîtront forcément éculées. Et même si d'autres ne parviendront pas à charrier leur lot d'émotion (la scène lors de laquelle la condition d'ancienne strip-teaseuse de Bonnie incarnée par Sabrina Ouazani est très mal amenée), Les folies fermières est une agréable comédie. Qui manque toutefois de cette folie et de cette poésie qui se mariaient à si bien dans l'excellent Les émotifs anonymes douze ans en arrière. Moins ridicule qu'elle ne le paraît de prime abord, cette rencontre entre cabaret parisien et monde rural offre également l'opportunité d'y retrouver Michèle Bernier, Moussa Maaskri, Bérengère Krief ou Guy Marchand ainsi que des interprètes moins connus mais tout aussi attachants tels qu'Ariana Rivoire (dont la surdité sert de base à son personnage) ou Philippe Benhamou dans ce qui demeure à ce jour, son seul rôle au cinéma. Les folies fermières est donc une sympathique comédie française. Mais de là à débourser une dizaine d'euros pour aller la découvrir sur grand écran, la question de cette éventualité s'impose tout de même...

 

lundi 25 novembre 2019

Quand on Crie au Loup de Marilou Berry (2019) - ★★★★★☆☆☆☆☆



On a du mal à imaginer que l'actrice et réalisatrice Marilou Berry, fille de Josiane Balasko et de Philippe Berry (lui-même frère de l'acteur Richard Berry), ait pu frôler la dépression alors qu'elle était en plein tournage de son second long-métrage Quand on Crie au Loup. Une comédie légère, familiale et surtout, très originale qui échappe quelque peu au tout venant d'un genre sclérosé dans notre pays par des dizaines de films clonés sur un seul et même sujet, tournant toujours autour d'un seul et même thème. Pour autant, Marilou Berry n'a pas réalisé LA comédie de l'année. Et encore moins celle de la décennie. Tout juste propose-t-elle une bande-dessinée live imaginaire autour de son jeune héros Victor Bogomil. Avec un nom pareil, on pourrait croire qu'il sort d'une obscure BD mais il n'en est rien. Ce personnage adolescent sort de l'esprit d'une batterie de scénaristes parmi lesquels, l'actrice/réalisatrice elle-même qui s'offre le costume de la grande méchante du film.

Quand on Crie au Loup est donc l'histoire du jeune Victor Bogomil, dont les parents sont décédés et qui vit désormais auprès de son grand-père, le concierge d'un immeuble de la capitale. Malheureusement pour le vieil homme, son petit-fils a pour habitude de s'alerter pour le moindre bruit ou la plus petite présence suspecte. Si la police en a marre de se déplacer chaque fois que le gamin s'affole et que son grand-père téléphone au commissariat, les voisins indisposés ne supportent carrément plus Victor et Joseph Bogomil. Un jour, le grand-père reçoit un courrier indiquant qu'il risque de perdre son poste de concierge et donc, son appartement. C'est ce jour là que choisissent deux hommes affublés de masques de clowns et ayant braqué une bijouterie dans le quartier pour s'introduire dans l'appartement de Pauline Pividale, l'amie pédiatre de Victor. Témoin de la scène, l'adolescent averti la police qui choisit de ne pas se déplacer. C'est donc armé d'objets hétéroclites (dont un drone à l'effigie d'un pigeon) que Victor va tenter de libérer Pauline, aidé par une jeune amie et camarade de classe...

On ne s'ennuie pas. Il faut dire qu'avec sa durée plutôt serrée n'excédant pas les quatre-vingt trois minutes, Quand on Crie au Loup passe très rapidement. Pratiquement entièrement concentré dans l'immeuble où vivent Victor (Noé Wodecki) et son grand-père Joseph (Gérard Jugnot), l'intrigue s'offre quelques rares incartades en extérieures mais se joue surtout dans l'appartement de Pauline (Bérengère Krief). Survolté et bourré de scène qui s'enchaînent les unes derrière les autres, l’œuvre de Marilou Berry s'offre une ouverture qui promettait à Quand on Crie au Loup d'être le digne descendant du cultissime Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro, dans le choix des teintes (en fait, plus proches de celles de La Cité des Enfants Perdus), du montage (la préparation du petit-déjeuner), et de la composition de certains décors. Mais très rapidement l'illusion s'évapore et Quand on Crie au Loup nous offre ensuite un visuel déjà beaucoup plus classique. Pour autant, Marilou Berry et les scénaristes qui l'accompagnent ne chôment pas (vu leur nombre, c'est encore heureux) et nous offrent un long-métrage plein de vigueur et de situations cocasses. On pense vaguement à Home Alone de Chris Columbus et d'ailleurs, Quand on Crie au Loup s'adressera tout d'abord au jeune public tout en n'écartant pas les parents. Outre Noé Wodecki, Gérard Jugnot, Bérengère Krief et Marilou Berry, on retrouve à l'écran Nicolas Wanczycki et Thomas Vandenberghe qui interprètent les deux braqueurs ou Julien Boisselier et Anne Girouard qui eux, incarnent le couple Martin. Si Quand on Crie au Loup n'atteint pas des sommets de drôlerie, on pourra se surprendre à sourire et même rire à certaines occasions. Une œuvre ''bédéesque'' qui a tout de même le bon ton de se vouloir originale tout en évitant d'être aussi misérable que le pathétique Les Aventures de Spirou et Fantasio d'Alexandre Coffre sorti l'an passé...
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