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jeudi 5 novembre 2026

Pandémie (Gamgi) de Kim Seong-su (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Si le film catastrophe est un genre en soit qui a donné lieu à de nombreuses œuvres cinématographiques plus ou moins réalistes ou absurdes, il demeure une sous catégorie qui a su exploiter la thématique de la pandémie pour flirter avec l'horreur et l'épouvante en transformant les victimes d'un virus en zombies, voire en infectés extrêmement agressifs envers leur concitoyens. Mais en 2013, le réalisateur sud-coréen Kim Seong-su est bien loin de ces considérations ''philosophiques'' qui généralement permettent de remettre les compteurs à zéro en éliminant la quasi totalité de l'espèce humaine pour permettre aux survivants de tout recommencer... ici, le récit est à l'échelle d'une ville d'environ cinq-cent mille habitants. Pas de monstres baveux terriblement belliqueux mais une cité très commune de Corée du sud qui va rencontrer un événement sans précédent qui pourrait bien avoir des répercussions sur le plan mondial si les responsables de la ville n'y mettent pas un terme le plus rapidement possible. Très vite, le réalisateur met en scène les frères Ju Byung-woo (Lee Sang-yeob) et Ju Byung-ki (Lee Hee-joon) lors d'une séquence constituant l'entrée sur le territoire non plus de migrants entassés dans un container dont un seul a survécu mais bien de ce mal invisible qui va rapidement se propager dans la ville de Bundang. Kim Seog-su nous présente ensuite Oh Ji-goo (Jang Hyuk), un sauveteur volontaire qui vient en aide à la jeune Kim In-hae (Soo Ae) qui travaille au centre de lutte contre la contagion de Bundang et qui après un accident de voiture se retrouve au fond d'un puits dont le sauveteur va l'extraire. Intervenant sur le terrain, l'Agence coréenne de contrôle et de prévention des maladies fait ensuite brûler le container et les cadavres qu'il renferme mais le virus a déjà commencé à se propager dans toute la cité. Administrateurs de la ville et politiciens minimisent la situation mais se retrouvent contraints de créer une zone de quarantaine pour les malades..... D'une durée ne dépassant les deux heures que d'une toute petite poignée de minutes, Pandémie (Gamgi) est typiquement le genre de spectacle auquel doivent s'attendre en général les amateurs de films catastrophes, qu'il s'agisse de productions américaines, asiatiques ou provenant de n'importe quel continent.....


Et ce qui aurait dû être une force pour une œuvre nous provenant donc de Corée du sud et qui aurait possiblement dû proposer quelques chose d'infiniment plus exotique que sur le territoire américain ne se révèle être en fait qu'une alternative dénuée de toute forme d'inspiration. En dehors, sans doute, de cette habitude très ''Corean-Touch'' qui n'est cependant pas propre au cinéma catastrophiste coréen mais qui consiste à injecter de l'humour à des situations qui ne s'y prêtent pas toujours. Car ici, aussi sérieux le sujet puisse-t-il être, le personnage incarné par l'acteur Jang Hyuk n'est pas de ceux auquels l'on aurait d'emblée penser confier la garde d'une petite gamine, fille de la jeune doctoresse Kim In-hae dont son sauveteur va rapidement tomber amoureux. Pourtant, le film démarrait sur la promesse d'un spectacle que l'on pouvait sans doute espérer plus proche d'un Contagion signé de Steven Soderbergh deux ans auparavant que de ces blockbusters bourrés d'une action ininterrompue renforcée par des visuels stupéfiants et une bande musicale tonitruante voire, assourdissante. Malheureusement, nous sommes parfois plus proches du spectacle généralement imposé par le nanardesque Roland Emmerich de la période 2012 ou Moofall que de celle de son brillant Le jour d'après... Sans être aussi bourrin, Kim Seong-su fait souvent preuve d'une finesse toute relative et va même pécher là où l'on aurait aimé qu'il exploite d'autres concepts plutôt que de nous assainer une bluette sans intérêt. Alors oui, certains visuels sont (plus ou moins) impressionnants mais pour le reste, le long-métrage demeure cependant très académique dans son fonctionnement. Quant au sentimentalisme avec lequel le cinéaste sud-coréen tente de nous toucher, l'effet y est inverse. Boursouflé par tant de sensiblerie, par ce rapport à l'autre dont on se fiche en réalité autant que de cet amour naissant entre deux formes de ''sauveurs de l'humanité'', Pandémie, malheureusement, s'englue tant et si bien dans des considérations extérieures qu'il finit par n'être plus qu'un film catastrophe très commun, fade et sans réelle saveur...

 

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