Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


lundi 2 novembre 2026

Casque bleu de Gérard Jugnot (1994) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

On l'oublie souvent mais la carrière sur les planches de Gérard Jugnot ne débuta pas avec la Troupe du Splendid en 1977 avec Amour, coquillages et crustacés mais en 1975 avec la pièce de théâtre Ma tête est malade. Au cinéma, c'est pareil. Pas de Bronzés en vue lorsque lui, ses partenaires, les membres du Café de la Gare fondé par Romain Bouteille en 1969 et de futures stars telles que Daniel Auteuil ou Gérard Depardieu sont réunis autour du réalisateur Jacques Doillon et de ses assistants Alain Resnais et Jean Rouch pour le film L'an 01 ! Côté écriture, après le scénario du court-métrage Bonne présentation exigée qu'il écrit en 1974 en collaboration avec Michel Blanc, Thierry Lhermitte et Christian Clavier, ces deux derniers et lui sont à l'origine de l'idée de la comédie culte C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule ! de Jacques Besnard en 1975. Comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid, Gérard Jugnot passera de nombreuses fois derrière la caméra, dirigeant divers actrices et acteurs pour la première fois avec Pinot simple flic en 1984. Connu pour ses nombreuses incarnations comiques, il lui arrive parfois d'apparaître dans des rôles plus graves et mélancoliques. Comme dans l'excellent Tandem de Patrice Leconte aux côtés de l'immense Jean Rochefort. Il signera en 1991 ce qui reste sans doute son plus beau et plus touchant long-métrage. La superbe comédie dramatique Une époque formidable dans laquelle il se met en scène dans le rôle du cadre au chômage Michel Berthier qui après avoir perdu son travail se sépare de sa femme Juliette qu'interprète la magnifique Victoria Abril et se retrouve dans la rue où il fait la connaissance d'un groupe de sans domicile fixe qui le prennent sous leur aile... Après une pause de trois années durant lesquelles il tournera notamment Voyage à Rome de Michel Lengliney et Grosse fatigue de son ami Michel Blanc, Gérard Jugnot revient derrière la caméra en 1994 avec Casque bleu dans lequel il retrouve l'actrice espagnole, laquelle incarne de nouveau son épouse mais dans des circonstances bien différentes. Lui joue le rôle de Patrick et elle celui d'Alicia. Rien ne va plus vraiment entre les deux époux depuis qu'il l'a trompée. Une fois, une seule, mais cela a suffit pour briser la confiance que la jeune femme avait pour son mari. Patrick sent bien que quelque chose a changé et, désireux de retrouver l'Alicia d'avant son infidélité, il lui propose un voyages aux Balkans, sur l'île et dans l'hôtel même où ils passèrent leur lune de miel voilà quinze ans en arrière. Accueillis par le couple d'homosexuels Nicolas et Freddy tous deux interprétés par Jean-Pierre Cassel et Rolanf Marchisio, ils vont côtoyer durant leur séjour plusieurs autres vacanciers...


Et notamment la célibataire Laurette (Valérie Lemercier) qui désespère de trouver un compagnon avec lequel partager sa vie, le jeune Daniel (Jean-Noël Brouté), le séducteur Gianni (Hubert Saint-Macary) ou un sympathique couple de personnes âgées prénommées Pierre et Gisèle respectivement incarnés par Claude Piéplu et Micheline Presle... Tandis que chacun vit son petit bonhomme de chemin, partageant avec d'autres ses joies mais aussi ses petits tracas du quotidien, Patrick peine à reconquérir le cœur d'Alicia. Tandis qu'en toile de fond les médias et certains signes avant-coureur laissent planer le doute s'agissant d'un éventuel conflit militaire à venir, lors d'une escapade loin de l'hôtel, les propriétaires et le groupe de vacanciers entendent au loin ce qu'ils pensent tout d'abord être des feux d'artifice... Tourné sur l'ile de Comino dans l'archipel Maltais, le film revient sur la Guerre des Balkans, l'un des conflits ayant opposé la Slovénie, la Croatie, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et le Kosovo entre 1991 et 2001. Alors que la guerre n'est pas terminée au moment du tournage, le titre Casque bleu se rapporte aux Casques Bleus qui furent dépêchés sur place par l'ONU. Pourtant, le long-métrage de Gérard Jugnot ne se concentre pas principalement autour de cette période marquée par les conflits mais bien autour d'une poignée de vacanciers qui en toutes circonstances continuent majoritairement à ne se soucier que de leur petite personne. Si la presse accueille parfois le film de manière plutôt positive en louant l'audace du sujet (traiter sa comédie sur fond de guerre) s'inscrivant au cœurs des problèmes personnels de tout à chacun, le public semble quant à lui beaucoup plus frileux. La faute non pas à la mise en scène, au scénario, aux dialogues ou au jeu des différents interprètes mais sans doute à cause d'un fait que l'on ne peut évidemment pas reprocher au long-métrage et à son auteur : la comparaison avec le magnifique Une journée formidable sorti trois ans auparavant. Le film n'a évidemment pas la même intensité et pourtant, lui nier ses innombrables qualités relèverait de la mauvaise foi. Car de Jean-Pierre Cassel en passant par Valérie Lemercier et jusqu'au très attachant couple de vieillards interprété par Claude Piéplu et Micheline Presle, chacun se donne la réplique lors d'échanges parfois houleux ou déconnectés par rapport à la situation qu'ils sont en train de vivre mais cependant toujours très drôles. Casque bleu se savoure comme une longue succession de séquences qui s'enchaînent sans pratiquement aucun temps mort. Au final, Gérard Jugnot réussi le pari de mêler la comédie à la gravité de son sujet et ce, sans une once de malveillance...

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...