Cinq ans après le très réussi Resident Evil: Damnation
de Makoto Kamiya sur lequel je reviendrai très prochainement, le
réalisateur, scénariste, spécialiste des effets visuels et acteur
japonais Takanori Tsujimoto mettait en scène le huitième
long-métrage de la franchise vidéoludique Resident Evil et
le quatrième (si l'on compte l'affreux Biohazard
4D-Executer Kōichi Ōhata
de Kōichi Ōhata) à avoir été exclusivement réalisé sous forme
de film d'animation. Si en 2012 le volet de Makoto Kamiya fut
notamment appréciable grâce à des décors frisant parfois le
photo-réalisme, Resident Evil: Vendetta
de Takanori Tsujimoto semble faire un léger bond en arrière. Rien à
voir fort heureusement avec le très laid Biohazard
4D-Executer qui
en 2000 ressemblait davantage à une cinématique produite à l'aide
du coprocesseur de décompression MDEC
(pour Macroblock
Decoder).
Pourtant, concernant de Resident Evil: Vendetta,
il devient évident que se sortir de la tête qu'il ne s'agit que
d'un film d'animation devient rapidement un problème. Le récit
s'inscrit chronologiquement entre le sixième opus de la franchise et
le dernier en date en terme d'animation, intitulé Resident
Evil: Death Island
et réalisé par Eiichirō Hasumi en 2023. Dans cette itération
datant donc de 2017, le cinéaste, les créateurs de l'histoire
originale Tokuro Fujiwara et Shinji Mikami ainsi que le Makoto Fukami
et le dialoguiste Joe McClean concoivent une œuvre tournant autour
de deux des principaux protagonistes de la franchise, l'agent
gouvernemental du DSO
(Division of
Security Operations)
Leon S. Kennedy et le capitaine travaillant au sein du BSAA
et
ancien forces spéciales de Raccoon City (S.T.A.R.S.)
(Bioterrorism
Security Assessment Alliance)
Chris Redfield, ex employé du département de la police de Raccoon
(R.P.D)
de la division des forces spéciales (S.P.F).
Autre personnage récurrent, Rebecca Chambers. Elle que l'on
retrouvera six ans plus tard dans Resident Evil:
Death Island est
une ancienne membre des S.T.A.R.S
désormais professeur d'université et chercheuse à l'Institut
Alexander. C'est elle qui dans le contexte de ce quatrième film
d'animation de la franchise découvre le vaccin qui permettra de
contrer le Virus-A
(Animality
Virus)...
Un
virus combinant deux technologies biologiques existantes connues sous
le nom de Virus-T
et
Las Plagas.
Son créateur : Glenn Arias, un ancien agent de la CIA.
L'antagoniste du récit qui n'a jamais pardonné au Gouvernement
d'avoir causé la mort de son épouse lors d'un attentat et qui
désormais, ivre de vengeance, a donc développé ce virus afin de le
propager dans toute la ville de New York. Comme dans tout bon ou
mauvais Resident Evil,
qu'il s'agisse des différentes plateformes vidéoludiques ou des
diverses adaptations au cinéma ou à la télévision, Resident
Evil: Vendetta
compte un certain nombre de créatures. Parmi elles, les éternels
zombies, infectés par le Virus-A,
mélangé à l'eau potable ou transmis à l'aide d'un gaz.
Apparaissent également les fameux Cerberus, des dobermans visibles
dès le premier jeu vidéo sorti sur console Playstation
en 1996. Puis survient Diego Gomez, le garde du corps de Glenn Arias,
un colosse gigantesque à la force surhumaine. Sans parler de Glenn
Arias lui-même qui apparaitra lors du dernier acte dans une fusion
monstrueuse de type ''Tyran'' avec Diego. Ce que l'on pourrait
d'abord reprocher à Resident Evil: Vendetta
c'est son scénario on ne peut plus basique.Une histoire de
vengeance, un virus se propageant et trois protagonistes essayant de
contrecarrer les plans de l'ancien agent de la CIA devenu fou à la
mort de sa femme. En découle un récit linéaire, bourrin, empli de
fusillades, de courses-poursuites mais aussi d'excellents combats au
corps à corps superbement chorégraphiés et dont le style se
rapproche très fortement des affrontements du héros de la saga
filmique John Wick
dont le premier volet vit le jour trois ans plus tôt ! Plus
faible que le précédent volet, le long-métrage de Takanori
Tsujimoto est sauvé in-extremis par une dernière partie qui dénote
outrageusement avec ce qui vient de précéder. De la ville de New
York vue de dessus à laquelle les concepteurs d'images de synthèse
offrent enfin un caractère photo-réaliste, jusqu'au laboratoire où
se termine l'action, Resident Evil: Vendetta
échappe de peu au naufrage. Bref, un volet en demi-teinte...
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