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mardi 13 octobre 2026

Anecdotes : The Thing de John Carpenter

 


 

Abordons cette fois-ci le mythique The Thing de John Carpenter sorti le 25 juin 1982 aux États-Unis et le 3 novembre de la même année sur le territoire français. Adaptation très largement supérieure à celle de Christian Nyby intitulée The Thing from Another Planet et sortie en 1951, The Thing s'inspire donc du roman Who Goes There? de l'écrivain américain John W. Campbell. Illusion parfaite, le film situe son action en Antarctique alors qu'il fut tourné en partie au Canada, en Colombie-Britannique, pour les extérieurs tandis que les séquences se déroulant à l'intérieur de la station de recherche américaine ont été réalisées en studio, à Los Angeles. Une vision si crédible du froid qui règne au sein du récit qu'il est difficile d'imaginer qu'à l'extérieur du studio les températures atteignaient en réalité les trente-cinq degrés et plus... Avant d'être l'unes des œuvres de science-fiction et d'épouvante les plus remarquables de l'histoire du cinéma, The Thing est avant tout un film emprunt d'une paranoïa permanente accentuée par les décors on ne peut plus étouffants de la station de recherche scientifique et des décors enneigés. Un aspect volontairement renforcé par John Carpenter qui pour rendre le contexte encore plus anxiogène pour ses interprètes avait pour habitude de régulièrement projeter le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper durant les pauses en Colombie-Britannique...


Durant la séquence d'ouverture nous découvrons un chien tentant d'échapper à deux norvégiens en hélicoptère qui pour une raison demeurant pour l'instant inexplicable, tentent de le tuer. Il faut savoir qu'à l'origine, John Carpenter devait faire un caméo en interprétant le rôle du pilote de l’hélicoptère. Mais les conditions extrêmes et surtout le fait que le cinéaste n'ait jamais piloté un tel engin l'ont poussé à plus de raison et ainsi faire appel à un vrai pilote-cascadeur. S'agissant du chien, un malamute de l'Alaska, croisement entre un loup et un malamute prénommé Jed, l'on s'est longtemps demandé comment il pu agir de manière aussi crédible lors de son apparition durant la première partie du long-métrage. Il faut savoir que son attitude, relativement déroutante, était chez lui, tout à fait naturelle. Au point qu'il généra un certain malaise sur le plateau de tournage. N'aboyant jamais, il exécutait en outre très précisément les ordres qui lui étaient donnés... Tandis que le seul le nom du célèbre compositeur italien Ennio Morricone apparaît au générique, John Carpenter a pourtant participé à l'élaboration de la bande musicale de The Thing. Assisté d'Alan Howarth, le réalisateur constata lors du montage final qu'il manquait quelques séquences musicales concernant certains passages dramatiques. On peut malgré tout découvrir lors du générique de fin que John Carpenter est crédité en tant que coordinateur musical. Ce n'est que bien plus tard, lorsque sortira en 2020 sur support vinyl l'ep Lost Cues: The Thing que le cinéaste connaîtra la reconnaissance pour son travail sur la bande musicale...


S'agissant des effets-spéciaux, l'on peut encore aujourd'hui et malgré l'avancée des technologies actuelles, louer le travail absolument remarquable du maquilleur prosthétique Rob Bottin. Un travail tellement conséquent que le pauvre homme, épuisé par la montagne de maquillages qu'il effectua, termina à l'hôpital pour surmenage ! Autre star du maquillage à l'époque, Stan Winston pris le relais afin de terminer la création de l'indescriptible créature qui prend forme lors de la séquence du chenil. L'une des scènes les plus mémorables se situe sans aucun doute lorsque le Dr Cooper (interprété par Richard Dysart) se retrouve les deux avant-bras arrachés par une monstrueuse mâchoire ventrale alors qu'il tente un massage cardiaque à l'aide d'un défibrillateur sur l'un de ses coéquipiers. Pour tourner la séquence, l'équipe de maquilleurs a fait appel à un acteur du nom de Joe Doucette, lui-même réellement amputé des deux avant-bras. L'un des détails les moins ragoûtants concernant les différentes formes que prend la créature concerne sans doute cette matière visqueuse qui la recouvre et dégouline devant les yeux ébahis (et dégoûtés) des spectateurs. Son concepteur, toujours Rob Bottin, la conçoit alors à partir d'un mélange de gel capillaire, de confiture de fraise et d'alginate de sodium. Autre aspect notable de cette créature, son cri. Là encore, son concepteur Alan Howarth crée un mix totalement invraisemblable mélangeant feulements de pumas, couinements de cochons, cris d'oiseaux ralentis, auxquels il ajoute le son de sa propre voix retravaillée en studio...


S'il est une anecdote qui fait partie de la mythologie entourant The Thing, c'est bien celle concernant le regard des personnages. À l'aide d'un projecteur ''Eye-Light'', le chef opérateur Dean Cundey avait pour objectif de cibler les yeux des acteurs dont les personnages demeuraient encore humains. Matérialisant ainsi la vie humaine dans leur regard tandis que les répliques produites par la créature étaient censées avoir le regard ''mort''. Une révélation qui théoriquement pourrait spoiler l'intrigue dans sa globalité si l'on observe chaque personnage durant le récit, mais ça n'est rien en regard d'une anecdote sans doute encore plus folle. En effet, lorsque les norvégiens atterrissent sur la base américaine au tout début du long-métrage, tandis que l'un d'eux tente de mettre une balle dans la tête du chien, le spectateur peut l'entendre prononcer cette phrase : ''Se til helvete og kom dere vekk. Det er ikke en bikkje, det er en slags ting! Det imiterer en bikkje, det er ikke realt! Gå vekk, din idioter!''. Ce qui, en bon français, peut se traduire ainsi : ''Allez vous faire foutre et dégagez d'ici. Ce n'est pas un chien, c'est une sorte de chose ! Ça imite un chien, ce n'est pas réel ! Dégagez, bande d'idiots ! ''. Imaginez donc la tête des spectateurs norvégiens lorsque ceux-ci découvrirent avant les personnages américains que le chien n'était pas ce qu'il semblait être mais un monstre ! Un Spoiler avec un grand S !!!

 

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