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lundi 21 septembre 2026

Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku de Tadafumi Itō (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Cruel dilemme que de devoir choisir entre The End of Tom Six, Cry Uncle et cet étrange Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku signé du japonais Tadafumi Itō. Le premier est le dernier long-métrage de Tom Six, auteur de la sulfureuse trilogie Human Centipede. Un docu-fiction autobiographique qui revient sur la carrière de ce cinéaste hautement narcissique et notamment sur son avant-dernier long-métrage The Onania Club qu'aucun distributeur n'a encore eu le courage de distribuer. Le second, signé de John G. Avildsen, appartient au catalogue de la société de distribution et de production trash TromaEntertainment... S'agissant de Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku, le film de Tadafumi Itō est le second volume d'une hexalogie adaptée des mangas du ''Dieu des mangas d'horreur'', Kazuo Umezu. Dans ce petit film d'à peine un peu plus d'une heure, le cinéaste japonais aborde la tragique histoire de la très jolie Tomoko, jeune lycéenne amoureuse d'un camarade prénommé Akira (Yûki Tsujimoto) que ce dernier ignore malgré ses incessantes relances. Vivant seule avec sa mère (Yuki Enomoto), Tomoko a pour seule amie Rie (Shôko Nakagawa). De manière incompréhensible, l'adolescente, comme nous le découvrirons plus tard, a une image faussée de son apparence. En effet, un soir, alors qu'elle est dans sa chambre, elle se regarde dans le miroir et constate qu'elle a pris trente kilos ! Directement filmé en DTV (pour Direct-to-Video) est donc tout d'abord d'une qualité visuelle toute relative. Autant dire que l'on ne s'arrêtera pas devant les hypothétiques charmes esthétiques de l'ensemble puisque rien ne vient ici flatter la rétine du spectateur. L'intérêt est donc forcément ailleurs. Dans cette description presque bouleversante d'une adolescente solitaire qui nie durant un temps sa véritable apparence. Se voyant belle et attirante jusqu'au jour où tout comme le spectateur, celle-ci découvre qu'elle est bien moins jolie qu'elle ne le pensait. Bien évidemment, il faut, pour le réalisateur et ses scénaristes Hiroshi Takahashi et Kazuo Umezu, trouver une raison à ce désordre psychologique qui enferme la jeune femme dans le dénie. Sans être aussi émotionnellement impactant que les terribles twists de La vie de David Gale d'Alan Parker ou de The Machinist de Brad Anderson dans un autre ordre d'idée, celui de Hiroshi Takahashi et Kazuo Umezu assume un caractère au moins aussi déstabilisant. Une révélation que l'on laissera le spectateur découvrir par lui-même au mi-temps du récit...


Bien qu'étant catalogué comme film d'horreur, cet élément que rechercheront sans doute très rapidement les amateurs de J-Horror n'est qu'une donnée très secondaire. Et ce, même si l'évocation d'un régime drastique enclenché par l'héroïne peut laisser espérer une œuvre de type Body-Horror. Mais ici, rien de tout cela. En effet, de part sa courte durée et de part la sobriété mise en œuvre par Tadafumi Itō, les épanchements sanguins sont rarissimes. Quant à l'évolution physique de Tomoko, elle est éludée de manière sommaire et surtout sans surprise puisque dès le départ, l'héroïne est physiquement visible dans ses deux états. À noter d'ailleurs qu'elle est incarnée à l'écran par deux actrices. D'un côté par la rondouillette Naomi Kaizuka et de l'autre par la très mignonne Miku Ueno. Bien que Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku soit visuellement d'une confondante laideur et que la mise en scène et l'interprétation soient parfois d'une exceptionnelle mièvrerie, Tadafumi Itō a malgré tout réussi à se saisir du traumatisme de son personnage féminin principal pour relever ce qui tient également de l'image que renvoie sur elle le miroir. Le japonais étend même son sujet en traitant du jugement esthétique lorsque Akira rejette l'adolescente. Un point de vue que confirme d'ailleurs la dernière partie du récit lorsque le garçon accepte enfin de sortir avec Tomoko maintenant qu'elle a perdu tous ses kilos superflus. Umezu Kazuo: Kyôfu gekijô – Zesshoku traite bien évidemment et avec une certaine crédibilité de l'image déformée que renvoit non seulement le miroir mais aussi l'esprit même de l'héroïne. Sauf qu'ici, le réalisateur inverse tout d'abord le concept en ne mettant pas en scène une jeune boulimique ou anorexique convaincue d'être trop grosse mais bien une adolescente persuadée d'être très jolie ! Le film forme une boucle infernale, où le rejet de la nourriture est exploité dans le cadre d'une transformation physique radicale tandis qu'une fois le but atteint, Tomoko est en proie à une irrépressible envie de ''Dévorer''. On regrettera donc ici surtout l'esthétique relativement repoussante du projet. À contrario, Tadafumi Itō a sur parfaitement retranscrire l'état de délabrement psychologique de son héroïne. Bref, une très intéressante curiosité...

 

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