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mercredi 2 septembre 2026

The Yeti de Gene Gallerano et William Pisciotta (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Ahhhhh, le yéti. Cette imposante et légendaire créature généralement associée aux hautes montagnes de l’Himalaya. Croisé au détour de la bande-dessinée Tintin au Tibet de Hergé lorsque nous étions enfants, ou sur grand écran, notamment avec le classique britannique de la Hammer Films L'Abominable Homme des neiges en 1957... Si l'horreur, l'épouvante et le fantastique n'ont eu de cesse que d'inventer des créatures prenant toutes sortes de formes, le yéti, lui, est issu de l'imaginaire de traditions himalayennes liées aux populations tibétaines, népalaises et Bhoutanaises... Ce n'est qu'au vingtième siècle que cette créature majoritairement décrite comme mesurant jusqu'à trois mètres de haut et possédant un visage simiesque, un poil épais de couleur blanche ou parfois brune et une silhouette humanoïde devient célèbre bien que des ouvrages d'origine tibétaines remontant à des temps anciens l'évoquaient déjà. Bien que son existence ne soit soutenue par aucune preuve du fait que personne n'a jamais pu prouver son existence, le yéti continue d'alimenter le folklore local et mondial et a logiquement intégré la cryptozoologie que les scientifiques considèrent toujours comme une pseudo-science. Son existence supposée ou plus souvent fantasmée a donc donné naissance à plusieurs longs-métrages. Celui que l'on nomme plus communément chez nous L'abominable homme des neiges ou sur le territoire américain le Bigfoot a effectivement été au centre d'un certain nombre de films dont The Yeti des réalisateurs et scénaristes américains Gene Gallerano et William Pisciotta semble être la dernière itération. Porté par une galerie de personnages on ne peut plus hétéroclites et on ne peut moins compatibles les uns avec les autres, l'intrigue tourne autour d'un groupe d'aventuriers partis à la recherche des membres d'une expédition qui ont disparu en Alaska. Merriell Sunday Sr. (Corbin Bernsen) et Hollis Bannister (William Sadler) n'ont effectivement pas donné de leurs nouvelles depuis un certain temps et leur rejetons respectifs Merriell Sunday Jr. (Eric Nelsen) et Ellie Bannister (la canadienne Brittany Allen), accompagné de plusieurs autres membres dont une zoologiste et d'une Gueule Cassée de la grande guerre qui depuis s'est reconverti dans la protection ont pris la décision de partir à leur recherche...


Si Gene Gallerano et William Pisciotta semblent davantage préoccupés par l'ambiance à donner à ce premier long-métrage qu'ils réalisent en commun, leur mise en scène a alors de lourdes conséquences sur le rythme. Perpétuellement plongés sous une brume épaisse et dans un clair-obscur qui empêchent le cycle jour-nuit d'être totalement établi, les personnages vont non seulement être confrontés à une créature monstrueuse qui va faire plusieurs victimes dans les rangs de cette expédition on ne peut plus ''énervée'' mais vont également parfois s’entre-déchirer. Entre le fils Sunday et un spécialiste en explosifs (Gene Gallerano lui-même dans le rôle de Daniel Hewitt) dont l'attitude patriarcale tranche avec nos habitudes et trois femmes qui savent à peu près ce qu'elles veulent, les dialogues s'enflamment régulièrement et rendent parfois les échanges ''entre humains'' presque plus inquiétants que la seule présence dans les parages de la bête. Si le Yéti n'est pas la bestiole ayant bénéficié de la plus importante mise en lumière du bestiaire fantastique, le duo de cinéastes ne profitent pas pour autant de l'occasion pour l'exhiber à tout bout de champ en dehors de quelques séquences plutôt anxiogènes et donc plutôt réussies situées au beau milieu d'une forêt brumeuse et grisâtre, aux teintes atones dues au directeur de la photographie Joel Froome. Quelques grognements, quelques pas et la respiration de l'invisible créature suffisent à faire travailler l'imaginaire du spectateur. Du moins, pendant un temps car après tout se gâte. On se rend bien vite compte que du côté du scénario il ne faut surtout pas s'attendre à quoi que ce soit de vraiment original. Le coup de l'animal qui vient récupérer le bébé que des explorateurs lui ont dérobé, on connaît déjà. Si l'aventure n'est pas déplaisante, côté horreur, The Yeti se montre relativement avare. Quelques ''égratignures'', neuf mètres d'intestins portés à pleines mains par la charmante Ellie (malgré l'idée saugrenue et surtout inutile de l'affubler d'une poliomyélite !) et quelques éclaboussures d'un sang bien vif ne font pas de The Yeti un monument du cinéma fantastique et d'horreur. Il faudra donc n'avoir rien de mieux à se mettre sous la dent que le film de Gene Gallerano et William Pisciotta pour justifier de s'y perdre durant près de quatre-vingt dix minutes...

 

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