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jeudi 10 septembre 2026

Sweet Savior de Robert L. Roberts (1971) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Ce genre de cas, en général, se règle en trois coups de cuillère à pot ! En clair, c'est de la merde ! Mais à la vérité, rien n'est jamais aussi simple et réduire à cette seule expression le contenu de cette curieuse petite production nous provenant du fin fond de l'Amérique des années soixante-dix et née sur les cendres d'une culture hippie à l'origine de certains débordements bien qu'étant née sur un principe de non-violence serait sans doute réducteur. Par comparaison, Sweet Savior (ou The Love-Thrill Murders) de Robert L. Roberts s'aligne à peu près sur le même concept que le ''mythique'' et le beauoup trop surévalué Last House on Dead End Street de Roger Wakins qui fit tant parler de lui et resta tant de temps un mystère pour nous, pauvre cinéphiles en manque de sensations fortes, que la projection tant attendue de l'objet en question pu avoir de fortes et négatives répercussions, mêlées d'un fort ressentiment. N'étant connu quant à lui que par un cercle que l'on devinait jusque là plutôt restreint, Sweet Savior est donc fait du même bois. L'on est en effet plus proche du sapin ou de l'épicéa que du bois d'agar. En cause, pour commencer, un budget que l'on devine minuscule et qui transpire à chaque plan. Une sueur exsudée à travers une interprétation et une mise en scène si pauvre que le film de Robert L. Roberts rejoint la pléthore de nudies qui dans les années précédant sa production firent florès sur le marché underground américain. Des micro-budgets sans inspiration, privilégiant les plans longs, lents, chiants, de femmes apparemment dénuées de toute vertu et dirigées nues par des cinéastes libidineux affamés de billets verts ! Le cas de Sweet Savior étant donc un peu plus particulier, le film suit le gourou Moon (l'acteur Troy Donahue), supposément charismatique (ce sera ici aux spectateurs d'évaluer l'aura du personnage), à la tête d'une petite communauté d'hommes et de femmes prêts à tout entreprendre pour un seul regard de leur mentor. Sexe, drogue et contre-culture américaine sont au cœur d'un récit dénué de presque toute ligne directrice en matière d'écriture et de mise en scène. Car l'un des principaux soucis est ici que Robert L. Roberts (dont il s'agit du second des quatre longs-métrages qu'il réalisa entre 1968 et 1976) lâche sa poignée d'actrices et d'acteurs non professionnels lors de situations répétitives où la fesse légère et la consommation de LSD sont les rares ''atouts'' de son œuvre...


Une communauté qui rejette la bourgeoisie, vis en vase clos, pourrait reposer sur des valeurs saines mais qui s'avère en réalité le miroir d'une société qui fut notamment le théâtre le 9 août 1969 d'un massacre bien connu des criminologues en herbe et des spécialistes de la question puisque certains adeptes de la secte de Charles Manson du nom de Charles Watson, Patricia Krenwinkel, et Susan Atkins pénétrèrent la demeure du cinéaste Roman Polanski pur y assassiner son épouse Sharon Tate ainsi que plusieurs de leurs amis... Sweet Savior se veut donc être semble-t-il l'adaptation de ce sordide fait-divers qui marqua l'Amérique de la fin des années soixante. Mais alors que le projet peut s'avérer un tant soit peu intéressant pour quiconque s'intéresse au sujet, se farcir les quatre-vingt douze minutes que dure le long-métrage devient rapidement pénible, pour ne pas dire carrément un calvaire. Bien moins violent que ne le laissait présager le sujet et monstrueusement redondant en matière de sexe, avec des séquences à rallonge qui peuvent même démoraliser parmi les plus libidineux d'entre nous, le film de Robert L. Roberts est d'un intérêt plus que discutable. Son sujet, ce ''script'' qu'il a conjointement écrit aux côtés de Willie Gilbert est d'une abyssale platitude. Les personnages ont tous plus ou moins l'air de se faire chier et leurs interprètes respectifs de se demander ce qu'ils font là, à faire semblant de planer dans des hautes sphères, sans but et sous les ordres d'un gourou finalement très quelconque, à soliloquer pour ne rien dire (ce qui, il est vrai, reste tout de même un comble) et à baiser sous une musique psychédélique assourdissante. Mais la cerise sur la gâteau n'est une fois de plus servie qu'au bénéfice des spectateurs français grâce ou à cause d'un doublage absolument catastrophique. Le plus ''drôle'' demeurant sans doute l'un de ces échanges pris au hasard, lorsque deux protagonistes féminines se parlent au téléphone. Il ne faudra pas plus d'une poignée de secondes pour se rendre compte que les deux personnages sont doublés chez nous par la même personne ! Bref, Sweet Savior est un très mauvais film, mou, ennuyeux, jamais spectaculaire et certainement pas ''bandant'' pour ceux qui voudraient devant ses scènes de nus, en retirer un quelconque plaisir solitaire...

 

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