Ce genre de cas, en général, se règle en trois coups de cuillère
à pot ! En clair, c'est de la merde ! Mais à la vérité,
rien n'est jamais aussi simple et réduire à cette seule expression
le contenu de cette curieuse petite production nous provenant du fin
fond de l'Amérique des années soixante-dix et née sur les cendres
d'une culture hippie à l'origine de certains débordements bien
qu'étant née sur un principe de non-violence serait sans doute
réducteur. Par comparaison, Sweet Savior
(ou The Love-Thrill Murders)
de Robert L. Roberts s'aligne à peu près sur le même concept que
le ''mythique'' et le beauoup trop surévalué Last
House on Dead End Street de
Roger Wakins qui fit tant parler de lui et resta tant de temps un
mystère pour nous, pauvre cinéphiles en manque de sensations
fortes, que la projection tant attendue de l'objet en question pu
avoir de fortes et négatives répercussions, mêlées d'un fort
ressentiment. N'étant connu quant à lui que par un cercle que l'on
devinait jusque là plutôt restreint, Sweet
Savior
est donc fait du même bois. L'on est en effet plus proche du sapin
ou de l'épicéa que du bois d'agar. En cause, pour commencer, un
budget que l'on devine minuscule et qui transpire à chaque plan. Une
sueur exsudée à travers une interprétation et une mise en scène si
pauvre que le film de Robert L. Roberts rejoint la pléthore de
nudies qui dans les années précédant sa production firent florès
sur le marché underground américain. Des micro-budgets sans
inspiration, privilégiant les plans longs, lents, chiants, de femmes
apparemment dénuées de toute vertu et dirigées nues par des
cinéastes libidineux affamés de billets verts ! Le cas de
Sweet Savior
étant donc un peu plus particulier, le film suit le gourou Moon
(l'acteur Troy Donahue), supposément charismatique (ce sera ici aux
spectateurs d'évaluer l'aura du personnage), à la tête d'une
petite communauté d'hommes et de femmes prêts à tout entreprendre
pour un seul regard de leur mentor. Sexe, drogue et contre-culture
américaine sont au cœur d'un récit dénué de presque toute ligne
directrice en matière d'écriture et de mise en scène. Car l'un des
principaux soucis est ici que Robert L. Roberts (dont il s'agit du
second des quatre longs-métrages qu'il réalisa entre 1968 et 1976)
lâche sa poignée d'actrices et d'acteurs non professionnels lors de
situations répétitives où la fesse légère et la consommation de
LSD sont les rares ''atouts'' de son œuvre...
Une
communauté qui rejette la bourgeoisie, vis en vase clos, pourrait
reposer sur des valeurs saines mais qui s'avère en réalité le
miroir d'une société qui fut notamment le théâtre le 9 août 1969
d'un massacre bien connu des criminologues en herbe et des
spécialistes de la question puisque certains adeptes de la secte de
Charles Manson du nom de Charles Watson, Patricia Krenwinkel, et
Susan Atkins pénétrèrent la demeure du cinéaste Roman Polanski
pur y assassiner son épouse Sharon Tate ainsi que plusieurs de leurs
amis... Sweet Savior
se veut donc être semble-t-il l'adaptation de ce sordide fait-divers
qui marqua l'Amérique de la fin des années soixante. Mais alors que
le projet peut s'avérer un tant soit peu intéressant pour quiconque
s'intéresse au sujet, se farcir les quatre-vingt douze minutes que
dure le long-métrage devient rapidement pénible, pour ne pas dire
carrément un calvaire. Bien moins violent que ne le laissait
présager le sujet et monstrueusement redondant en matière de sexe,
avec des séquences à rallonge qui peuvent même démoraliser parmi
les plus libidineux d'entre nous, le film de Robert L. Roberts est
d'un intérêt plus que discutable. Son sujet, ce ''script'' qu'il a
conjointement écrit aux côtés de Willie Gilbert est d'une abyssale
platitude. Les personnages ont tous plus ou moins l'air de se faire
chier et leurs interprètes respectifs de se demander ce qu'ils font
là, à faire semblant de planer dans des hautes sphères, sans but
et sous les ordres d'un gourou finalement très quelconque, à soliloquer pour ne rien dire (ce qui, il est vrai, reste tout de
même un comble) et à baiser sous une musique psychédélique
assourdissante. Mais la cerise sur la gâteau n'est une fois de plus
servie qu'au bénéfice des spectateurs français grâce ou à cause
d'un doublage absolument catastrophique. Le plus ''drôle'' demeurant
sans doute l'un de ces échanges pris au hasard, lorsque deux
protagonistes féminines se parlent au téléphone. Il ne faudra pas
plus d'une poignée de secondes pour se rendre compte que les deux
personnages sont doublés chez nous par la même personne !
Bref, Sweet Savior
est un très mauvais film, mou, ennuyeux, jamais spectaculaire et
certainement pas ''bandant'' pour ceux qui voudraient devant ses
scènes de nus, en retirer un quelconque plaisir solitaire...
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