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dimanche 2 août 2026

Police Flash 80 de Jean-Baptiste Saurel (2026) ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Second long-métrage du réalisateur, scénariste, acteur et directeur de la photographie Jean-Baptiste Saurel après Zénithal en 2024, Police Flash 80 plonge sa petite équipe d'inspecteurs de police en plein cœur des années quatre-vingt au moment même où l'un de ses membres, Johnny Lansky, est retrouvé mort, assassiné. Son ami et collègue Yvon Kastendeuch (François Damiens) est alors placé par le commissaire.... Jean-Louis (Philippe Rebbot) à la tête d'une toute nouvelle unité nommée Police Flash 80. Secondé par la très compétente Guilaine Reblot-Bernard (Audrey Lamy), le fils d'immigrés maghrébins Marfoud Alaoui (Brahim Bouhlel) et de Roberto Torticelli (Xavier Lacaille), il est chargé de faire toute la lumière sur un réseau de trafic d'héroïne qui s'étend localement et dont certains responsables furent coupables de la mort de son ancien coéquipier... Ajoutons à ce petit casting fort sympathique la présence de l'acteur, réalisateur, scénariste et humoriste Thomas Ngijol qui dans le rôle de Luc Le Timal incarne un animateur de Maison des jeunes et de la culture (MJC) et collabore régulièrement avec la police. Concernant le quatuor principal, celui-ci est constitué de membres plutôt hétéroclites. À la tête de l'unité, Yvon agît souvent de manière impulsive et irréfléchie. Heureusement, les méthodes de ce flic qui pourtant a de la bouteille sont tempérées par Guilaine. Méthodique et mesurée, la jeune femme entre souvent en conflit avec son supérieur. Marfoud, lui, bien que très proche de sa mère qui le couve excessivement est un adepte des nouvelles technologies qu'il maîtrise parfaitement. Quant à Roberto, il est parfois celui qui prend le plus de risques en s'infiltrant directement au cœur des réseaux criminels en s'affublant de toute une panoplie de déguisements... Alors que le scénario de Thomas Ngijol, Giulio Callegari et Yohan Zaoui se prête en théorie plus facilement au genre policier ou thriller, Jean-Baptiste Saurel choisit le ton nettement plus léger de la comédie. Le plus délicat demeurant ici de retranscrire une époque désormais révolue qui passe en outre dans le cas présent par une sélection de musiques forcément typées années quatre-vingt...


Signée Alexis Rault, la bande-son vintage est en outre accompagnée de quelques classiques de la variété française de l'époque, tels les groupes et artistes solo Les Avions (Nuit Sauvage), Axel Bauer (Cargo), Guesch Patti (Étienne), Bandolero (Paris Latino) ou encore Philippe Lavil et Jocelyne Beroard (Kolé Séré)... Ensuite, le look des personnages. Blousons de cuir pour Yvon, Lunettes vintage pour Guilaine, moustache en chevron pour Marfoud ou coupe-mulet pour Roberto. Ici, le ton est parodique et donc forcément caricatural. Ça n'est jamais très fin mais ne donne jamais non plus dans le ringard outrancier. Audrey Lamy donne une véritable impulsion au récit, déployant une énergie qui se communique véritablement autour d'elle. L'occasion pour le réalisateur de traiter sur un ton léger de sujets tels que le choc des générations, le sexisme, la criminalité ou la corruption sur fond de satire sociale dont certains éléments renvoient à notre époque et semblent donc être parfois touchés d'anachronisme ! Coté reconstitution, le plus gros effort est donc accompli autour du look des personnages et de l'environnement professionnel dans lequel ils évoluent. Ce qui prête parfois à sourire comme lorsque par exemple, Marfoud est épaté par la présence dans des locaux d'une imprimante de dernière génération capable d'imprimer cinq feuilles par minutes ! Autres occasions de rire, les conflits permanents entre Yvon et Guilaine dont les désaccords sont récurrents ou lorsque Roberto s'affuble de déguisements invraisemblables afin de se fondre au sein de certaines populations. Bref, sans être LA comédie de l'année, Police Flash 80 fait le taf. On passe un très agréable moment au sein de cette section bigarrée et confrontée à un Thomas Ngijol savoureux...

 

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