Second long-métrage du
réalisateur, scénariste, acteur et directeur de la photographie
Jean-Baptiste Saurel après Zénithal en
2024, Police Flash 80 plonge
sa petite équipe d'inspecteurs de police en plein cœur des années
quatre-vingt au moment même où l'un de ses membres, Johnny Lansky,
est retrouvé mort, assassiné. Son ami et collègue Yvon Kastendeuch
(François Damiens) est alors placé par le commissaire....
Jean-Louis (Philippe Rebbot) à la tête d'une toute nouvelle unité
nommée Police
Flash 80.
Secondé par la très compétente Guilaine Reblot-Bernard (Audrey
Lamy), le fils d'immigrés maghrébins Marfoud Alaoui (Brahim
Bouhlel) et de Roberto Torticelli (Xavier Lacaille), il est chargé
de faire toute la lumière sur un réseau de trafic d'héroïne qui
s'étend localement et dont certains responsables furent coupables de
la mort de son ancien coéquipier... Ajoutons à ce petit casting
fort sympathique la présence de l'acteur, réalisateur, scénariste
et humoriste Thomas Ngijol qui dans le rôle de Luc Le Timal incarne
un animateur de Maison des jeunes et de la culture (MJC)
et collabore régulièrement avec la police. Concernant le quatuor
principal, celui-ci est constitué de membres plutôt hétéroclites.
À la tête de l'unité, Yvon agît souvent de manière impulsive et
irréfléchie. Heureusement, les méthodes de ce flic qui pourtant a
de la bouteille sont tempérées par Guilaine. Méthodique et
mesurée, la jeune femme entre souvent en conflit avec son supérieur.
Marfoud, lui, bien que très proche de sa mère qui le couve
excessivement est un adepte des nouvelles technologies qu'il maîtrise
parfaitement. Quant à Roberto, il est parfois celui qui prend le
plus de risques en s'infiltrant directement au cœur des réseaux
criminels en s'affublant de toute une panoplie de déguisements...
Alors que le scénario de Thomas Ngijol, Giulio Callegari et Yohan
Zaoui se prête en théorie plus facilement au genre policier ou
thriller, Jean-Baptiste Saurel choisit le ton nettement plus léger
de la comédie. Le plus délicat demeurant ici de retranscrire une
époque désormais révolue qui passe en outre dans le cas présent
par une sélection de musiques forcément typées années
quatre-vingt...
Signée
Alexis Rault, la bande-son vintage est en outre accompagnée de
quelques classiques de la variété française de l'époque, tels les
groupes et artistes solo Les Avions (Nuit
Sauvage),
Axel Bauer (Cargo),
Guesch Patti (Étienne),
Bandolero (Paris
Latino)
ou encore Philippe Lavil et Jocelyne Beroard (Kolé
Séré)...
Ensuite, le look des personnages. Blousons de cuir pour Yvon,
Lunettes vintage pour Guilaine, moustache
en chevron
pour Marfoud ou coupe-mulet pour Roberto. Ici, le ton est parodique
et donc forcément caricatural. Ça n'est jamais très fin mais ne
donne jamais non plus dans le ringard outrancier. Audrey Lamy donne
une véritable impulsion au récit, déployant une énergie qui se
communique véritablement autour d'elle. L'occasion pour le
réalisateur de traiter sur un ton léger de sujets tels que le choc
des générations, le sexisme, la criminalité ou la corruption sur
fond de satire sociale dont certains éléments renvoient à notre
époque et semblent donc être parfois touchés d'anachronisme !
Coté reconstitution, le plus gros effort est donc accompli autour du
look des personnages et de l'environnement professionnel dans lequel
ils évoluent. Ce qui prête parfois à sourire comme lorsque par
exemple, Marfoud est épaté par la présence dans des locaux d'une
imprimante de dernière génération capable d'imprimer cinq feuilles
par minutes ! Autres occasions de rire, les conflits permanents
entre Yvon et Guilaine dont les désaccords sont récurrents ou
lorsque Roberto s'affuble de déguisements invraisemblables afin de
se fondre au sein de certaines populations. Bref, sans être LA
comédie de l'année, Police Flash 80 fait
le taf. On passe un très agréable moment au sein de cette section
bigarrée et confrontée à un Thomas Ngijol savoureux...
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